Cloisonnement

Le cloisonnement a pour premier objectif de faciliter et rationaliser la circulation des engins, en limitant la pression sur les sols et l'humus forestier.
Cloisonnement « sylvicole », facteur d'une relative artificialisation, installé en lignes parallèles après coupe rase, en forêt domaniale de Rihoult Clairmarais (Nord de la France).
Cloisonnement de bordure de coupe rase. Les joncs qui poussent sur ce cloisonnement sont un indice du tassement et de l'anoxie du sol à la suite du passage répété d'engins lourds (phénomène qui persistera sans doute longtemps en marquant la future structure de l'écosystème forestier).

Dans le domaine de la sylviculture, le « cloisonnement » ou « cloisonnement d'exploitation » désigne l'ensemble des voies d’accès construites et entretenues à l’intérieur de parcelles de forêt cultivées ou exploitées. On utilise aussi des cloisonnements sylvicoles moins espacés pour la gestion.

Le cloisonnement devrait toujours être construit comme un réseau, tenant compte du réseau hydrographique, du relief et de la vulnérabilité des sols, en visant à minimiser la surface parcourue par les engins d’exploitation afin que ceux-ci dégradent le moins possible les sols fragiles, tant au moment des coupes que d'éventuelles phases intermédiaires d'entretien.

C'est une réponse à la mécanisation de la sylviculture et au débardage mécanique qui se sont développés après la Première Guerre mondiale. Elle influencera la structure et la composition de la forêt, mais son bilan écologique à long terme n'a pas pu être fait, étant donné son caractère relativement récent (à l'échelle temporelle de la vie d'un arbre et de l'évolution d'une forêt).

Typologies

On peut distinguer deux types de cloisonnements, qui parfois peuvent se confondre à certains stades de la gestion forestière :

Enjeux

La mécanisation des coupes, récoltes, entretien et plantations a fortement augmenté le rendement d'exploitation en diminuant la main d'œuvre, mais comme l'a notamment montré en France l'observatoire national des impacts de l'exploitation sur les sols et les peuplements , les modes de gestion forestières intensive ont contribué à dégrader les sols,, dégradation qui pourrait être aggravée par le dérèglement climatique (sol plus sec en été, plus humide en hiver), alors que les cours d'eau ont souvent été rectifiés et curés pour mieux drainer les forêts. Selon la littérature, 0,51 kg/cm2 (= 50 kPa) est la pression maximale acceptable pour un sol forestier moyen. Au-delà les conséquences sur le sol sont irréversibles à l'échelle de la gestion forestière (décennies ou siècles). Sur le terrain les engins pèsent souvent à vide une ou plusieurs dizaines de tonnes, induisant une pression statique (et plus encore dynamique, lors des accélérations, décélération, traction, levages et manipulations de bois) contribuant à dégrader les sols.
Le cloisonnement vise notamment à protéger de plus grandes surfaces du tassement par les engins forestiers ; les engins de débardage viennent y chercher le bois que les grues télescopiques (débusqueuses) amènent à elles le bois capté de part et d'autre du cloisonnement. Et débarder par temps sec et de gel diminue encore les risques, de même que disperser les rémanents sous les roues (ce qui peut aussi ensuite gêner la régénération). Le cloisonnement présente cependant aussi des inconvénients.

Atouts

Inconvénients

Le cloisonnement est inutile ou non rentable dans certaines situations

Emprises

Dans les années 1990-2000, les engins permettent des distances de 16 à 20 m (deux fois 8 à 10 m) pour le bûcheronnage mécanisé, et 12 à 16 m (deux fois 6 à 8 m) pour un bûcheronnage manuel avec débardage par porteur.

Alternatives

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

Notes et références

  1. 1 2 Michael A. Wulder et al. Forest fragmentation, structure, and age characteristics as a legacy of forest management; Forest Ecology and Management ; Volume 258, Issue 9, 10 October 2009, Pages 1938-1949 ; Doi:10.1016/j.foreco.2009.07.041
  2. ↑ CACOT E. (2006) Observatoire des impacts de l’exploitation forestière AFOCEL, Fiche Informations-Forêt n° 773
  3. ↑ ONF (2005) Conséquences du tassement du sol dues à l’exploitation forestière. Rendez-vous technique n° 8 (28 pages)
  4. ↑ LAMANDE M. & al (2005) Effets de l’exploitation forestière sur la qualité des sols. Les dossiers forestiers n° 15 – INRA et ONF (90 pages)
  5. ↑ WEHNER, Th. (2002): ; Technikkonzepte und ihre Auswirkungen auf den Boden. Freiburger Forstliche Forschung, Band 18, S. 97-107.
  6. ↑ AFOCEL Des cloisonnements d'exploitation pour réduire l'impact au sol ; Information Forêt ; N°1-2007 Fiche n° 744
  7. 1 2 Román-cuesta r. M., Gracia m., retana j. ; 2009 ; « Factors influencing the formation of unburned forest islands within the perimeter of a large forest fire » ; Revue : Forest Ecology and Management N° 258 (chap 3, pages 71-80 (10 p., 5 fig., 4 tab., 83 réf)
  8. ↑ De Paul M.-A., Bailly M., Heyninck C. [2009]. « Le cloisonnement d’exploitation pour préserver les sols forestiers ». Forêt Wallonne (ASBL) 101 : 30-41 (12 p., 4 fig.)
  9. ↑ E Aubert de la Rüe (1947) La région de Mont-Laurier, province de Québec, Canada. Quelques aspects de géographie humaine d'un secteur du bouclier canadien. Journal de la Société des Américanistes  ; Année 1947 ; Volume 36 Numéro 1 pp. 169-194 (voire page 190)