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La commission pour la libération de la croissance française, ou, du nom de son président Jacques Attali, la « commission Attali », est une commission chargée par le président de la République française Nicolas Sarkozy de rédiger un rapport fournissant des recommandations et des propositions afin de relancer la croissance économique de la France. Elle a commencé ses travaux en et a rendu son rapport final le .
En , le président lui demande de proposer d'ici l'été 2010 des pistes de sorties de crise. Le second rapport intitulé « Une ambition pour dix ans » a été remis au président de la République à la mi-.
L'introduction du rapport donne une indication sur l'ambition portée par ces travaux :
« Le moment est venu…
Ceci n’est ni un rapport, ni une étude, mais un mode d’emploi pour des réformes urgentes et fondatrices. Il n’est ni partisan, ni bipartisan : il est non partisan.
Ceci n’est pas non plus un inventaire dans lequel un gouvernement pourrait picorer à sa guise, et moins encore un concours d’idées originales condamnées à rester marginales. C’est un ensemble cohérent, dont chaque pièce est articulée avec les autres, dont chaque élément constitue la clé de la réussite du tout. »
La commission a rendu son rapport final comprenant 316 propositions le . Il contient 20 décisions fondamentales qui répondent à 8 grandes ambitions :
Pour les réformes à mettre en place, la Commission recommande, entre autres, la réduction de l'administration, avec la suppression des départements (« La France a un échelon administratif de trop en comparaison des autres pays européens ») et la réduction du nombre de communes. La suppression des départements a suscité les réticences du président Sarkozy et surtout des députés français, qui seraient touchés par la suppression des conseils généraux.
En matière de commerce, elle reprend largement à son compte les conclusions du rapport sur le contrôle du grand commerce alimentaire de Philippe Askenazy.
Pour les questions de stratégie financière, la commission prône des baisses des cotisations sociales (compensées par une hausse de la CSG et de la TVA), l'instauration de « fonds de pension à la française », la réduction de la fiscalité qui pèse sur le secteur de la finance.
En , Jacques Attali déclare que relancer la croissance impose de prendre des mesures impopulaires, et que les réformes recommandées ne doivent pas être séparées : « Dans ce cas, on ne pourra pas se targuer de notre légitimité pour réformer ».
La commission a rendu son rapport final au président de la République française le au palais de l'Élysée lors d'une cérémonie officielle radio-télévisée. Le président a pris la parole pour commenter ces propositions, indiquant immédiatement qu'il en refuserait trois : la suppression des départements, la suppression du principe de précaution et la déréglementation des pharmacies.
Erik Orsenna, membre de la Commission, affirma le son opposition au statu quo, et au maintien dans un « système qui a montré son inefficience sauf pour fabriquer de l'inégalité ».
Dans un rapport rendu public le , la commission qu'il préside préconise, entre autres mesures, de :
Des réunions plénières étaient organisées une fois par semaine, quelquefois deux réunissant l'ensemble des membres de la commission. Ces réunions se déroulaient au palais du Luxembourg, le Sénat ayant mis des locaux à la disposition de la Commission. S'y tenaient également les réunions de cinq sous-commissions chargées d'une problématique particulière. La commission a procédé à plus de 450 auditions d'acteurs du monde social-économique international, national ou local ainsi que des élus et des hauts-fonctionnaires de l'État. Ont ainsi été auditionnés Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, José Angel Gurria, président de l'OCDE, Pascal Lamy patron de l'OMC, des représentants des principaux syndicats français, d'associations du monde économique ou social, comme celles du logements, les chefs de groupe parlementaire de l'UMP et du PS, des élus locaux, etc.
L'intégralité du rapport est disponible en ligne sur le site de la Commission. Il a été publié dans un ouvrage édité conjointement par XO éditions et la Documentation française fin . Le document restera disponible en ligne sur le site de la Documentation française.
En le président Nicolas Sarkozy leur confie une double mission :
Afin d'éviter de heurter les parlementaires, la commission envisage de les associer plus étroitement à ses travaux pour cette nouvelle phase.
Dans un pré-rapport présenté le , la commission estime que 60 % des mesures préconisées dans son premier rapport ont été plus ou moins mises en œuvre : 27 % l'ont été dans l'esprit du rapport et 37 % de façon partielle. Se projetant sur l'avenir, elle estime que la France pourrait atteindre une croissance de 2,5 % en 2010. Pour cela elle trace cinq enjeux :
Ce rapport a été présenté au président de la République de façon si discrète que l'un des membres de la commission a pu craindre « que cela ressemble à un enterrement de première classe ». L'idée centrale du rapport est que « sans nouvelles politiques pour stimuler l'emploi et équilibrer les finances publiques, la croissance restera très faible. Et notre société se trouvera bientôt dans une impasse économique, financière, écologique et sociale — et donc politique. » Pour faire face à cette situation, le rapport pointe deux urgences et, préconise l'ouverture de deux chantiers.
Le rapport propose 75 milliards d'économie en trois ans.
Il s'agit ici d'une part de clarifier les compétences des différents acteurs (État, collectivités locales et Sécurité sociale), d'autre part de modifier les procédures budgétaires et de mettre en place une procédure d'évaluation des politiques publiques et des organismes publics. Il est en particulier envisagé de « moderniser en profondeur notre protection sociale ». Concernant les ministères, il est préconisé de distinguer « entre les fonctions stratégiques d'anticipation, de régulation et d'évaluation d'un côté, de mise en œuvre des politiques publiques de l'autre ». Les premières sont de la compétence du ministre et les secondes d'« agences dotées d'une mission claire » comme cela se fait en Suède.
Le rapport se prononce en faveur d'un renforcement du pacte de stabilité et de croissance tout en observant que jusqu'à maintenant les pays et la commission n'ont pas réellement utilisé tous les instruments qu'il met à leur disposition afin d'instaurer une discipline commune. Il se prononce également pour des obligations européennes pour financer les dépenses d'avenir. Par ailleurs, il se prononce pour un cadre européen en ce qui concerne les brevets, l'investissement privé, la gestion des risques. Enfin, Il préconise de « définir avec l'Allemagne une stratégie commune de dépenses publiques et de croissance ».
Une des propositions phares est de « transférer une partie des cotisations sociales sur la TVA ». Il s'agit aussi de renforcer la concurrence dans les services notamment dans les télécommunications, les banques et assurance, l'énergie. Enfin, le rapport préconise de mettre en place une flexicurité à la française avec la mise en place d'un « contrat d'évolution », une meilleure utilisation de la formation professionnelle et une modulation des cotisations d'assurance chômage en fonction des contrats de travail. Pour lutter contre le chômage des jeunes très élevé en France, le rapport préconise un renforcement des formations en alternance et de favoriser les allers-retours entre études et emplois lors de la formation initiale.
Pour préparer la croissance de demain le rapport préconise l'ouverture de deux chantiers :
Denis Clerc trouve le diagnostic établi par la commission mauvais. Par ailleurs, il s'oppose à lui sur le non-remplacement des fonctionnaires et le recentrage des prestations sociales sur les plus nécessiteux craignant que si les prestations sont destinées uniquement aux pauvres elles deviennent « de pauvres prestations ».
L'économiste Guy Abeille a révélé comment le choix du chiffre de 3 % avait été déterminé :
« Il a raconté pour La Tribune comment est né, en France et non en Allemagne, ce sacro-saint ratio pour les déficits publics. À l'origine, il s'agissait d'imposer la rigueur aux ministres socialistes. Puis cette référence cardinale a fait école, bien qu'elle fût dépourvue du moindre sens économique. »
Outre son président, la commission comprend 42 membres, dont sept personnalités étrangères. Les membres ont été choisis par Jacques Attali.
Sont nommés en (par ordre alphabétique) :
À cette occasion, Josseline de Clausade, conseiller d’État, est nommée rapporteur général de la commission. Emmanuel Macron, inspecteur des finances, est nommé rapporteur général adjoint.
Sont également nommés en (par ordre alphabétique) :