| Alias |
Da luce locet |
|---|---|
| Naissance |
inconnue Rumilly les Vaudes, france |
| Décès |
autour de 1555 inconnu |
| Nationalité | Française |
| Pays de résidence | France |
| Profession |
Poète, écrivain, traducteur |
| Langue d’écriture | française |
|---|---|
| Genres |
poésie, roman |
Œuvres principales
Claude Colet est un écrivain français du XVIe siècle, originaire de Rumilly-lès-Vaudes en Champagne, dans l’actuel département de l’Aube. Sa date de naissance reste inconnue, mais il meurt probablement entre 1553 et 1555. C’est un poète satirique, traducteur et romancier, qui a également exercé la fonction de maître d’hôtel de la marquise de Nesle à Troyes, ce qui montre qu’il était intégré dans un milieu noble et cultivé. Claude Colet appartient à la période de la Renaissance française, marquée par un grand renouveau littéraire et intellectuel. Il est notamment influencé par le célèbre poète Clément Marot, considéré à son époque comme le « Prince des poètes français ». Dans ses premiers écrits, Colet adopte un style proche de celui de Marot, caractérisé par une poésie élégante, claire et souvent satirique. Cependant, avec l’arrivée d’une nouvelle génération de poètes comme Pierre de Ronsard et Joachim du Bellay, son style évolue. Il abandonne progressivement l’influence marotique pour se rapprocher des nouvelles tendances poétiques de la Renaissance, plus ambitieuses et inspirées de l’Antiquité.
En plus de son activité de poète, Claude Colet est aussi traducteur. Il traduit de l’espagnol vers le français plusieurs ouvrages, notamment certains livres du célèbre roman Amadis de Gaule, même si cette traduction est parfois disputée avec d’autres auteurs comme Gilles Boileau. Il a publié sous le pseudonyme Daluce Locet ou Da luce locet.
L’œuvre qui l'a fait connaître est L’Oraison de Mars aux dames de la cour, publiée une première fois en 1544, puis rééditée en 1548 à Paris par l’imprimeur Chrétien Wechel. Ce texte est écrit en vers héroïques et se présente comme un dialogue : le dieu de la guerre, Mars, y fait l’éloge de la guerre, tandis que les dames lui répondent en défendant la paix. L’ouvrage comprend aussi une épître morale adressée aux dames de France fuyant la guerre. Dans ce recueil, Claude Colet ajoute également de nombreuses épigrammes. Dans ces textes, il parle parfois en son nom, mais il peut aussi faire parler des personnages fictifs ou réels. Il n’est pas toujours facile de savoir si ces situations sont inspirées d’événements réels. Par exemple, il donne la parole à une jeune femme dont l’amoureux vient de mourir, ce qui montre son intérêt pour les émotions humaines et les situations dramatiques. Il participe également à la diffusion de récits chevaleresques, comme dans son œuvre L’Histoire palladienne, publiée après sa mort. Ce texte raconte les aventures héroïques et amoureuses de princes et de seigneurs, dans la tradition des romans de chevalerie.
C'est une querelle littéraire qui opposa Clément Marot à François de Sagon entre 1534 et 1538. Cette querelle aurait commencée en 1534 au mariage d'Isabeau d'Albret et aurait opposé Marot à Sagon sur des questions religieuses. La dispute se serait envenimée au point que Marot aurait menacé Sagon de le poignarder. La deuxième étape de cette querelle eut lieu lors de l'affaire des placards qui contraint Marot à s'exiler. Les poètes François de Sagon et Charles de La Hueterie tentent alors de voler la place de poète royal de Marot. Celui-ci répond aussitôt en publiant Le valet de Marot contre Sagon. Dès lors de nombreux poètes prennent le parti de l'un ou l'autre auteur et cette querelle devient un véritable phénomène éditorial où la poésie satirique occupe la première place. Nombres de poètes ont vu dans cet événement littéraire un moyen de se faire connaître, à l'instar de Claude Colet. Il publie alors son premier recueil, la Remontrance à Sagon, à La Huterie & au poète Campestre , par Maistre Da Luce Locet, Pamanchoys en 1537.

Après ses premiers pas dans la poésie satirique, Claude Colet s'est illustré dans la poésie de cour. Dans son Oraison de Mars aux dames de la cour, il s'adresse à toutes celles qui ont perdu des proches lors des campagnes militaires, car comme il l'affirme : « c’est une consolation grande à la personne attristée de connaître et savoir que l’on a compassion de sa juste douleur ». Ce recueil comporte une composition plus riche que le précédent car on y trouve des épitres, des oraisons, des épigrammes et des élégies. En outre, le recueil se pare de deux poèmes liminaires, en grec et en latin. Ce recueil connaît une seconde édition en 1548 ce qui montre un certain succès.
À partir de 1551, il connaît un franc succès avec la traduction du Neuvième livre d'Amadis de Gaule, réédité de nombreuses fois (1553, 1557, 1561, 1563). Parmi les nombreuses pièces liminaires du roman, on trouve des pièces d'autres poètes tel que Baïf, Jodelle, Magny, François Charbonnier, Claude Gruget, Antoine Vignon et Étienne Pasquier, ce qui traduit une véritable reconnaissance de ses pairs. Cette reconnaissance est confirmée dans son livre suivant Histoire Palladienne traitant des gestes et faits d'armes et d'amours de plusieurs grands seigneurs et princes, spécialement de Palladien fils du roy Milanor d'Angleterre et de la belle Seleriné, fille du roy de Portugal, mise en français par Cl. Colet, car on retrouve de nouveau des poèmes liminaire de Jodelle.