De nos jours, la cuajada est faite de lait de vache, de brebis ou de chèvre coagulé non fermenté (à la différence du yaourt) d'un gélifiant et d'un épaississant (agar-agar le plus souvent), elle est vendue en pots de 125 g aux côtés des yaourts et consommée nature ou sucrée, avec éventuellement des noix ou des fruits.
Présentation
Cuajada de la leche signifie en espagnol «caillé de lait». Les caillés remontent à la haute Antiquité: Noé fait référence au lait caillé. Polyphème fait cailler le lait de ses brebis pour faire du fromage (Homère, IXesiècleav. J.-C.). La tradition du caillé sous diverses présentations remonte —selon certains auteurs— à la présence arabe en Espagne, l'Anonyme andalou explique dans sa recette de tourte au fromage caillé ou muğabbana qu'on doit utiliser un mélange 25% lait de vache 75% lait de brebis pour obtenir un caillé homogène et lisse.
Traditionnelle
Cuajada basque au lait de vache
Jusqu'à la première moitié du XXesiècle, sa préparation débutait au nord de l'Espagne (Cantabrie, Pays Basque, Asturies, La Rioja) le premier dimanche de Pâques, dans les maisons. Des pierres préalablement chauffées dans les braises étaient jetées dans un kaiku, ou un chaudron, contenant le lait de brebis. Le lait bouilli est, après tiédissement, coagulé naturellement par acidification (coagulation acide); cependant, il peut être aussi coagulé par ajout de présure (coagulation enzymatique) dans le lait tiédi à 37–38°C et réparti dans des pots en grès vernissés, où le caillage s'effectue en une heure. Les pots sont ensuite réfrigérés.
Le caillé de brebis se consomme froid, à la manière d'un yoghourt. Il doit son charme et sa typicité à la saveur du lait de brebis et aux arômes de grillé développés au contact de la pierre, ou du trempage d'un fer rouge. On peut le consommer avec du miel, sucre, confiture, ou salé mélangé d'herbes.
La mamiya ou mamia est une cuajada. Martín Berasategui fait la sienne au lait de brebis légèrement salé avec de la présure.
La cuajada est définie et normalisée en Espagne par l'arrêté du actualisé, (norme de qualité) dont la Junta de Andalucia reprend la définition (2013): «produit semi-solide obtenu à partir de lait entier, demi-écrémé ou écrémé, soumis à un traitement thermique, coagulé par l'action de la présure ou d'autres enzymes coagulantes, sans adjonction de ferments lactiques et sans égouttage». Les composants essentiels sont le lait entier, demi-écrémé ou écrémé, concentré ou non, de brebis, chèvre, vache ou leurs mélanges, la présure ou autres coagulants, le sucre, les édulcorants autorisés, les fruits, jus et les aromatisants. La gélatine est facultative (< 7 g/kg de caillé) mais usuelle.
Le Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation espagnol donne la composition nutritionnelle moyenne en précisant que le lait peut être pasteurisé de vache ou de brebis, qu'il est porté à 35°C pendant environ 30 min. et décrit les versions sucrée, édulcorée, avec fruits, jus et autres produits alimentaires ou aromatisées. De nombreuses marques produisent de la cuajada.
Recettes à base de cuajada
Cuajada en flan (avec œuf et caramel).
La cuajada additionnée d'œuf forme des flans (tarta de queso y cuajada flan au fromage et à la cuajada) servis seuls, en galette ou avec des fruits: Cuajada con manzana (pomme à la cuajada).
↑(es) María Jesús Gil de Antuñano, La Cocina de Hoy en España: Técnicas, Recetas, Trucos y Más, Editorial Almuzara, (ISBN978-84-8356-746-3, lire en ligne), p 151
↑(es) «Procesamiento de lácteos», Intermediate Technology Development Group (ITDG-Perú), , p.11; 32-34.
↑(es) Ministère de l'Agriculture, «Cuajada», Leche y productos lácteos, , p.2 (lire en ligne[PDF]).
↑(es) José Antonio Conde, Historia de la dominacion de los Arabes en España, sacada de varios manuscritos y memorias arábigas, Baudry, Librería Europea, (lire en ligne), p 242.
↑Anonyme andalou (trad.Catherine Guillaumond), Cuisine et diététique dans l’occident arabe médiéval d’après un traité anonyme du XIIIesiècle, Paris, L’Harmattan, , 302p. (ISBN978-2-343-09831-9), recette 276.
↑(es) Junta de Andalucia, «Cuajada», nutriplato, , p.2 (lire en ligne[PDF]).
↑(es) Ministerio de la Presidencia, Real Decreto 1070/2007, de 27 de julio, por el que se aprueba la norma de calidad para la cuajada, (lire en ligne), p.35985–35986.
↑(es) Gema López Guzmán, Edaena Palomec Aragón, Karina del Carmen Carrasco Ramírez, Rosalina Mata Luis, Zulma Castillejos Antonio et Emmanuel de Jesús Ramírez Rivera, Rodrigo Santiago Cabrera, «Elaboración del queso fresco “cuajada” con dos tipos de cuajos comerciales: impacto sobre las reacciones de preferencia de los consumidores», Asociación Revista Venezolana de Ciencia y Tecnología de Alimentos (RVCTA), , p.017[4] (lire en ligne).