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Daniel Mornet, né le 21 mars 1878 à Bourges (département du Cher), mort le 16 septembre 1954 à Méry-sur-Cher (Cher), est un enseignant de lettres, un historien de la littérature et un critique littéraire français.
Daniel Marie Octave Mornet est issu d'une famille bourgeoise. Son père, Albert Mornet, est banquier.
Daniel Mornet effectue ses études secondaires au lycée Jacques-Cœur à Bourges, puis ses études supérieures en classes préparatoires littéraires au lycée Henri-IV à Paris (5e arrondissement).
En 1898, Daniel Mornet est reçu à l'École normale supérieure. En 1902, il est reçu, le premier, à l'agrégation de lettres. En 1907, il soutient une thèse de littérature.
En 1898, Daniel Mornet s'engage volontairement par devancement d'appel au sein du 95e régiment d'infanterie.
Entre 1904 et 1911, Daniel Mornet est enseignant dans différents lycées de province. En 1910, il est nommé enseignant au lycée. En 1911, il est nommé enseignant au lycée Carnot (17e arrondissement) et suppléant au lycée Louis-le-Grand (5e arrondissement).
En 1913, Daniel Mornet devient le suppléant de Gustave Lanson, enseignant à la faculté de Lettres de Paris.
Durant la Grande Guerre, il est mobilisé au sein du 35e régiment d'infanterie. Au terme du conflit, il est décoré de la médaille de la Grande Guerre et publie Tranchées de Verdun, un témoignage sur le quotidien des poilus ; l'écrivain Jean Norton Cru y accorde une grande valeur documentaire,.
En 1919, Daniel Mornet devient maître de conférences de littérature française à la Faculté des lettres de Paris en 1919, et est désigné délégué à l'École normale supérieure la même année. Il est chargé de cours d'histoire de la littérature du XVIIIe siècle de 1922 à 1925. Il devient maître de conférence puis à partir du professeur d'histoire de la littérature française du XVIIIe siècle à la Sorbonne. Il devint ultérieurement doyen de la Faculté des lettres. Il est par ailleurs président de la Société d'histoire littéraire et directeur de la Revue d'histoire littéraire de la France (1922-1945).
Le 10 octobre 1940, dans un article du journal collaborationniste Gringoire qui appelle à « épurer l'enseignement supérieur », Daniel Mornet est accusé d'être affilié à la franc-maçonnerie,.
Daniel Mornet travailla essentiellement sur l'histoire littéraire du XVIIIe siècle et contribua notamment à interroger à nouveaux frais la question des origines intellectuelles et idéologiques de l'évènement fondateur de 1789, problème déjà maintes fois étudié depuis le début du XIXe siècle. Le rôle déterminant qu'il joua dans ce domaine repose sur le dépouillement d'une source négligée jusque-là, les catalogues des bibliothèques privées mises aux enchères entre 1750 et 1780. L'objectif affiché par Mornet était d'identifier quels étaient les ouvrages réellement lus par les Français de cette époque, ouvrages qui pouvaient légitimement être considérés comme la matrice au moins partielle du grand bouleversement révolutionnaire.
À partir de ces catalogues, il établit des tableaux statistiques qui ne furent pas sans étonner : loin de contenir les grands titres considérés comme emblématiques du siècle des Lumières, ces quelque 500 bibliothèques accueillaient principalement toute une série d'ouvrages oubliés de la postérité et semblaient négliger la littérature philosophique et critique qui fit ultérieurement la gloire du XVIIIe siècle français. Ainsi, parmi les 20 000 ouvrages en question, on ne trouvait par exemple qu'un exemplaire du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau. Comme le souligne Robert Darnton, « la conclusion semblait aller de soi : l'ouvrage que la postérité avait consacré comme la Bible de la Révolution française n'avait pour ainsi dire pas été lu avant 1789 »! La nécessité de remettre à plat le problème de l'histoire littéraire du XVIIIe siècle et notamment celui des origines intellectuelles de la Révolution s'imposait : Daniel Mornet y répondit dans Les Origines intellectuelles de la Révolution française 1715-1787, ouvrage publié en 1933 « qui acquit à son auteur une juste célébrité ».
Pourtant, Daniel Mornet avait négligé certaines caractéristiques importantes de son recueil de sources. En effet, ces catalogues étaient en partie expurgés de leurs titres les plus polémiques. Spontanément, les héritiers évacuaient les lectures contraires aux bonnes mœurs pour ne pas entacher la mémoire du défunt. À défaut, c'est l'État qui imposait une telle censure. Ainsi, le règlement de la Librairie royale stipulait que tout catalogue de livres mis aux enchères devait passer avant son impression sous les fourches caudines de la censure : « tout manquement à l'orthodoxie, toute idéologie subversive était donc effacé d'avance des sources même où Mornet en cherchait les traces ».
Daniel Mornet est nommé Chevalier de la légion d'honneur en 1934. Il est également titulaire du titre de docteur honoris causa de l'Université libre de Bruxelles, et de Middlebury college. Il est par ailleurs docteur of humane letters de l'Université de Chicago (1950) et honorary member of the Modem Language Association of America.