Classification de Fitzpatrick

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La première ligne présente la classification de Fitzpatrick. Plus le taux de mélanine (deuxième ligne) est élevé, moins il y a risque de cancer (quatrième ligne), le risque de mélanome est notamment inversement proportionnel.

La classification de Fitzpatrick ou phototype est une échelle utilisée en dermatologie pour classer les individus selon la réaction de leur peau lors d'une exposition solaire. Elle est correlée à la couleur de la peau et à la présence de mélanine. Elle permet d'évaluer le risque de coup de soleil et de cancer de la peau.

Historique

La classification a été créée en par Thomas B. Fitzpatrick (en), un dermatologue de la Harvard Medical School et chef du service de dermatologie au Massachusetts General Hospital, à Boston.

Valeurs de référence

Phototype I

Réaction au soleil : ne bronze pas, rougit plutôt et attrape systématiquement des coups de soleil.

Type : teint très blanc, laiteux ou clair, taches de rousseur très fréquentes, cheveux blond clair ou roux (la base de rousseur est plutôt encore plus claire), yeux clairs bleu-vert ou exceptionnellement marron pâle (plutôt des roux, surtout les personnes rousses de la base la plus claire, aussi les personnes blondes avec notamment les yeux bleus de gamme très pâle, et encore plus certains yeux verts associés).

Phototype II

Réaction au soleil : bronze difficilement, rougit facilement et attrape souvent des coups de soleil.

Type : teint très clair à clair qui peut hâler, cheveux roux soutenu parfois sans éphélides, blond roux, blonds plutôt moyens-foncés ou châtain, des taches de rousseur sont souvent présentes au moins au soleil y compris en l'absence de rousseur capillaire, yeux clairs du bleu gris au marron noisette (plutôt des blonds, essentiellement le blond moyen jusqu'à tirer vers le châtain-brun pâle et les yeux assez clairs, ou vert soutenu, moins pâles que la rousseur générale, aussi les nuances de blond roux ou de roux blond vénitien et la rousseur plutôt seulement capillaire soutenue jusqu'à tirer vers le brun-rouge modéré).

Ces phototypes blond-roux moyens (exceptionnellement de grande blancheur cutanée associée à des tons capillaires ou oculaires sombres) sont classés par simplification comme mélano-compromis.

Phototype III

Réaction au soleil : a parfois des coups de soleil et des rougissements, bronze progressivement.

Type : teint intermédiaire clair modéré à mat limite, cheveux blonds ou châtain plutôt foncés, yeux bruns (à vert franc), avec taches de rousseur et coups de soleil possibles (essentiellement la gamme des châtains).

Phototype IV

Réaction au soleil : attrape peu de coups de soleil, bronze rapidement.

Type : teint mat, cheveux châtains, bruns ou noirs limite, yeux foncés (essentiellement la gamme des bruns à l'exclusion des cheveux noirs).

Ces phototypes plutôt bruns, dont les yeux peuvent par exception au critère distinctif être de ton bleu ou vert clair, sont notablement mélano-compétents.

Phototype V

Réaction au soleil : a rarement des coups de soleil, bronze rapidement.

Type : teint brun, foncé, naturellement pigmenté, yeux foncés, cheveux foncés (cheveux et yeux tendant sauf exception vers la gamme noire sans mélanodermie marquée ou très marquée).

Phototype VI

Réaction au soleil : peau foncée, n'a pratiquement jamais de coups de soleil (et le bronzage ne se voit pas).

Type : peau noire, cheveux noirs (les yeux sont presque toujours d'un brun très soutenu ou noirs).

On parle de phototypes assez mélano-protégés.

Spécificités

Connaître son phototype permet de choisir une crème solaire adaptée.

Les peaux claires ont besoin d'une protection plus élevée (SPF 50) contre les UV que les peaux mates. Elles sont plus sensibles au soleil car la mélanine jaune dite phéomélanine est moins réactive au soleil et elles ont ainsi plus de risques de développer un cancer de la peau[réf. nécessaire].

Les peaux foncées possèdent une plus grande quantité de mélanine brune dite eumélanine, qui filtre naturellement les UV. Néanmoins la protection n'est pas parfaite et elles ont aussi besoin de protection UV (SPF 30). En outre, des personnes de phototypes V ou VI peuvent développer parfois davantage d'autres types de mélanome, non directement liés aux UV.

Enfin, une catégorie correspondant à un phototype 0 est réservée au sein de l'échelle aux personnes albinos. La peau est franchement blanche, les cheveux sont blanc jaune pâle, les yeux caractéristiques. Ne synthétisant pas la mélanine, les phototypes 0 ne peuvent pas s'exposer au soleil.

