

Le chronogramme (ou parfois chronographe) est une inscription en prose ou en vers, souvent en latin, dont les lettres correspondant à des chiffres dans un système de numération de type littéral (comme la numération littérale grecque, la numération littérale arabe ou la numération hébraïque, etc.) permettent de former la date d'un événement. Les chiffres romains ayant été confondus avec des lettres, ils ont aussi été utilisés ainsi (M = 1000, D = 500, C = 100, L = 50, X = 10, V = 5, I = 1).
Jusqu'au XVIIIe siècle, les chronogrammes étaient très en vogue, surtout en Allemagne et dans les Pays-Bas autrichiens.
Le modèle du genre, en ce qui concerne la concision et la brièveté, est sans doute le mot suivant forgé sur le suffixe latin « cidium » que l'on retrouve dans parricidium (parricide), dans lequel toutes les lettres comptent : LILICIDIVM
qui signifie « massacre des lys » c'est-à-dire des Français ; la date 1709 est celle de la défaite de Villars à Malplaquet, devant Marlborough, mieux connu sous le vocable simplifié de Malbrough.
L'inscription écrite en date du dans le registre des baptêmes de Charnoy résume en deux mots la naissance de la nouvelle ville.
La dédicace à sainte Catherine qui orne le portail de style baroque de l'Église Sainte-Catherine de Humelgem donne 1673 comme année d'édification de ce portail :
Le chronogramme qui orne le fronton de la Maison de la Chaloupe d'Or sur la Grand-Place de Bruxelles rappelle la reconstruction de l'édifice en 1697, après la destruction des maisons de la Grand-Place lors du bombardement de Bruxelles en 1695 par les troupes françaises de Louis XIV commandées par le maréchal de Villeroy :
La façade de la Maison du Roi d'Espagne située également sur la Grand-Place de Bruxelles rappelle la même date de 1697 :
Un chronogramme a été inscrit sur le clocher de l'horloge du Palais de Paris en 1371 :
Celui dédié à Charles Alexandre de Lorraine, lors de l'érection de sa statue à Bruxelles en 1775, indiquait :
Un autre chronogramme a été dédié à Charles de Lorraine en 1774 :
Un chronogramme est inscrit au-dessus du porche de l'église Sainte-Madeleine à Mariembourg :
Comme, anciennement, c'étaient des clercs qui en étaient les auteurs, les chronogrammes sont souvent écrits en latin. Aussi, nombre de ces jeux de mots appartiennent en grande partie au domaine religieux mais il en existe d'autres comme celui-ci qui, vengeur, figurait sur un portique édifié en 1918 à Celles à l'occasion de l'armistice et où deux mannequins de soldats allemands furent brûlés
Ou encore cette inscription due au curé de Bourseigne, qui exprimait ainsi, dans un registre, la détresse de ses paroissiens en 1662 :
Une banderole qui invitait les citadins à un feu de joie pour fêter l'heureuse issue d'un procès en 1728 :

À Saint-Omer, un chronogramme indique, par addition des chiffres romains en capitales hautes, le nombre 1786 qui correspond à l'année de construction du bâtiment.
Deux exemples vengeurs sont dus à l'abbé Lecocq, curé de Florennes, envoyé au bagne par les révolutionnaires français après l'annexion de nos régions[Quoi ?], qui se réjouissait de la défaite des armées de ses bourreaux :
Voici un chronogramme dinantais gravé sur un mur de la collégiale pour rappeler une inondation de la Meuse :
À l'occasion du décès du Cardinal Godfried Danneels le 14 mars 2019 (composition: abbé Jacques Caron)
GoDfrIeD In Der eeUWIgheID « Godfried dans l'Éternité ».
Par extension, en architecture : Inscription en clair sur une façade, de la date d'achèvement de la construction et, éventuellement, des noms de l'architecte, de l'entrepreneur, du sculpteur, etc.