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Daphne Odjig ( - ) est une artiste canadienne d'origine autochtone (odawa-potawatomi-anglaise). Sa peinture est souvent associée au Woodlands Style (en).
Elle est l'inspiratrice de la Professional Native Indian Artists Association, connue sous le nom de Groupe indien des Sept, l'un des premiers groupes à porter l'art autochtone au premier plan du monde de l'art canadien. Elle reçoit plusieurs prix pour son travail, notamment l'Ordre du Canada, le Prix du Gouverneur général et cinq doctorats honorifiques,.
copOdjig est née en 1919, à Wiikwemkoong First Nation, principal village de la réserve indienne de l'île Manitoulin, de parents d'origine Odjig, Dominic et Joyce (née Peachey). Elle est l'aînée de quatre enfants : Stanley, Winnifred et Donavan. Du côté de son père, elle descend du grand chef Potéouatami Black Partridge (en),. Sa mère, une Anglaise, rencontre et épouse Dominic en Angleterre, où il servait pendant la Première Guerre mondiale.
À l'âge de 13 ans, Odjig souffre de rhumatisme articulaire aigu et doit quitter l'école. En convalescence à la maison, elle passe du temps avec son grand-père paternel, Jonas Odjig (un sculpteur sur pierre) et ses parents, qui l’encouragent tous à explorer l’art. Odjig dira plus tard de son grand-père : « (il) a joué un grand rôle dans ma vie - il a nourri mon esprit créateur - il a été le premier avec lequel j'ai dessiné... il a été mon premier mentor. Odjig est également influencée par sa mère, qui brodait, et par son père, qui aime dessiner ses officiers et des scènes de ses années en temps de guerre ». Odjig déclare que « l'art a toujours fait partie de nos vies ».
La mère et le grand-père d'Odjig meurent lorsqu'elle a 18 ans. Odjig part alors vivre à Parry Sound en Ontario. Puis au début de la Seconde Guerre mondiale, elle s'installe à Toronto pour les possibilités d'emplois. Elle travaille en usines, et dans ses temps libres, explore des galeries d'art telles que le Musée royal de l'Ontario et le Musée des beaux-arts de l'Ontario. Elle est particulièrement influencée par ses premières expériences d'art cubiste par des artistes comme Picasso.
Odjig rencontre Paul Somerville alors qu'elle travaille à Toronto. Ils se marient et s'installent ensemble en Colombie-Britannique. Ils ont deux fils. David Eagle Spirit Somerville, qui est le fils de Paul d'un précédent mariage, et Stanly Somerville. Paul Somerville est décédé dans un accident de voiture et les deux garçons sont restés sous la responsabilité d'Odjig. En 1962, elle épouse Chester Beavon, agent de développement communautaire du ministère des Affaires autochtones, et la famille s'installe dans le Manitoba.
Odjig est décédée le à Kelowna, en Colombie-Britannique, au Canada.
En 1945, après la Seconde Guerre mondiale, Odjig s’installe en Colombie-Britannique. Dans les années 1960, elle déménage dans le Manitoba. Sa percée dans le monde de l'art a lieu au début des années 1960, lorsqu'elle est saluée par la critique pour ses dessins à la plume et à l'encre représentant des Cris du nord du Manitoba et leur communauté traditionnelle. Elle s'inquiète de la perte potentielle des modes de vie traditionnels et espère qu'en préservant les images des gens et de leur vie quotidienne dans l'art, ils pourraient survivre. En 1963, elle est officiellement reconnue comme artiste lorsqu'elle est admise à la British Columbia Federation of Artists.
En 1971, elle ouvre, à Winnipeg, un magasin d'artisanat et une petite imprimerie : Odjig Indian Prints of Canada,. En 1973, Odjig fonde la Professional Native Indian Artists Association, avec Alex Janvier et Norval Morrisseau. Le groupe met sur pied des expositions de leurs œuvres, et bien que la durée de vie du groupe est courte, ses membres sont considérés comme des pionniers déterminants dans le développement de l'art autochtone au Canada. À propos du groupe, Odjig dit : « Nous nous sommes reconnus et soutenus en tant qu'artistes lorsque le monde des beaux-arts nous a refusé l'entrée ... Ensemble, nous avons fait tomber des barrières qui auraient été tellement plus difficiles à affronter seuls ». Cela a pour résultat immédiat de faire participer les artistes des Premières nations à la scène artistique canadienne au sens large: en 1972, la ""Winnipeg Art Gallery"" consacre une exposition à trois des artistes qui y exposent. En 1974, elle et son mari agrandissent leur boutique et la renomment New Warehouse Gallery. Il s'agit de la première galerie canadienne représentant exclusivement l'art des Premières nations et de la première galerie d'art au Canada appartenant à des autochtones et exploitée par eux.