Relation avec la dose d'UV

Doses en mJ/cm2, d'après Fitzpatrick 1988
Phototype UVB UVA
Dose érythémateuse
minimale
Dose mélanogène
minimale
Dose érythémateuse
minimale
Dose mélanogène
minimale
I 20-30 … 20-35 …
II 25-35 15-25 30-45 15-20
III 30-50 17-25 40-55 20-30
IV 45-60 20-30 50-80 20-40
V 60-100 30-35 70-100 30-50
VI 100-200 40-80 >100 30-50

Biais eurocentré et limites

L'échelle de Fitzpatrick a été critiquée pour son biais eurocentré et sa représentation insuffisante de la diversité mondiale des couleurs de peau. À l'origine, cette échelle avait été mise au point pour classifier la « peau blanche » en fonction de sa réaction au rayonnement solaire, et ne comprenait initialement que quatre catégories, les phototypes brun et noir (V et VI) ayant été ajoutés a posteriori. La méthodologie de la classification, qui repose sur l'auto-évaluation de la couleur de peau, des coups de soleil et de la réaction au bronzage, ne parvient pas à rendre compte du large spectre de réflectance cutanée. Des études montrent que les populations européennes présentent la variation du ton peau la plus réduite, tandis que les groupes classés comme « bruns » ou « noirs » affichent une gamme beaucoup plus large,.

L'efficacité de l'échelle de Fitzpatrick, même chez les personnes à la peau claire, a été remise en question car des études, telles que celle menée auprès d'une population d'étudiants néerlandais, l'ont jugée inadéquate pour la classification, ce qui remet en cause sa pertinence pour étudier la relation entre la prédisposition aux coups de soleil et la capacité à bronzer.

Utilisation en Unicode

En juin 2015 le standard Unicode a introduit dans sa version 8 des modificateurs d’emoji permettant de modifier la couleur de peau des émoticônes et emojis basés sur la classification de Fitzpatrick. Ce sont cinq caractères combinants codés dans la plage U+1F3FB à U+1F3FF du bloc Divers symboles et pictogrammes, visant à représenter la diversité des carnations humaines. Le consortium Unicode a toutefois décidé de regrouper les phototypes I et II en une seule valeur (U+1F3FB).

Notes et références

  1. ↑ (en) Amy Long et Alison Long, « H14 ‘Reflection for the day’ », British Journal of Dermatology (en), vol. 188, no supplément 4,‎ , p. iv138 (DOI 10.1093/bjd/ljad113.296, S2CID 259749796).
  2. ↑ « Phototype et risques », sur brothier.com, Laboratoire Brothier (version du sur archive.org).
  3. ↑ Alexandra Gérard, « Phototype de peau : de 0 à 6, comment savoir le sien ? », sur Le Journal des femmes, (consulté le ).
  4. ↑ Fitzpatrick 1988, citant (en) Madhu A. Pathak, Kowichi Jimbow, George Szabo et Thomas B. Fitzpatrick, « Sunlight and Melanin Pigmentation », dans Kendric C. Smith (dir.), Photochemical and Photobiological Reviews, vol. 1, New York, Plenum Press, , XII-392 p. (ISBN 978-1-4684-2576-5 et 978-1-4684-2574-1), p. 211–239 (DOI 10.1007/978-1-4684-2574-1_5 Accès payant, S2CID 80724107).
  5. ↑ (en) Tina Lasisi, « The constraints of racialization: How classification and valuation hinder scientific research on human variation », American Journal of Physical Anthropology, vol. 175, no 2,‎ , p. 376–386 (ISSN 1096-8644, DOI 10.1002/ajpa.24264, lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ « Soleil et peau – ScienceOpen », sur www.scienceopen.com (consulté le )
  7. ↑ Thomas B. Fitzpatrick, « The Validity and Practicality of Sun-Reactive Skin Types I Through VI », Archives of Dermatology, vol. 124, no 6,‎ , p. 869–871 (ISSN 0003-987X, DOI 10.1001/archderm.1988.01670060015008, lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ (en) Alicia R. Martin, Meng Lin, Julie M. Granka et Justin W. Myrick, « An Unexpectedly Complex Architecture for Skin Pigmentation in Africans », Cell, Elsevier, vol. 171, no 6,‎ , p. 1340–1353.e14 (ISSN 0092-8674 et 1097-4172, PMID 29195075, DOI 10.1016/j.cell.2017.11.015, lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ Nicholas G. Crawford, Derek E. Kelly, Matthew E. B. Hansen et Marcia H. Beltrame, « Loci associated with skin pigmentation identified in African populations », Science, American Association for the Advancement of Science, vol. 358, no 6365,‎ , eaan8433 (PMID 29025994, PMCID 5759959, DOI 10.1126/science.aan8433, lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ Frans H. J. Rampen, B. A. M. Fleuren, Theo M. de Boo et Wim A. J. G. Lemmens, « Unreliability of Self-reported Burning Tendency and Tanning Ability », Archives of Dermatology, vol. 124, no 6,‎ , p. 885–888 (ISSN 0003-987X, DOI 10.1001/archderm.1988.01670060031011, lire en ligne, consulté le )
  11. ↑ « Blog Stéphane Bortzmeyer: Version 8 d'Unicode », sur www.bortzmeyer.org (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes