| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 90 ans) Brunoy |
| Nom de naissance |
Marie Amélie Le Blond |
| Pseudonyme |
Djemil Anik, Djemil-Anik, Djemil Anick |
| Autres noms |
Marie Amélie Leblond, Marie Le Blond |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Famille |
Jean-Baptiste Leblond (arrière-grand-père) |
Marie Amélie Le Blond, dite Djemil-Anik ou Djemil Anik, née le à Cayenne (Guyane française) et morte le à Brunoy, est une danseuse, chorégraphe et actrice française des années 1910 aux années 1930.
Marie Amélie Le Blond naît en 1889 à Cayenne, fille de Paul Théodule Le Blond, conseiller général et négociant, et de Marie Pauline Mélidor, son épouse. Elle est la dernière d'une fratrie de cinq enfants.
Devenue danseuse sous le nom de scène Djemil-Anik, Marie Amélie Le Blond a entretenu un certain flou sur ses origines et sa formation de danseuse. Les déclarations qu'elle fait aux agents-recenseurs lors des recensements de la population de Paris en 1926, 1931 et 1936 en sont une parfaite illustration. En 1926, alors qu'elle est domiciliée au 63, boulevard Pereire dans le 17e arrondissement, elle dit s'appeler Djémil Le Blond née en 1889 en Guyane. Cinq ans plus tard en 1931, toujours à la même adresse, elle déclare s'appeler Anik Le Blond née en Océanie en 1892. Et enfin lors du recensement de 1936 dans le 7e arrondissement où elle habite au 129, rue de l'Université, elle affirme s'appeler Djémil Le Blond née en 1898 en Seine-Inférieure. Comme de nombreuses personnalités de l'époque, elle se rajeunit au fur et à mesure qu'elle avance en âge.
Selon ce qu'en rapporte la presse de l'époque, Djemil-Anik serait née d'un père français, administrateur colonial, et d'une mère originaire de Java (actuelle Indonésie), et aurait des ancêtres malaisiens. En réalité, le père de Djemil-Anik, Paul Théodule Le Blond (1849-1907), s'il a travaillé un temps au commissariat de la Marine à Cayenne, était négociant et un élu local. Conseiller général puis président du Conseil général de Guyane, il était le petit-fils de Jean-Baptiste Leblond, médecin naturaliste et botaniste qui s'était installé en Guyane dont il est devenu le premier député pendant la Révolution, et où il a fait souche.
Du côté de sa mère, Pauline Mélidor (née à Cayenne en 1847), il n'existe aucune trace d'une quelconque ascendance malaisienne ou indonésienne dans sa généalogie[réf. nécessaire]. Petite-fille d'un esclave affranchi de Cayenne, Pauline Mélidor ne semble pas être retournée en Guyane après la mort de son mari à Cayenne, en , et la vente sur licitation de l'ensemble des biens immobiliers de la succession en décembre de la même année. Elle meurt veuve en 1914, en son domicile parisien du 30, rue Gustave-Courbet, et est inhumée dans un caveau du cimetière du Père-Lachaise.
Devenue une personnalité parisienne, Djemil-Anik est une amie de la danseuse Élisabeth Toulemon, dite Élise Jouhandeau, qui l'évoque dans ses mémoires. Elle fréquente également la romancière et grande voyageuse Vicki Baum, dont elle aurait fait la connaissance à Bali.
Pauline Mélidor s'installe à Paris avec sa fille Marie Amélie pour lui faire suivre des cours de danse[réf. nécessaire]. La jeune fille entre en formation de danse classique auprès de Léo Staats à l'Opéra de Paris. Par la suite, elle entreprend un voyage de retour aux sources maternelles et s'initie aux danses traditionnelles de Java, puis étudie d'autres formes de danses non occidentales, parvenant à accumuler une importante culture. Vers 1912, elle adopte un nom de scène à consonance « exotique », Djemil-Anik et, le , participe à une soirée privée organisée par le peintre Henri Siegler-Pascal dans son atelier, qui réunit entre autres Valentine de Saint-Point et Maurice Ravel, deux proches amis du plasticien. Cette soirée, parmi d'autres, est le fait de Saint-Point, qui tenait, avant-guerre, un salon très ouvert aux avant-gardes. Djemil-Anik commence à se produire sur les scènes des music-halls parisiens et en 1914, danse dans une revue du théâtre Impérial. La même année, elle apparaît pour la première fois au cinéma. Elle joue dans cinq films, entre 1914 et 1927. Elle passe souvent pour une danseuse javanaise ou hawaïenne.
Durant sa carrière, Djemil-Anik explore la plupart des danses venues d'Extrême-Orient, jusqu'à parvenir à des formes très épurées, avec un réel souci d'authenticité. Elle établit des ponts entre les techniques du ballet classique occidental et celles des danses javanaises et cambodgiennes, par exemple au travers du principe de l'en dehors. Ses interprétations variées lui permettent de nouer des relations avec plusieurs personnalités du monde des arts, Louis Jouvet, Rolf de Maré, Guillaume Apollinaire, Pierre Chareau ou Jean Mollet, comme elle passionnés par les formes d'art asiatiques. Ces rencontres accéléreront sa carrière.
En 1924, Djemil-Anik donne un récital à la Comédie des Champs-Élysées regroupant huit danses de pays différents. La même année, le sculpteur Marcel Bouraine exposé au Salon des artistes un buste d'elle, inspiré de sa danse la plus connue, intitulée Bodhisattva. En , elle chorégraphie et met en scène un spectacle musical dansé, Océanie, au théâtre de l'École normale de musique de Paris, dirigé par Alfred Cortot et où elle danse depuis 1929.
Dans les années 1930, elle devient par ailleurs professeure de danse, appuyant son enseignement sur les théories qu'elle a développées au sujet des danses occidentales et extrême-orientales. Sa pédagogie est considérée comme si novatrice qu'en 1935, elle est invitée à participer aux conférences démonstrations organisées par les Archives internationales de la danse,. Elle prône par ailleurs la pratique de l'exercice musculaire pour toutes les femmes.
Djemil-Anik se produit sur les scènes parisiennes en vogue, comme celle du Vieux-Colombier, jusqu'en 1939. En 1940, elle est chorégraphe pour Les Caprices de Marianne de Musset, dans une mise en scène de Gaston Baty au théâtre Montparnasse, et en 1946 pour Divines Paroles de Ramón María del Valle Inclán, pièce mise en scène par Marcel Herrand au théâtre des Mathurins. Après-guerre, elle se consacre essentiellement à l'enseignement.
Toujours domiciliée au 129, rue de l'Université, Marie Amélie Le Blond meurt en 1980 à l'âge de 90 ans, à la clinique du Petit-Château à Brunoy.
(liste non exhaustive)