Claude Vignon

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Ne doit pas être confondu avec Claude-François Vignon ou Claude Vignon (sculptrice).

Claude Vignon
Fonction
Peintre de cour
Biographie
Naissance
Décès
Activités
Conjoints
Charlotte de Leu (d) ()
Geneviève Ballard (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Autres informations
Mouvement
Mécènes
Maître
Influencé par
Œuvres principales
Le Christ et saint Pierre (d), Cléopâtre se donnant la mort (d), La Vision de saint Jérôme (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Claude Vignon, né à Tours le et mort à Paris le , est un peintre, graveur et illustrateur baroque français, il aborde tous les genres (histoire, scène de genre, allégorie, mythologie, portrait, etc.).

Biographie

Il fut avec son ami Simon Vouet l'un des peintres français les plus célèbres de l'époque de Louis XIII, contemporain de Poussin. Actif dès son retour d'Italie et d'Espagne en 1623, son style riche aux forts empâtements est empreint de poésie précieuse et caractérise le goût encore maniérisant qu'il prolonge en ce début de siècle. Ses personnages évoquent ceux des pastorales et romans d'amour à succès telle que L'Astrée d'Honoré d'Urfé. L'influence du Caravage est nettement identifiable dans son œuvre, surtout au début de sa carrière qui suit de peu son retour d'Italie. Ses œuvres sont présentes dans les plus grands musées du monde, dans les églises et dans les collections privées françaises et étrangères.

Petit-fils de Pierre Vignon, notaire d'Arlanc, il est le second fils de Guillaume Vignon, fraîchement converti au catholicisme, valet de chambre ordinaire du roi, fournisseur de son argenterie, contrôleur triennal des impositions et époux d'Élisabeth Papillon. Son frère aîné est Guillaume Vignon qui sera pasteur protestant à Aubusson. Son oncle paternel est François Vignon, procureur d'office de la justice d'Arlanc, lieutenant du dit bailliage, conseiller et secrétaire de la reine Marie de Médicis.

La parabole du serviteur impitoyable (1629), Musée des Beaux-Arts de Tours.

Il commence sa formation à Tours, dont le musée des beaux-arts lui consacra en 1993 une importante exposition célébrant le quatrième centenaire de sa naissance à Tours. Puis à l'atelier de Jacob Bunel, peintre de renom de la « seconde école de Fontainebleau » chez qui il apprend les bases du métier et la maîtrise de la couleur. Il quitte son maître en 1609, âgé de 16 ans et part en Italie en 1610. En 1616 il est reçu dans la guilde des peintres de Paris. Pensionnaire du roi à Rome en 1617, en même temps que Claude Mellan, Charles Mellin, Simon Vouet. Il y peint cette même année le Martyre de Saint-Mathieu et se lie d'amitié avec Simon Vouet, dont il grave, en 1618, à partir d'une des œuvres de son ami, les Amants. Il y rencontre également Valentin de Boulogne, il subit l'influence du Caravage et de son principal disciple Bartolomeo Manfredi. Vers la fin de son séjour romain, il remporte le premier Prix du concours de peinture organisé par le prince cardinal Ludovico Ludovisi avec Les Noces de Cana, malheureusement détruit pendant la Seconde Guerre mondiale.

De retour à Paris en 1623, il signe en 1624 son contrat de mariage en premières noces avec Charlotte de Leu. Il produit des tableaux à partir de cette date d'une facture moins obscure. Il peint pour les églises des sujets religieux, mais également des sujets historiques : antiques, médiévaux et contemporains, sans oublier les sujets mythologiques et les portraits.

Il est sous la protection de Louis XIII et de Richelieu, il a voyagé en Espagne et exerce également la profession de marchand d'art et se lie d'amitié avec un autre marchand : François Langlois. De 1623 à 1638, il peint plusieurs tableaux pour Notre-Dame de Paris, dont le May de 1638, Le baptême de l'eunuque de la reine Candace. Par l'intermédiaire de son frère Guillaume, pasteur à Aubusson de 1627 à 1630 qui est l'ami du marchand tapissier Isaac Barraband, habitant à Aubusson et dont le fils, Jean Barraband est placé en apprentissage dans l'atelier du peintre et marchand de tableaux François Garnier, beau-père du peintre Isaac Moillon, c'est Claude Vignon qui est garant du paiement de l'apprentissage. Isaac Barraband est associé avec son cousin Jean Mercier, marchand tapissier, qui représente Isaac dans le contrat d'apprentissage de son fils à Paris.

Il devient membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture à sa création en 1648, mais ne l'intègre que cinq ans plus tard, en qualité de professeur et par son ancienneté. Il y enseigne à partir de 1651.

Il obtient la décoration de la galerie du château de Thorigny par le duc de Longueville, qu'il réalise de 1651 à 1653.

Vignon avait de deux épouses au moins 24 enfants, dont Claude-François Vignon (1633-1703), Philippe Vignon (1638-1701), Charlotte Vignon (1639-après 1672), Robert Vignon (né en 1644), et François Vignon (1653-après 1716), qui collaborèrent tous à son travail.

Il fut inhumé dans le cimetière Saint-Paul-des-Champs.

Mariages et descendance

Claude Vignon : Saint Yves (huile sur toile, 1635, évêché de saint-Brieuc).

Claude Vignon épousa, en 1624, en premières noces Charlotte Le Leu qui mourut le rue Sainte-Antoine, paroisse Saint-Paul à Paris. Veuf avec une dizaine d'enfants, il épousa en secondes noces, le en l'église Saint-Étienne-du-Mont Geneviève Ballard. De ses deux unions, il aurait eu, selon certains de ses biographes, trente-cinq enfants. Guillet de Saint-Georges, historiographe de l'Académie Royale de peinture, dit qu'il eut dix-sept enfants de chacune de ses femmes. Seuls vingt-quatre ont pu être recensés par Auguste Jal, à savoir

Galerie

Œuvres dans les collections publiques

Le jeune Chanteur (vers 1622)
Paris, musée du Louvre.

En Algérie

En Allemagne

Aux États-Unis

En France

La Sainte-Famille, en dépôt au MUDO - Musée de l'Oise.
Le Christ devant Pilate, musée des Beaux-Arts de Chartres.
Le Christ devant Pilate, musée des Beaux-Arts de Chartres.

En Italie

Aux Pays-Bas

À Porto Rico

Au Royaume-Uni

En Russie

Estampes

Il faisait graver ses compositions et les pastiches de Rembrandt par les meilleurs, selon les genres : Abraham Bosse pour les illustrations, Jérôme David pour les portraits, Rousselet pour les scènes plus complexes à plusieurs sujets.

