Claude Goiran

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Claude Goiran
Claude Goiran
Naissance
(66 ans)
Nice
Nationalité
Française
Activités
Autres activités
éducateur spécialisé
Mouvement
art contemporain

Claude Goiran est un peintre, sculpteur et vidéaste français né à Nice le .

Biographie

8, rue Saint-Vincent, Nice.

Nice, du Surréalisme à « l'Atelier »

Initialement passionné par le Surréalisme, Claude Goiran abandonne des études de psychologie qui le déçoivent pour travailler dans une usine d'armement tout en pratiquant solitairement la peinture, alors dans le registre d'une sorte de pointillisme semi-abstrait, sur des toiles où il intègre parfois des objets ou des fragments de tissus.

C'est par Ben, dont il reçoit les encouragements dès 1980, que Claude Goiran fait la connaissance de Patrick Lanneau — dont il demeurera l'ami — et qu'il intègre ainsi rapidement le groupe de « l'Atelier », collectif de jeunes artistes fondé par ce dernier avec notamment Denis Castellas, Frédéric Fenollabbate, Gérard Serée (en), Henri Fabregat et Gérald Thupinier, installé au 8, rue Saint-Vincent et auquel vont s'intéresser les galeristes niçois Anne et Jean-Pierre Roger, puis Hélène Jourdan-Gassin.

Les crânes noir/bleu, les Sioux, les dromadaires, les cœurs…

On trouve en 1983 Claude Goiran parmi les membres du groupe de « l'Atelier » qui, au Grand Palais de Paris, marquent le Salon de la Jeune Peinture de leur participation « jeune et humaniste », de même que dans le cycle d'expositions Peinture fraîche de la galerie des Ponchettes à Nice avec sa série des crânes noir/bleu : ces travaux, alors analysés par Alfred Angelleti, consistent à recouvrir des surfaces très colorées sur lesquelles il peint des crânes en noir et en bleu et où il gratte la matière pour faire ressortir les couleurs éclatantes.

On observe dans la même période sa fascination pour les Amérindiens qui l'amène dans une part de son œuvre à « transposer l'atmosphère de leurs traditions folkloriques ou cultuelles ». C'est là le peuple sioux qui l'intéresse particulièrement du fait de sa difficulté à faire survivre sa culture, ce en quoi il établit une relation identitaire avec la culture niçoise et la régression de la langue niçoise traditionnelle occitane dont la défense l'a, dès 1975, fait se rapprocher du poète Jean-Luc Sauvaigo et du compositeur-chanteur Mauris Sgaravizzi.

En 1981, Claude Goiran s'installe pour une durée de trois années à Aix-en-Provence afin d'y suivre des études d'éducateur spécialisé qui le conduisent à un diplôme en 1984. Étendant son cycle noir/bleu des crânes aux squelettes, aux paysages, aux oiseaux, aux dromadaires, aux cœurs (thèmes qui demeureront de même durablement récurrents dans sa peinture), s'y efforçant toujours, par le grattage de la surface sombre des toiles, d'établir une ouverture sur la lumière intérieure des choses, il vit ensuite successivement à Montreuil-sous-Bois (retrouvant ainsi Patrick Lanneau alors installé à Paris) jusqu'en 2003, puis dans le Vaucluse (successivement à Carpentras et à Beaumes-de-Venise) jusqu'en 2013, pour enfin revenir à Nice.

Liberté

Liberté, Flammarion, 1997

La contribution de Claude Goiran à l'édition du poème de Paul Éluard Liberté — « des peintures chargées de sens, très denses, à peine figuratives » —, constituée de 22 doubles pages où « l'illustration contraste avec le texte en vis-a-vis, car elle est peinte à fond perdu et occupe donc tout l'espace de la page », relève pour Christine Boutevin d'un parti-pris qu'elle explore : « Alors que les vers respirent grâce au blanc qui les entoure, l'image, éclatante de couleurs, explose à droite ; la luminosité du blanc pour le fond du papier illumine le texte, tandis que l'éclat des illustrations provient du bleu, du rouge, du jaune étalés sur la feuille. Un deuxième contrepoint apparaît : à la régularité des strophes du poème répond la variété des techniques et des matériaux utilisés. Chaque image crée une sensation nouvelle. Elle rompt le rythme régulier du texte. De ce fait, la lecture est une surprise esthétique à chaque tourne de page ». L'analyse du même album par Bernard Friot abonde dans ce sens : « le découpage du texte en doubles pages est dicté par sa structure, marquée par la répétition de J'écris ton nom, refrain qui devient lui-même illustration grâce aux jeux de typographie. On entend une voix qui clame, murmure, interroge, répète, scande, utilisant des inflexions différentes, en accord avec les ambiances contrastées crées par les illustrations aux styles les plus divers ».

Le vol du vautour

Claude Goiran donne sens lui-même au grand thème qu'il explore à partir de 1995 et qu'il appelle, car à cela il apparente sa démarche, « le vol du vautour », en détaillant sans détours la froide méthodologie de cette part thanatologique de son œuvre, la segmentant en un « amont » et un « aval » :

Sérénité, crânes d'animaux divers, 1995

« En amont, un travail essentiel est de trouver les lieux de matières premières, il faut parfois suivre le vol du vautour qui conduit aux charniers, sauvages ou organisés. Sur les charniers, au milieu des odeurs de boue, de végétaux et de carcasses en décomposition, commencer par photographier et filmer les animaux. Puis récupérer les pièces importantes. Décapiter les cadavres avec la machette. Charger en vrac plumes, os divers, crânes, mandibules, laine… Ne récupérer si possible que les pièces propres, sans viande. Les animaux domestiques sont essentiellement brebis, bélier, vache, veau, porc, cheval, âne et chèvre. On trouve parfois des carnassiers : chiens, putois… Et des animaux sauvages : chevreuil… Puis il faut classer les éléments par famille : les crânes cassés, les crânes cornus, les dents, les mandibules, les cornes, les vertèbres… Et les emballer pour les expédier après sélection. À l'atelier, il faut brûler les os, faire sécher les excréments de brebis et les réduire en poudre. Il faut conserver le sang au frais. La palette est prête. »

« En aval, travail d'atelier. Croquis au crayon. Étude sur grand papier avec les trois éléments : sang, excrément, os brûlé. Peindre sur toile libre et sur châssis, sur crâne, plume et os. Empreinte de plume de vautour, pochoir de crâne de vache, brebis, cheval… Parfois peindre avec les mains, le sang sur les mains, sur les pieds. Mettre le sang partout, sur le papier, sur la toile, sur le corps… Avec l'excrément comme couleur. Et le noir de l'os brûlé brille comme diamant au soleil. Travailler les ossements, les assembler, les relier, les recomposer, les reconstruire après les avoir détruits. Être sang, merde et os. Être comme le vautour et comme le cadavre décomposé, être la vie nourrie de mort et la mort source de vie. »

Retour à Nice

Depuis son retour à Nice en 2013, Claude Goiran poursuit son travail sur les crânes qui consiste généralement à peindre dans des variations, mais sur une matrice identique, des vanités dites « extrait d'humanité ». Si, de fait, l'intention de l'artiste est d'y symboliser notre humanité, « tous identiques et tous différents à la fois », il affirme penser également à toutes les guerres, plus encore aux charniers épouvantables de la guerre de 1914.

À partir de 2017, sa série des Soldats s'inscrit dans la continuité de cette réflexion sur les conflits armés passés, présents et à venir, et évoque notamment l'embrigadement des enfants.

Œuvres

Liberté, NTK édition, 2000

Illustrations

Vidéo (courts-métrages)

Peintures récentes (Soldats, 2017-2018)

Cinéma

Expositions

Expositions personnelles

Espace Saint-Eman, Chartres, 1996
  • Claude Goiran - Tête de mort, l'Atelier, Nice, 1982.
  • Galerie Lola Gassin, Nice, mars 1986 (Entre chiens et loups - Peintures), 1988 (Boucliers de combat).
  • Claude Goiran - Ombres d'été, Galerie Selmersheim & Co, Paris, 1995.
  • Claude Goiran - Terre d'hiver, Galerie Philippe Boulakia, Paris, 1995.
  • Claude Goiran - Techniques mixtes, espace Saint-Eman, Chartres, 1996.
  • "22 + 2" - Peintures pour "Liberté" de Paul Éluard, Bibliothèque Elsa-Triolet, Pantin, 1997.
  • Le vol du vautour, Galerie des Ponchettes, Nice, mars-avril 2004.
  • Galerie Michelle Champetier, Cannes, janvier-.
  • Claude Goiran - Double face, Galerie Lou Babazouk 2, Nice, juillet-août 2026.

Expositions collectives

Grand Palais, Paris
Acropolis, palais des arts et des congrès, Nice
Musée d'Art moderne et d'Art contemporain de Nice
Château de Hauterives (Drôme)
  • Attention, peinture fraîche - Georges Autard, Gilbert Della Noce, Didier Demozeau, Claude Goiran, Didier Mencoboni, Henri Olivier, Galerie des Ponchettes (galerie d'art contemporain des musées de Nice), 1983.
  • Petits formats, Galerie Anne Roger, Nice, 1983.
  • 34e Salon de la Jeune Peinture, Grand Palais, Paris, 1983.
  • Galerie Polaris, Nice, 1985, 1986 (Françoise-Claire Prodhon présente Claude Goiran et Philippe Vincendeau), 1986 (Travaux sur papier), 1987 (Éditions).
  • Henri Fabregat - Claude Goiran, Galerie Le Faisan, Strasbourg, 1985.
  • Le corps, collège Marcel-Pagnol, Wasselonne, 1985.
  • Autour de Nice, Acropolis, palais des arts et des congrès, Nice, juin 1985.
  • Première exposition du Centre national d'art contemporain, Nice, 1985.
  • Carte blanche à Luc Vezin, ABCD, Paris, 1987.
  • Etend'Art 87, Vienne (Isère), 1987.
  • Match Nice-Marseille, Musée d'Art de Toulon, 1987.
  • Foire internationale d'art contemporain, Paris, 1987 ( stand Galerie Polaris, Nice), 1994 (stand Galerie Philippe Boulakia, Paris).
  • Les années 1980 - Mouvement et individualités, Musée d'Art moderne et d'Art contemporain de Nice, 1991.
  • Fin de chantier, atelier Les Constructeurs, Saint-Ouen-sur-Seine, 1992.
  • Entrée des artistes, Conseil général de Seine-Saint-Denis, Bobigny, 1992.
  • Petits formats, Galerie Selmersheim, Paris, 1995.
  • Foire internationale d'art contemporain (stand Galerie Philippe Boulakia), Paris, 1996.
  • Les assises de la poésie, bibliothèque Elsa-Triolet, Paris, 1998.
  • Hélène Jourdan-Gassin, regard sur une collection, Galerie des Ponchettes, Nice, avril-.
  • Le Palais idéal des ego étranges, château de Hauterives (Drôme), avril-.
  • La vie est un film - Ben et ses invités, Le 109, Nice, 2019.
  • Les rencontres d'ateliers, De Dominico Garage Band, 2 rue Claudia, Nice, Mai 2022.
  • La rencontre des Rencontres d'ateliers, La Gaya Scienza, 9bis,rue Dalpozzo, Nice, mars 2023,.
  • Artothèque : la collection, espace Jacques-Prévert, Mers-les-Bains, janvier-, janvier 2027.
  • Vingt artistes et la fragilité du monde, La Terrazza, Nice, avril 2025.

Réception critique

Collections publiques

Ben

Collections privées

Notes et références

  1. 1 2 Xavier Girard, « L'atelier », Art press, no 52, .
  2. 1 2 Francis Parent et Raymond Perrot, Le Salon de la Jeune Peinture - Une histoire, 1950-1983, éditions Jeune Peinture / Imprimeurs libres, 1983, p. 231.
  3. 1 2 Alfred Angeletti, Peinture fraîche, éditions des musées de Nice, 1983.
  4. 1 2 3 Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001, p. 495.
  5. 1 2 Galerie Michelle Champetier, Claude Goiran, présentation de l'exposition, 2013
  6. 1 2 « Liberté », Le choix des libraires, .
  7. ↑ « Claude Goiran », Aligre FM, émission du .
  8. ↑ Christine Boutevin, « Les poèmes-albums de Paul Éluard - Claude Goiran, la "Liberté" cosmique », Le livre de poème(s) illustré : étude d'une production littéraire en France de 1995 à nos jours et de sa réception par les professeurs des écoles, thèse soutenue le , Université Grenoble Alpes, pp. 312-317.
  9. ↑ Bernard Friot (dialogue avec Nathalie Beau), « Mettre la poésie en livre », La Revue des livres pour enfants, no 258, .
  10. 1 2 3 Nadine Babani, Michèle Agostini, Olivier Bergesi et Claude Goiran, Claude Goiran - Le vol du vautour, éditions de la Direction de la culture de la ville de Nice, 2004.
  11. 1 2 Claude Fournet, Claude Goiran - Tête de crâne, catalogue d'exposition, éditions de l'Atelier, Nice, 1982.
  12. 1 2 3 Pierre Falicon et Luc Vezin, Claude Goiran - Entre chiens et loups, catalogue d'exposition, Galerie Lola Gassin, Nice, 1986.
  13. ↑ « L'exposition "Double face" de Claude Goiran à Nice », Nice - Tam Tam City, juillet 2026 (source : YouTube ; durée : 1,29")
  14. 1 2 Galerie des Ponchettes, Hélène Jourdan-Gassin, regard sur une collection, présentation de l'exposition, 2008
  15. ↑ Pierre Aimar, « Ben invité du palais idéal du facteur Cheval à Hauterives pour une exposition collective des plus étranges », Sortir ici et ailleurs, 1er avril 2016
  16. 1 2 Ben, La vie est un film, In Fine éditions d'art, 2019, p. 54.
  17. ↑ Hélène Jourdan-Gassin, « État de lieux niçois », Galerie Lola Gassin, mars 2023
  18. ↑ Bas les masques - Rencontre d'ateliers - Le partage comme un art, film d'Olivier Eschapasse, production Le Comptoir des savoirs, 2023 (visionner en ligne - durée : 42'06")
  19. ↑ Christine Boutevin, « Actualisation / Contextualisation du poème de Paul Éluard "Liberté" », Être ou devenir lecteur(s) de poème, Presses universitaires de Namur, 2016, pp. 55-66
  20. ↑ Danièle Giraudy, Les collections d'art moderne - Musée Picasso - Château Grimaldi - Antibes, éditions du Musée Picasso, 1988.
  21. ↑ Musée d'Art moderne et contemporain de Nice, Claude Goiran dans les collections.
  22. ↑ De Baecque et Associés, catalogue de la collection Anne Roger, Marseille, .

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes