Constantin Mystikos

Constantin Mystikos est un haut dignitaire et un érudit byzantin actif au milieu du Xe siècle. Le nom Mystikos sous lequel il est connu n'est pas son patronyme mais se réfère plutôt à l'une des fonctions qu'il a occupées.

Biographie

Représentation de Constantin VII sur un ivoire conservé au musée Pouchkine.

Entre 956 et 959, il est le destinataire d'une lettre du métropolite Théodore de Nicée. Cette lettre est une pétition adressée à Constantin en sa qualité d'éparque de la ville de Constantinople. Un pupille et élève de Théodore nommé Anastase a en effet été impliqué dans une affaire d'homicide. Anastase est présent lorsqu'une foule en colère et en état d'ébriété tue un homme. Anastase a ensuite été arrêté par les hommes de Constantin et poursuivi pour n'être pas intervenu afin de porter secours à la victime. Théodore rédige alors en faveur d'Anastase une pétition adressée à l'éparque, dans laquelle il prend sa défense, souligne son innocence dans cette affaire et demande à l'éparque de faire preuve de clémence.

Il n'est pas improbable que le destinataire de cette lettre ait, avant d'accéder à la fonction d'éparque, exercé pendant quelque temps comme professeur de philosophie sur ordre de l'empereur Constantin VII Porphyrogénète. En effet, Théophane Continué rapporte que Constantin VII, dans le cadre de ses efforts visant à améliorer l'enseignement, avait nommé différents professeurs, parmi lesquels Constantin comme professeur de philosophie dans ce qu'il est possible d'appeler l'université de Constantinople. Si tel est le cas, alors Constantin a alors la dignité de protospathaire. Constantin semble toutefois n'avoir exercé cette fonction que pendant une courte période, puisque l'empereur le désigne en 946 ou 947 comme éparque, en remplacement de Théophile Érotikos, lequel est déjà attesté comme questeur au printemps 947.

Il n'est pas possible de déterminer si Constantin succède immédiatement à Théophile ou si la fonction reste vacante pendant un certain temps. Si les deux personnages — le destinataire de Théodore et l'ancien professeur de philosophie — sont bien identiques, Constantin aurait alors exercé la fonction d'éparque pendant au moins dix ans, ce qui paraît tout à fait possible. Les deux nominations — comme professeur puis comme éparque de la ville — sont rapportées par Théophane Continué dans un ordre chronologique erroné. Cela s'explique cependant aisément : Théophane Continué mentionne la nomination comme éparque dans le contexte de plusieurs mesures administratives prises par Constantin VII. Parmi celles-ci figure la nomination de Théophile, prédécesseur de Constantin, comme questeur, entraînant ainsi la succession de Constantin. En revanche, la nomination comme professeur à l'« université », qui lui est en réalité antérieure, est rapportée indépendamment dans le cadre des activités de l'empereur en matière de politique éducative.

Constantin est probablement identique au mystikos dont le nom n'est pas indiqué, mentionné dans le Livre des cérémonies à l'été 946, à l'occasion d'une réception donnée aux ambassadeurs arabes de l'émir d'Égypte.

Jean Darrouzès autant que Leendert Gerrit Westerink ont proposé de l'identifier à un certain Constantin, éparque dans les années 960. Cette identification se heurte toutefois au fait que Constantin aurait alors exercé la fonction d'éparque deux fois. D'abord dans les années 940-950 puis dans les années 960, après le mandat de Théodore Daphnopatès. La Prosopographie der mittelbyzantinischen Zeit ne suit pas cette hypothèse,.

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 Pmbz, Constantine (#23916).
  2. ↑ Jean Darrouzès et Leendert Gerrit Westerink, Théodore Daphnopatès : Correspondance, Paris, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, coll. « Le Monde byzantin », , XI-263 p. (ISBN 2-222-02225-8), p. 23.
  3. ↑ Pmbz, Constantine (#23920).

Sources