| Commanderie d'Ydes | ||||
| Présentation | ||||
|---|---|---|---|---|
| Fondation | Date inconnue ; mentionnée en 1281 |
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| Reprise | Au début du XIVe siècle ; membre de Pontvieux |
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| Protection | Église : |
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| Géographie | ||||
| Pays | ||||
| Région | Auvergne-Rhône-Alpes | |||
| Département | Cantal | |||
| Commune | Ydes | |||
| Géolocalisation | ||||
| Coordonnées | 45° 20′ 10″ nord, 2° 27′ 17″ est | |||
| Géolocalisation sur la carte : Cantal
Géolocalisation sur la carte : Auvergne-Rhône-Alpes
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La commanderie d'Ydes, également désignée comme le Temple d'Ydes, est un ancien établissement de l'ordre du Temple, puis de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, situé à Ydes-Bourg, dans la commune d'Ydes, dans le Cantal. Sa date de fondation et l'identité de son fondateur sont inconnues. Une transaction de 1281, rapportée par les historiens locaux, mentionne Géraud de Sauzet comme commandeur du Temple d'Ydes.
Après son passage aux Hospitaliers, l'établissement devient un membre, ou dépendance, de la commanderie de Pontvieux, située dans l'actuelle commune de Tauves, dans le Puy-de-Dôme. Il associe un domaine agricole, des revenus seigneuriaux et des fonctions religieuses autour de l'église Saint-Georges.
L'établissement est implanté à Ydes-Bourg, ancien centre paroissial, dans la vallée de la Sumène. Ce village doit être distingué de l'ancien hameau de L'Hôpital, devenu le centre industriel et administratif de la commune aux XIXe et XXe siècles.
La maison relève initialement du Temple, puis des Hospitaliers. L'Inventaire propose de dater l'église du dernier quart du XIIe siècle, avec une installation templière seulement hypothétique à cette époque.
La commanderie ne se réduit pas à cette église : les descriptions anciennes lui attribuent une maison, des bâtiments agricoles, des jardins, des prés, des terres, des bois, des dîmes et des rentes, ainsi que des dépendances à Courtille et à Longevergne.
L'article « Ydes » du Dictionnaire statistique du Cantal, signé de Sartiges d'Angles, reconnaît l'absence de date précise et de fondateur identifié. Il propose un rapprochement avec les seigneurs de Madic, mais présente cette attribution comme une présomption.
Hippolyte Bouffet reprend la question et envisage plusieurs familles de bienfaiteurs. À partir des rapports féodaux entretenus avec les seigneurs de Saignes, il avance l'hypothèse d'une fondation par Odon, vers 1187. Cette proposition repose sur une interprétation de transactions postérieures ; elle ne constitue pas la datation d'un acte de fondation conservé.
La construction de l'église au XIIe siècle, l'existence d'un don à cette église et la fondation de la maison du Temple constituent des événements distincts. De Sartiges d'Angles rapporte notamment un legs de douze deniers à l'église d'Ydes dans le testament de Bernard VII de La Tour, daté du 8 mai 1269 dans sa notice.
En 1281, Géraud de Sauzet transige avec Bertrand III de La Tour au sujet de la justice d'Ydes. Cette transaction, citée par de Sartiges d'Angles et Bouffet, atteste les relations de la maison avec les pouvoirs seigneuriaux locaux,.
Les dépositions du procès des Templiers, rapportées dans la notice du Dictionnaire du Cantal, évoquent également la réception de Michel du Puy dans la maison d'Ydes par Géraud de Sauzet. Bouffet mentionne par ailleurs un versement de trente-six sols du précepteur d'Ydes dans les comptes de Jean de Trye, d'après le Spicilegium Brivatense d'Augustin Chassaing.
Au début du XIVe siècle, Étienne La Jarrousse est signalé comme curé d'Ydes pour l'ordre du Temple. De Sartiges d'Angles rapporte son interrogatoire en 1309 et sa comparution à Paris en 1310. Il le distingue des commandeurs de l'établissement.
Après la suppression de l'ordre du Temple, ses possessions d'Ydes passent aux Hospitaliers. L'Inventaire général situe ce transfert en 1313. Le Dictionnaire du Cantal évoque pour sa part une entrée en possession en 1317, à propos de privilèges pontificaux.
Ydes est ensuite administré avec Pontvieux, dans le grand prieuré d'Auvergne. Les titres de commandeur d'Ydes, de Courtille et de Pontvieux peuvent être associés. La notice de Sartiges d'Angles les relève ensemble pour Guérin de Charpentier en 1395. Elle avertit cependant que les cumuls, les variantes de titulature et les administrations de bénéfices vacants rendent difficile l'établissement d'une succession continue de commandeurs.
Les droits de justice de la commanderie donnent lieu à plusieurs contestations. De Sartiges d'Angles mentionne des décisions de 1508 et 1517 dans les différends avec les seigneurs de Saignes. Il rapporte également qu'en 1510 le curé d'Ydes, qui cherchait à se soustraire à la juridiction de l'ordre, est condamné par le bailliage de Montferrand.
Le 5 avril 1549, Guichard Courtin conclut avec Joachim de Chabannes, comptour de Saignes, un accord cédant le degré d'appel de la justice et reconnaissant un lien de vassalité. Selon la même notice, ses supérieurs désavouent cet accord, annulé par des lettres d'Henri II du 13 novembre 1553. Bouffet utilise cette transaction dans sa discussion des origines de l'établissement.
À Longevergne, les rapports entre seigneurie laïque et propriété hospitalière font également l'objet d'accords. Guillaume Bœuf intervient en 1452 comme procureur de Jacques de Milly dans un compromis avec Georges de Bort concernant la justice. En 1558, une transaction entre Guichard Courtin et Luce de Bort reconnaît, d'après le Dictionnaire du Cantal, la mouvance des biens de Longevergne envers le commandeur.
Les relations avec les familles locales sont aussi funéraires et religieuses. La même source signale les sépultures des seigneurs de Madic dans l'église avant 1470 et une chapelle des seigneurs du Châtelet. Elle décrit plusieurs dalles armoriées, dont l'une a donné lieu à des attributions contradictoires aux familles d'Estaing, de Fleurac ou de Bourbon ; l'identité du défunt n'y est pas établie.
La commanderie entretient des rapports parfois conflictuels avec l'autorité diocésaine. De Sartiges d'Angles rapporte que le commandeur s'oppose à une visite de Joachim d'Estaing, évêque de Clermont, en invoquant des privilèges pontificaux de 1317 et de 1517. Il mentionne parallèlement les inspections effectuées au nom de l'ordre.
La distinction entre commandeur et curé demeure importante. En 1674, Antoine Barrier, curé d'Ydes, transige avec Antoine de Montjouvent, procureur général de l'ordre, sur la portion congrue du curé et du vicaire. Son successeur Jacques Barrier tente, selon la notice locale, de former une communauté de prêtres.
Les revenus fonciers sont encore documentés au XVIIe siècle : l'inventaire du fonds Deribier-Sartiges signale, en 1629, des reconnaissances féodales d'habitants de Fleurac, dans la paroisse d'Ydes, en faveur du commandeur de Pontvieux.
Les biens de la commanderie sont vendus comme biens nationaux en 1794 et 1795. L'église conserve une fonction paroissiale.
À partir de 1888, Anatole de Baudot et Louis Bonnay préparent sa restauration. Les travaux, confiés à Nadal Blanc en 1890, sont complétés par un projet de l'architecte Chaîne en 1896 et achevés en 1899. Le réameublement néo-roman accompagne cette restauration.
Au début du XXIe siècle, la conservation des sculptures du porche nécessite de nouvelles études. Pierre-Olivier Benech décrit en 2019 les désordres liés à l'humidité et aux sels, les recherches conduites depuis 2006 et l'autorisation de travaux délivrée en 2018. Les comptes rendus municipaux de 2023 et 2024 documentent ensuite la dépose des reliefs et leur dessalement dans les ateliers de l'entreprise SOCRA,.
