
Un defter (en turc ottoman : دفتر) était un registre de recensement cadastral de l'Empire ottoman ; présenté sous forme de liste, il constituait la base de l'imposition fiscale dans l'empire. Il réunissait ainsi des informations sur les personnes (nombre de foyers, origine ethnique) et les biens, informations collectées par un agent appelé defterdar. Le defter impérial, encore appelé defterhane, rassemblait toutes les données locales et donnaient des informations démographiques et fiscales pour l'ensemble de l'empire. Le defterdar impérial occupait ainsi une des positions les plus éminentes de l'ancienne Turquie, dans la mesure où il s'occupait de la trésorerie de l'État ; à partir du XIXe siècle, il fut désigné sous le titre de ministre des Finances. Les différents defters constituent aujourd'hui une source historiographique de première importance pour la connaissance de l'Empire ottoman et des régions qu'il contrôlait[réf. nécessaire].
Le terme est dérivé du grec διφθέρα diphthera, littéralement « peau d'animal traitée, cuir, fourrure », signifiant un livre, ayant des pages de parchemin de chèvre utilisé avec le papyrus comme papier dans la Grèce antique, emprunté en turc ottoman sous la forme دفتر defter, signifiant un registre.

Les informations recueillies peuvent varier, mais les tahrir defterleri incluent généralement des détails sur les villages, les habitations, les chefs de famille (hommes adultes et veuves), l'appartenance ethnique et religieuse (car ces éléments peuvent avoir une incidence sur les obligations fiscales et les exonérations), ainsi que l'utilisation des terres. Le defter-i hakâni était un registre foncier, également utilisé à des fins fiscales. Chaque ville possède un defter et, généralement, un officier ou une personne exerçant une fonction administrative chargée de déterminer si les informations doivent être enregistrées. L'officier est généralement un homme instruit connaissant la réglementation de l'État. Outre les questions fiscales, le defter consigne les événements familiaux tels que les mariages et les successions. Ces registres sont précieux pour les historiens car ils permettent une compréhension plus approfondie de la propriété foncière chez les Ottomans. Ceci est particulièrement utile pour étudier la vie quotidienne des citoyens ottomans.
Les fonctionnaires ottomans chargés de superviser ces registres fiscaux sont connus sous le nom de defterdars.