| Nom de naissance | Dylan Marlais Thomas |
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| Naissance |
Swansea, Royaume-Uni |
| Décès |
(à 39 ans) New York, États-Unis |
| Activité principale |
| Langue d’écriture | anglais |
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Dylan Marlais Thomas (Swansea, - New York, ) est un écrivain et un poète gallois. Thomas a été reconnu comme l'un des poètes gallois les plus importants du XXe siècle.

Dylan Thomas est né à Swansea, ville côtière du pays de Galles. Son père David, diplômé d'anglais et écrivain, pousse son fils à parler anglais plutôt que le gallois que parle sa mère. Son deuxième prénom, « Marlais », vient du bardic name (pseudonyme utilisé au pays de Galles par les artistes liés au mouvement eisteddfod) de son oncle, le ministre unitariste, Gwilym Marles (dont le vrai nom était William Thomas). Thomas fréquente la Swansea Grammar School (maintenant connue sous le nom de Bishop Gore School), école pour garçons où son père enseigne la littérature anglaise. C’est dans un magazine scolaire que le jeune Thomas publie son premier poème. Il quitte l'école à 16 ans pour devenir reporter durant un an et demi au South Wales Daily Post.
Thomas passe la majeure partie de son enfance à Swansea, hormis de réguliers voyages à la ferme de Carmathen que possède la famille de sa mère. Ces séjours à la campagne, qui lui font connaître une atmosphère différente de celle de la ville, ont une grande influence sur son travail. On le remarque dans de nombreuses histoires courtes, dans certaines de ses œuvres radiophoniques ou encore dans le poème Fern Hill (en) (lieu-dit « La colline aux fougères »).
Ce poème, l'un de ses plus célèbres, est tout entier traversé d'un lyrisme intense et de riches descriptions métaphoriques qui captent et font ressentir l'excitation, la joie de jouer dehors en tant qu'enfant, liée au fait de se sentir en harmonie avec l'ensemble de la nature et de l'univers. Le résultat est un hymne à la merveille de la vie et à la grâce de l'enfance ainsi qu'une élégie pour la douleur de leur perte éventuelle. Ceci est particulièrement perceptible dans la dernière strophe de ce poème :
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Fern Hill |
La Colline aux Fougères |
Thomas écrivit la moitié de son œuvre poétique alors qu’il vivait dans la maison familiale du 5 Cwmdonkin Drive (le poème le plus connu de cette époque étant : And death shall have no dominion). En , son premier recueil de poésie, 18 Poems, est publié. Il devient à vingt ans l’un des jeunes poètes de langue anglaise les plus en vogue.
En 1937, le , à la mairie de Penzance, dans les Cornouailles, Dylan Thomas se marie avec Caitlin Thomas (en) née Macnamara (1913-1994). Au printemps de l'année 1936, Dylan avait rencontré à Londres Caitlin, jeune danseuse (ils avaient 22 ans tous les deux), qui était d'origine irlandaise par son père (Francis Macnamara) et descendante de quakers français par sa mère (Yvonne Majolier).

Le couple a trois enfants et a su rester relativement uni malgré une relation houleuse et entachée par des écarts conjugaux réciproques, minée par l'alcool pour l'un comme pour l'autre, quoique toujours très impliquée et passionnelle :
Jugé trop frêle, et de santé fragile, l’auteur ne peut participer à la Seconde Guerre mondiale. Il contribue toutefois à l'effort de guerre par l'écriture de textes de propagande et de scripts pour des émissions de radio (BBC) et des documentaires sur commande du gouvernement.
Thomas aime se vanter de sa consommation d’alcool. Durant un accident survenu le , Thomas retourne au Chelsea Hotel de New York et déclare : “I've had 18 straight whiskies, I think this is a record” (« J’ai bu 18 whiskies purs, je pense que c’est un record »). Six jours plus tard, pendant sa tournée promotionnelle new-yorkaise à la White Horse Tavern, de Greenwich Village (Manhattan – États-Unis), il s’évanouit après avoir trop bu.