L'église présente un plan allongé à un vaisseau : nef de trois travées, travée droite du chœur et abside en cul-de-four ; deux chapelles latérales sont voûtées d'ogives. Son porche abrite deux ensembles sculptés : l'Annonciation au nord, Daniel dans la fosse aux lions et Habacuc transporté par l'ange au sud,.
Le classement indiqué dans la notice Mérimée porte sur l'église Saint-Georges, par la liste de 1862.
L'Inventaire décrit au XVIIe siècle, au sud de l'église, trois ensembles : logis du commandeur à l'ouest, logement du métayer et annexes à l'est, grange-étable au sud. Il les signale sur le cadastre de 1827, puis indique la disparition des deux logements.
Le document patrimonial du plan local d'urbanisme arrêté en 2013 identifie toutefois, sur la parcelle 0D 166 d'Ydes-Bourg, une maison sous l'appellation d'« ancienne commanderie des Templiers ». Il décrit un bâtiment de pierre à un étage, couvert d'ardoise, avec un four sur le pignon ouest et une tourelle à l'arrière. Cette identification diffère de la restitution de l'Inventaire et ne fournit pas de datation de la maison actuelle.
L'ensemble néo-roman de l'église est daté de 1894-1896 par l'Inventaire du mobilier. Il est attribué, d'après les travaux historiques utilisés par l'enquête, au menuisier Ribes, établi à Mauriac. Il comprend notamment le maître-autel, les fonts baptismaux, la clôture du sanctuaire, la chaire, les stalles et les bancs.
Les dalles funéraires armoriées décrites au XIXe siècle témoignent des liens de l'église avec les familles seigneuriales. Les identifications proposées par les érudits ne permettent pas de transformer chacune de ces tombes en sépulture certaine d'un commandeur.
Les descriptions historiques réunissent des biens et des droits connus à différentes époques ; elles ne décrivent pas nécessairement l'état initial de la fondation,.
| Lieu | Localisation actuelle | Nature des liens documentés |
|---|---|---|
| Ydes-Bourg | Ydes | Église Saint-Georges, maison, exploitations et revenus fonciers. Bouffet signale aussi une chapelle Notre-Dame-du-Puy sur une hauteur. |
| Courtille, Courtilles ou Courtilhes | Vebret | Chapelle, prés, terres et rentes ; les titulatures associent parfois Courtille à Ydes et Pontvieux,. |
| Longevergne | Anglards-de-Salers | Annexe foncière et droits seigneuriaux, notamment dans les accords concernant la famille de Bort. |
| L'Hôpital | Ydes | Annexe signalée par le Dictionnaire du Cantal. L'existence d'une léproserie y est rapportée comme une croyance ; l'Inventaire envisage soit un établissement charitable, soit une possession hospitalière,. |
| Fleurac | Ydes | Reconnaissances féodales au commandeur de Pontvieux en 1629, décrites dans l'inventaire du fonds Deribier-Sartiges. |
L'interprétation du toponyme L'Hôpital reste donc distincte de la démonstration d'une activité d'accueil ou de soins. Dans son étude comparative des implantations hospitalières de moyenne montagne, Damien Carraz souligne que la proximité d'une route et l'appartenance à l'ordre ne suffisent pas, à elles seules, à établir l'existence d'une structure d'assistance.
Ydes appartient à un ensemble d'établissements dont les rattachements hospitaliers dépassent les limites du Cantal actuel. Bouffet distingue les chefs-lieux de Carlat, de Celles et de Montchamp, d'une part, et les membres dépendant de commanderies extérieures à la Haute-Auvergne, d'autre part. Il range Ydes et Courtille parmi les possessions de Pontvieux, tandis que Saint-Jean-de-Donne relève d'Ayen, en Limousin.
La Garde-Roussillon, autre ancienne maison templière du Cantal, figure pour sa part parmi les membres de Montchamp. Ces établissements partagent un cadre institutionnel hospitalier, mais leurs domaines et leurs dépendances ne forment pas une commanderie unique.
Les tableaux suivants reprennent les mentions publiées par de Sartiges d'Angles, complétées pour la période templière par Bouffet. Ils ne constituent pas une liste continue de mandats. Le Dictionnaire du Cantal avertit expressément des confusions possibles entre titulaires d'Ydes et de Pontvieux et de l'usage du titre pendant les vacances de bénéfice.
| Mention | Nom | Observation |
|---|---|---|
| 1281 | Géraud de Sauzet, Geraldus de Salzeto | Transaction avec Bertrand de La Tour ; réception de Michel du Puy à Ydes rapportée par les historiens. |
| 1283, selon Bouffet | Geoffroy de Charmon | Donné comme successeur de Géraud de Sauzet ; repère publié par Bouffet, sans reconstitution d'un mandat continu. |
Sauf indication contraire, les mentions ci-dessous proviennent de la liste du Dictionnaire du Cantal.
| Mentions publiées | Nom | Titulature ou précision donnée par la source |
|---|---|---|
| 1354 | Bernard de Lavandes, dit de Sartiges | Commandeur d'Ydes, témoin d'une reconnaissance féodale. |
| 1395 | Guérin de Charpentier | Commandeur d'Ydes, de Courtille et de Pontvieux. |
| 1413 | Guy de La Rochette | Commandeur d'Ydes ; investiture à Lampre, paroisse de Champagnac. |
| 1416-1418 | Géraud de La Roche | Investitures concernant des biens à Lampre. |
| 1429-1432 ; 1456 et 1460 | Pierre de La Roche | Commandeur dans les premières mentions ; commandeur de Courtille dans les dernières. L'identité entre les deux séries demeure incertaine. |
| 1440-1451 | Pons Bien-Aimé | Commandeur de Pontvieux ; reçoit des reconnaissances. |
| 1452 | Jean de Cologne | Commandeur de Pontvieux. |
| 1452, 1464 et 1466 | Guillaume Bœuf | Commandeur d'Ydes et de Pontvieux. |
| 1469-1494 | Pierre du Puy | Commandeur d'Ydes et de Pontvieux. |
| 1495-1497 | Robert Raize ou Roze | Commandeur d'Ydes. |
| 1512-1519 | Pierre du Puy | Commandeur d'Ydes et de Pontvieux ; la liste ne démontre pas son identité avec le titulaire de 1469-1494. |
| 1527 | Hugues du Chambon | Commandeur d'Ydes ; vente d'un affar dépendant de Longevergne. |
| 1528 | Claude Boudouin | Commandeur de Pontvieux. |
| 1543-1574 | Guichard Courtin | Commandeur d'Ydes et de Pontvieux ; accords de 1549 et de 1558. Bouffet donne la variante « de Gourtain ». |
| 1576-1610 | Antoine Valier ou Valser | Commandeur de Pontvieux et d'Ydes. |
| 1618-1628 | Jean de Marlat, dit de Douhet | Commandeur d'Ydes et de Pontvieux. |
| 1628-1642 | Antoine Perdicomaty | Commandeur de Pontvieux et d'Ydes. |
| 1664 | Jean du Maine | Mention dans la liste publiée. |
| 1671 | Jean Chauvin | Réside à Moulins, d'après la notice. |
| 1683 | Patoule, prénom non indiqué | Servant ou chapelain, selon la notice. |
| 1691 | Jacques Dauphin | Chapelain conventuel. |
| 1704-1705 | Joseph Arnaud de Lespinasse | Mention dans la liste publiée. |
| 1731 | Peuchaud, prénom non indiqué | Mention dans la liste publiée. |
| 1735 | Joseph-Nicolas du Four | Chapelain conventuel ; la transcription répète « 1735-1735 ». |
| 1758-1773 | Jean-Joseph Dou | Chapelain conventuel ; la notice prolonge son activité au-delà de 1773 sans donner de terme précis. |
Le fonds André Avrard des Archives départementales du Cantal comprend une gravure datée de 1880 représentant la maison du commandeur et l'église Saint-Georges, sous la cote 67 NUM 543. Des photographies de la maison, côté rue et côté parc, prises par André Avrard en 2000, sont décrites sous les cotes 67 NUM 547 et 67 NUM 548.