Illustrations

Tapisseries

Récompenses

Expositions

Notes et références

  1. 1 2 3 Bibliothèque du Musée des Beaux Arts de Tours
  2. ↑ Artistes inhumés dans l'église ou le cimetière Saint-Paul-des-Champs
  3. 1 2 3 4 Auguste Jal : Dictionnaire critique de biographie et d'histoire , Paris, Plon, 1872, p. 1268
  4. 1 2 3 4 Artistes Français du XVIIe et du XVIIIe siècle (1665-1720) : Pièces diverses recueillies dans les archives des notaires par M. le vicomte de Grouchy, In : Nouvelles Archives de l'Art Français, troisième série, t. VI, année 1890, Revue de l'Art Français Ancien et Moderne (septième année), Paris, Charavay Frères, pp. 290-300.
  5. ↑ Robert Vignon (1644-?) était, selon Guillaume Jeanneau « surtout un calligraphe bien que, dès son âge de seize ans, tenant sur les fonts son jeune frère Gabriel, l'acte baptistaire l'ait qualifié peintre du Roy. » (Guillaume Jeanneau: La peinture française au XVIIe siècle, Cailler, 1965, p. 243).
  6. ↑ « Tableau : l'adoration des mages », notice no PM14000182, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  7. ↑ « Tableau : le Christ devant Pilate », notice no PM28000188, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  8. ↑ Corentin Dury, Musées d'Orléans, Peintures françaises et italiennes, XVe – XVIIe siècles, Orléans, musée des Beaux-Arts, (ISBN 978-94-6161-659-3), n°173
  9. ↑ Corentin Dury, Musées d'Orléans, Peintures françaises et italiennes, XVe – XVIIe siècles, Orléans, musée des Beaux-Arts, (ISBN 978-94-6161-659-3), n°174
  10. ↑ Corentin Dury, Musées d'Orléans, Peintures françaises et italiennes, XVe – XVIIe siècles., Orléans, musée des Beaux-Arts, (ISBN 978-94-6161-659-3), n°175
  11. ↑ Dominique Brême et Mehdi Korchane, Dessins français du musée des Beaux-Arts d’Orléans. Le Trait et l’Ombre, Orléans, musée des Beaux-Arts, (ISBN 9 788836 651320), n°8
  12. ↑ « Scène de martyre, Claude Vignon », sur Cat'zArts
  13. ↑ Brugerolles, Emmanuelle, Le Dessin en France au XVIIe siècle dans les collections de l’Ecole des Beaux-Arts, Paris, Ecole nationale supérieure des beaux-arts éditions, 2001, p. 28-31, Cat. 4.

Annexes

Bibliographie

Bibliographie avant 1980

  • Guillet de Saint-George, Claude Vignon ou La Merveilleuse Promptitude 1690 (historiographe de l'Académie en 1682).
  • Pierre-Marie Gault de Saint-Germain, Trois siècles de peintures en Français depuis François Ier jusqu'au règne de Napoléon Ier, à Paris chez Belin fils librairie 65 quai des Augustins, 1808.
  • Charles Paul Landon, Vincenzo Giustiniani, marquis de Bassano, Galerie Giustiani transportée d'Italie en France, chez l'auteur, 19 rue de l'Université, Imp. Chaignieau aîné, 1812.
  • Jean-Louis Chalmel, Histoire de la Touraine jusqu'en 1790, t. IV chez H. Fournier jeune 14 rue de Seine Paris et à Tours chez Mane et Moisy, 1828.
  • Charles Sterling, « Un précurseur français de Rembrandt : Claude Vignon », Gazette des Beaux-Arts, 6e période, t. XII, juillet-décembre 1934, p. 123-136.
  • Pierre Quarré, « Un tableau de Claude Vignon au musée de Dijon », Annales de Bourgogne, 1943, p. 312.
  • Cl. Besnard-Grégoire, « Claude Vignon », Bulletin des Musées de France, août-, p. 45.
  • Charles Sterling, « Quelques œuvres inédites des peintres Millereau, Lallemand, Vignon, Sacquespée et Simon François », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, année 1953, 1954, p. 105-116.
  • Bernard de Montgolfier, « Deux tableaux de Claude Vignon », Gazette des Beaux-Arts, 6e période, t. LVII, janvier-juin 1961, p. 315-330.
  • Wolfgang Fischer, Claude Vignon [catalogue raisonné], Niederländsiche Kunsthistoriche Jaarboek, 1962.
  • Wolfgang Fischer, « Claude Vignon (1593-1670) », Nederlands Kunsthistorisch Jaarboek, vol. 14, 1963, p. 137-182.
  • (en) Pierre Rosenberg, « Some Drawings by Claude Vignon », in Master Drawings, vol. IV, 1966, pp. 291,293, note 23.
  • (en) Christopher Wright, « Claude Vignon, Croesus showing Solon his Treasuress », The Burlington Magazine, no 50, , p. 227.
  • Paola Pacht Bassani, « Claude Vignon », Storia dell’arte, n°28, 1976, p. 259-283.

