






Une digue est un ouvrage d'ingénierie hydraulique (en) destiné à faire obstacle aux eaux. Constituée d'un remblai longitudinal (le plus souvent composé de terre), de nature artificielle ou d'une accumulation de sédiments (digue naturelle), elle forme un « ouvrage continu sur une certaine longueur » qui empêche la submersion des basses-terres par les eaux d'un lac, d'une rivière ou de la mer, protège les côtes de l'érosion marine ou régularise un cours d'eau et protège ses rives. L'influence des digues sur les systèmes fluviaux est similaire à celle des levées.
Les digues les plus célèbres se trouvent aux Pays-Bas, l'Afsluitdijk (ou digue de fermeture) en est l'exemple le plus impressionnant.
Les digues les plus hautes sont celles des barrages hydroélectriques, avec par exemple presque 300 m de haut pour la digue de terre du barrage de Nourek (Tadjikistan), qui sera dépassée par celle du barrage de Vakhch (335 mètres) quand elle sera terminée.
Les digues se sont beaucoup étendues et multipliées de par le monde, mais jusqu'au début des années 2000, « étonnamment peu d'attention a été accordé aux conséquences écologiques de la défense côtière », ce qui a justifié un programme de recherche financé par l'Europe sur les moyens de produire des digues à moindre impact écologique.
On peut distinguer :
Depuis les années 1990, on voit aussi apparaître ou se renforcer :

1- Les digues, la plupart du temps artificielles, sont constituées de matériaux très divers.
On peut distinguer des constructions en dur comme les digues en béton élevées sur d'importantes fondations (c'est le cas pour les digues de mer). Les digues peuvent être aussi de simples levées de terre ou de sable, elles sont souvent végétalisées.
Afin d'en empêcher l'érosion et l'endommagement, les digues peuvent également être renforcées par des protections.
On trouve par exemple des protections par enrochement (couche de plus ou moins gros blocs de pierres), mais aussi des protections par des brise-lames constitués d'éléments de béton préfabriqués (comme les tétrapodes), ou de troncs d'arbres de plusieurs mètres de hauteur enfoncés dans le sable.
Dans les zones urbaines du bord de mer, ou en bordure de la plage d'une station balnéaire, les digues sont en quelque sorte la ligne de construction située directement après la plage. Il peut s’agir d'un mur de soutènement en béton, ou d'un perré, sorte de mur avec un revêtement en pierre sèche ou en maçonnerie. Ces aménagements sont destinés à renforcer le « front de mer » ou « remblai ».
2- Une digue peut être aussi parfois d'origine naturelle
Il s'agit alors d'une formation de galets ou de sable. Aux Pays-Bas la végétation des digues les plus fragiles est entretenue par des moutons de manière à ne pas les dégrader par des engins lourds.
3- Le projet DigueELITE
Ce projet français pour objectif des tester des mélanges sols-chaux pour le renforcement des digues, et en particulier les digues dégradées qui représentent en métropole 65 % des ouvrages. Des tests en grandeur réelle menés en 2017 par Irstea sur la digue expérimentale de Marsillargues dans le Gard ont confirmé qu'un tel matériau s'avère 3 à 6 fois plus résistant qu’un sol normal.
Le réchauffement climatique semble avoir déjà amorcé une montée de la mer. Les phénomènes d'érosion du trait de côte et de dégradation des digues tendent à augmenter (70 % du littoral européen environ est touché). Certains pays commencent à relever leurs digues (Pays-Bas, une partie de l'Angleterre…) et/ou à abandonner à la mer certains polders (Pays-Bas).
Un des objectifs alloués aux digues est de contenir les flots pour éviter une inondation du ou des vals. Mais sans une bonne conception, un suivi et un entretien régulier de la digue, des brèches peuvent apparaître et provoquer des inondations. Plusieurs types de ruptures de digues peuvent être rencontrés. D’après un recensement des différentes causes de ruptures des digues fluviales allemandes, effectué en 2007, « 50 % des accidents seraient liés à des phénomènes d’érosion interne, 30 % seraient dus à des surverses et les 20% restant seraient imputables à la présence des arbres et/ou de leurs racines qui eux-mêmes favorisent d’ailleurs l’érosion interne ».