Également en 1973, Odjig reçoit une bourse de la Brucebo Foundation Scholarship et passe six mois sur l'île de Gotland, en Suède, en tant qu'artiste en résidence,.
Les premiers travaux d'Odjig sont de style très réaliste, mais elle commence ensuite à expérimenter d'autres styles tels que l'expressionnisme et le cubisme. Elle développe son propre style, qui fusionne des éléments de pictogrammes autochtones et des arts des Premières nations avec des techniques et des styles européens du XXe siècle. Selon le Musée des beaux-arts du Canada, "le travail d'Odjig est défini par des contours courbes, des contours forts, des formes qui se chevauchent et un sens inégalé des couleurs".
Dans les années 1960, Odjig commence à peindre des scènes de légendes Manitoulin. Dans les années 1970, elle se concentre davantage sur son héritage et sa culture amérindienne, ainsi que sur l'impact du colonialisme sur son peuple. Entre autres sujets, elle explore la mythologie, l'histoire et les paysages. Elle explore également des thèmes érotiques dans certaines de ses peintures. Par exemple, en 1974, Odjig illustre Tales from the Smokehouse, une collection d'érotisme traditionnel des Premières nations par Herbert T. Schwarz. Elle aborde aussi la souffrance humaine, les relations, la culture et l’importance de la famille et de la parenté.
Son travail fait partie de collections publiques telles que celles de la Banque d'œuvres d'art du Conseil des Arts du Canada, le Musée national de l'Homme à Ottawa, la galerie Tom Thompson, la Collection canadienne McMichael, le Sequoyah Research Center et le gouvernement d'Israël. Elle est chargée de créer des œuvres d'art pour Expo 1970 à Osaka, au Japon, pour le Manitoba Museum et pour El Al, la compagnie aérienne israélienne.
Odjig fait l'objet de livres et d'au moins trois documentaires. Elle reçoit de nombreuses distinctions, notamment un doctorat honorifique en lettres de l'Université Laurentienne en 1982 et un doctorat honorifique en droit de l'Université de Toronto en 1985, l'Ordre du Canada en 1986, une médaille commémorative à l'occasion du 125e anniversaire de la Confédération du Canada en 1992, un doctorat honorifique en éducation de l’Université de Nipissing en 1997 et le National Aboriginal Achievement Awards (prix national d’excellence pour les réalisations autochtones) en 1998. Elle est élue à l'Académie royale des arts du Canada en 1989. En 2007, Odjig reçoit le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques. Postes Canada présente trois de ses peintures sur des timbres postaux canadiens en . En 2007, elle est nommée membre de l'Ordre de la Colombie-Britannique.
Odjig a beaucoup voyagé et exposé au Canada, aux États-Unis, en Belgique, en Yougoslavie et au Japon,. Elle a présenté plus de 30 expositions personnelles et a participé à plus de 50 expositions collectives au cours de sa carrière.
Les dessins et peintures de Daphne Odjig, une exposition rétrospective présente des œuvres créées au cours de la carrière de plus de 40 ans d'Odjig. L'exposition est organisée par Art Gallery of Sudbury et le Musée des beaux-arts du Canada. L'exposition est présenté à Sudbury, à la Kamloops Art Gallery et au Musée des beaux-arts du Canada d' à 2010. La seule exposition américaine a lieu à l'Institute of American Indian Arts Museum à Santa Fe, au Nouveau-Mexique. La rétrospective était accompagnée d'un catalogue rédigé par la conservatrice Ojibway, Bonnie Devine, incluant des textes de Robert Houle et de Duke Redbird.
Malgré le fait qu'elle souffrait d'arthrite à la main droite, elle a continué à dessiner au cours de ses dernières années.