Bibliographie récente (après 1980)

  • Pierre-Marie Auzas, « Tableaux du XVIIe siècle dans le département de la Sarthe. Claude Vignon, Beaudoux et Michel Corneille le père », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, année 1977, 1979, p. 77-84.
  • Christopher Wright, Les Peintres français du XVIIe siècle, Londres, 1985.
  • (en) Dominique, H. Vasseur, « Two Recent Acquisitions in the Graphic Arts », The Dayton Art Institute Bulletin, , Vol. 41.
  • Paola Pacht Bassani, Claude Vignon, 1593-1670, préface de Jacques Thuillier, étude préliminaire d'Antoine Schnapper, Paris, Arthena, 1992, 600 p.
  • Claude Mignot et Paola Pacht Bassani, Claude Vignon en son temps [actes du colloque international de l'université de Tours (28-)], Klincksieck, 1998, p. 84 (ISBN 978-2-252-03161-2)
    • Paola Pacht Bassani, « Corrections et compléments à la monographie sur Claude Vignon (Paris, 1993) », dans Claude Mignot, Paola Pacht Bassani (éd.), Claude Vignon en son temps, actes du colloque international de l’Université de Tours, 28-29 janvier 1994, Paris, Klincksieck, 1998, p. 11-20.
    • Miles L. Chappell, « Vignon in Rome : the Florentine Connection », dans Claude Mignot, Paola Pacht Bassani (éd.), Claude Vignon en son temps, actes du colloque international de l’Université de Tours, 28-29 janvier 1994, Paris, Klincksieck, 1998, p. 97-108.
    • Denis Lavalle, « Claude Vignon, un maniériste attardé ? », dans Claude Mignot, Paola Pacht Bassani (éd.), Claude Vignon en son temps, actes du colloque international de l’Université de Tours, 28-29 janvier 1994, Paris, Klincksieck, 1998, p. 123-127.
  • Stéphane Loire, Revue de l'Art, no 105, p. 76-77.
  • Guy-Michel Leproux, « Le premier atelier parisien de Claude Vignon », Documents d'Histoire parisienne, 1994, 2, p. 33-34.
  • Anetta Palonka Lavenant, « Deux tableaux inédits de Claude Vignon », dans Histoire de l'art, 1998, 42-43, p. 127-129. (En ligne)
  • Paola Bassani Pacht, « Brebiette, Lallemand, Vignon : feuilles inédites ou réattribuées », dans Dessins français aux XVIIe et XVIIIe siècles, actes du colloque, Paris, Ecole du Louvre, 24 et , p. 85-103.
  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 14, éditions Gründ, , 13440 p. (ISBN 2700030249), p. 232-234
  • Jean-Marie Constant, Les Monarchies françaises et espagnoles au milieu du XVIe siècle - début du XVIIIe siècle, Presses universitaires Paris Sorbonne, 2001, 206 p., p. 151.
  • (en) Christopher Wright, « From Medieval to Regency Old Masters », in The collection of the Ferens, Hull, 2002, p. 236.
  • Philippe Hamon, « Du roi et de ses finances. À propos d'une toile de Claude Vignon », Actes de la recherche en sciences sociales, 154, 2004, p. 46-52. (En ligne)
  • Paola Bassani Pacht, « Sainte Catherine refusant d'adorer les idoles : une nouvelle peinture de Claude Vignon au Louvre », Revue du Louvre, 2008, 5, p. 44-49.
  • Paola Bassani Pacht, « Claude Vignon et le grand décor, la préciosité en éclaireur », dans Nicolas Sainte Fare Garnot (éd.), Littérature précieuse et beaux-arts, influences croisées ?, actes du colloque international du château de Bournazel, 27-, Salles la Source, éditions Territoires, 2025, p. 160-175.

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