
L''onomastique — parfois aussi appelée « onomastie » — est la branche de la linguistique qui étudie les noms propres , (étymologie, morphologie, synchronie et diachronie).
Le mot français onomastique, utilisé comme nom commun et comme adjectif qualificatif, vient du grec ὀνομαστική / onomastikḗ, « art de dénommer », lui même venant de ὄνομα / ónoma, « nom ».
L'origine et la signification des noms propres sont, en Occident, examinées depuis que le sont les textes bibliques. C'est au milieu du XIXe siècle qu'elle apparait en tant que discipline scientifique — reposant sur des éléments matériels (inscriptions et documents) —, forge ses méthodes et ses règles, et se spécialise en ses deux branches majeures, l'anthroponymie et la toponymie.
L’un des premiers traités d’onomastique est l'Essai historique et philosophique sur les noms d'hommes et de lieux qu'Eusèbe Salverte fait paraître en 1826, qui considère l’onomastique à la fois comme une critique nominaliste et une philosophie mobiliste inspirée d’Héraclite.
L'onomastique est d'abord[Quand ?] une branche de la philologie : l'étude scientifique de l'origine et du sens d'un nom propre, par la recherche des documents les plus anciens où ce nom apparaît, sa transformation formelle au fil du temps selon le contexte linguistique et historique. Elle mobilise donc plusieurs sciences :
La toponomastique et l'anthropologie explorent aussi le rôle des noms de lieux dans la formation et le maintien des identités individuelles et du groupe[pas clair] dans des situations multilingues et multiethniques.
L'onomastique trouve de nouvelles applications dans le domaine des affaires, avec l'apparition de nouvelles techniques de fouille de données (data mining) : marketing, communication, gestion des risques et ressources humaines. L'onomastique est également utilisée par l'Organisation internationale pour les migrations en combinaison avec le big data pour estimer les flux migratoires.
L'organisme fédérateur au niveau international est l'International Council of Onomastic Sciences (ICOS), dont le siège se trouve à Louvain en Belgique. Cette organisation édite la revue Onoma qui contient des rapports actualisés sur les travaux menés dans les différents champs des sciences onomastiques. Elle soutient le colloque mondial organisé chaque année par l'un de ses membres.
L'organe officiel destiné à la recherche onomastique en France est le Centre d'onomastique des Archives nationales et il se trouve hébergé par le Centre d'accueil et de recherche des Archives nationales à Paris. Ouvert au public, il comporte une bibliothèque rassemblant plus de 8 000 ouvrages ainsi qu'un fonds cartographique.
Fondée en 1960 par les héritiers de la pensée d'Albert Dauzat, la Société française d'onomastique édite une revue, paraissant chaque année en un numéro double, et des Cahiers qui privilégient une approche de vulgarisation. Elle attribue un prix, le prix Albert-Dauzat, ainsi qu'un colloque qui se tient tous les deux ans et dont les Actes font l'objet d'une publication.
Dans l'étude des langues, le nom propre se manifeste à travers la syntaxe et la morphoanalyse mais aussi à la lumière de phénomènes extralinguistiques.
Les deux branches principales et les plus anciennes de l'onomastique sont l'anthroponymie et la toponymie, science qui s'applique aussi à étudier les noms de cours et étendues d'eau (hydronymie), de relief (oronymie) ou de voies de communication (odonymie). Elle intervient également dans le domaine commercial où elle étudie les noms des boutiques, des enseignes ou des marques (onomastique commerciale ou onomastique des noms propres commerciaux).
L'onomastique a fait l'objet de recherches apologétiques approfondies par deux spécialistes du Nouveau Testament : Richard Bauckham et Peter Williams. Selon ces auteurs, l'étude des noms propres se trouvant dans les Évangiles accréditerait la thèse selon laquelle ceux-ci résulteraient de témoignages oculaires.
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