La « surverse », consistant en un débordement de la crête de la levée, conduit en général rapidement à une brèche. Quelques minutes après le débordement, le parement commence à s’éroder. Les matériaux sont arrachés par la force du courant en pied de digue. La fouille qui apparaît alors en pied de digue contribue à imprégner le corps de celle-ci. Saturé d’eau, le parement glisse alors par pans entiers. Les matériaux sont emportés par le courant, ce qui conduit rapidement à la ruine complète de la levée.
Les études des crues majeures n’ont pas permis de déterminer la hauteur et la durée des lames de crue qui ont engendré cette rupture par surverse. Tout au plus peut-on préciser que le caractère sableux du remblai et l’hétérogénéité dans sa compacité sont des facteurs aggravants. En outre un profil en long irrégulier peut induire des effets de surverse accrus aux points bas de la levée.

Côté fleuve, les talus des levées peuvent subir les effets des courants hydrauliques qui peuvent provoquer des érosions à leur base. Il en résulte un affaiblissement des caractéristiques mécaniques du corps de remblai et un raidissement de la pente du talus. Ceci peut entraîner des affaissements de matériaux qui à leur tour engendrent des perturbations hydrauliques sous forme de tourbillons et des érosions. Par rupture successive du talus, une brèche peut se former et conduire à la rupture complète de la levée.
Les facteurs qui peuvent contribuer à l’apparition de ce phénomène sont au nombre de trois :

Les hétérogénéités de perméabilité dans le corps de la levée peuvent être à l’origine de circulation d’eau. Selon la nature des matériaux et la charge hydraulique, on peut atteindre le gradient hydraulique critique qui provoque localement l’érosion interne. De part en part, cette érosion peut se propager jusqu’à former une vraie galerie qui provoque une brèche dans la levée par effondrement des matériaux.
Les facteurs aggravants sont :

Une rupture de masse de la levée peut intervenir en cas d’instabilité générale du corps de remblai.
On pense qu’une rupture de masse peut intervenir quand les trois facteurs suivants sont réunis :
En tant qu'ouvrages de protection, les digues font l'objet de législations particulières (entretien, servitudes…).
En 2010, la France compte plus de 9 000 km de digues de protection contre les inondations fluviales ou maritimes, 6 700 km de digues de navigation (voies d’eau navigables endiguées : canaux, fleuves et rivières canalisées), et plus de 1 000 km de digues d’aménagement hydraulique (digues de dérivation ou d’irrigation).
Définitions : Pour le Code de l'environnement, les digues sont des ouvrages « de protection contre les inondations fluviales, généralement longitudinal au cours d’eau, des digues qui ceinturent des lieux habités, des digues d’estuaires et de protection contre les submersions marines, des digues des rivières canalisées et des digues de protection sur les cônes de déjection de torrents ». En 2009, « il existe 800 barrages de plus de 10 m de hauteur et 8 000 km de digues de protection contre les inondations et les submersions (d’une certaine importance). On estime, selon les premiers recensements de quelques départements, qu’il pourrait exister plus de 10 000 ouvrages hydrauliques de dimension plus modeste dont l’inventaire, en cours, nécessite un effort important ».
Un système d'endiguement, souvent associé à un aménagement hydraulique (drains, pompes, contre-fossés…) protège contre un risque (lié à la solidité de la digue et des aménagements connexes, mais aussi au niveau maximal des eaux et au débit maximum attendu du cours d'eau ou des cours d'eau, ou à d'éventuelles remontées de nappe). Il vise à constituer un territoire protégé contre l'aléa inondation/immersion. Il doit être constitué sur la base d'une étude des dangers qui doivent donc être bien identifiés, modélisés et documentés avant son autorisation. L'étude de danger doit être disponible pour les aménageurs du territoire et périodiquement mise à jour, notamment dans le cadre du changement climatique (éventuellement sur demande du préfet s’il a constaté des changements sur l’ouvrage ou des travaux affectant son efficacité de protection).
État des lieux : une cartographie des ouvrages et aménagements littoraux de type digues, jetées, brise-lames… a été finalisée début 2018 par le CEREMA pour le littoral français, à la demande du ministère chargé de l’environnement. Elle est disponible sur le site Géolittoral ; s’inscrivant aussi dans le cadre de l’élaboration d’un indicateur national de l’érosion côtière.