Peu après, Thomas meurt au St Vincent Hospital (New York) à l’âge de 39 ans. La cause première de sa mort fut une pneumonie, accompagnée d'une faiblesse du foie et d'une hypertension intracrânienne (souvent causée par un hématome ou un œdème cérébral, mais aussi par une défaillance du foie) en causes aggravantes. D’après Jack Heliker, ses derniers mots ont été : « After 39 years, this is all I've done » (« En 39 ans, c’est tout ce que j’ai fait »). À la suite de sa mort, son corps est rapatrié au pays de Galles pour être enterré à Laugharne, ville qu’il appréciait. En 1994, sa femme Caitlin est mise en terre à ses côtés. Le caractère et les hommes de Laugharne sont dépeints dans son œuvre Under Milk Wood.
Dylan Thomas est largement considéré comme l’un des plus brillants poètes du XXe siècle de langue anglaise ; il est désormais une référence incontournable de la littérature anglo-galloise. Son univers vif et fantastique était un rejet des conventions de son siècle. À l’inverse de ses contemporains qui tendaient vers des sujets politiques et sociaux, Thomas exprimait ses émotions avec passion et cela se ressent dans son style, à la fois intime et lyrique. Il était plus proche des poètes romantiques que des poètes de sa génération.
Par exemple, à la différence de T. S. Eliot ou W. H. Auden, Thomas ne s'est pas préoccupé dans ses écrits de s'impliquer fortement dans les questions sociales, d'interroger le positionnement des intellectuels, ou d'aborder des thèmes relevant de la théorie littéraire ou de l'esthétique. Son lyrisme intense — tout à la fois métaphysique et sensuel, tragique et joyeux, intéressant la condition humaine tout entière — s'est plutôt voué à l'expression des sentiments les plus chargés d'une émotion qu'il sait faire partager à son lecteur, raison de la célébrité de ses poèmes, et pour laquelle il se rattache plutôt à la tradition romantique.
De fait Thomas décrit ainsi dans une lettre sa technique d'écriture entièrement fondée sur l'émotion qui engendre des images contrastées :
« Je crée une image — bien que « créer » ne soit pas le mot juste ; je laisse, peut-être, une image « se créer » émotionnellement en moi et puis j'applique à cela les forces intellectuelles et critiques qui sont aussi en moi — je la laisse alors en engendrer une autre, je laisse cette image contredire la première, et de la troisième image engendrée à partir des deux autres ensemble, je fais surgir une quatrième image contradictoire, et enfin je les laisse toutes, dans les limites formelles que je me suis imposées, entrer en conflit [/discuter entre elles]. ».
Les thèmes qu'il aborde — souvent nostalgiques de l'enfance avec un sens grave du passage du temps et de la finitude humaine, de la perte des êtres aimés, et la présence lancinante de la pensée de la mort : sujets récurrents, comme l'amour, de la poésie éternelle — témoignent aussi d'une sensibilité cosmique, empreinte de « sentiment océanique », et s’attachant à célébrer la merveille de la vie dans un univers vu comme un Tout en interaction (holisme, panthéisme).
C'est ce qui fait dire à l'un de ses commentateurs : « Dylan Thomas était l’homme de la grande soif, inextinguible. Soif d’intensité, soif de boire la fusion de la terre. Sa lave et ses océans. La poésie de Dylan Thomas est cosmique, tellurique. Il part du foisonnement de son monde intérieur, plein d’images et de fureur, pour aller jusqu’aux chaos des étoiles. “Il y avait un monde et en voici un autre...”, Dylan Thomas prend appui sur son panthéisme vibrant pour la nature, dont il célèbre les collines glorieuses, la mer profonde, comme dans des “visions et prières” pour chanter le cosmos. Mais à son chant charnel et sensuel — car Dylan Thomas est avant tout un poète sensuel — s’ajoute [sic] ses élans mystiques, voire métaphysiques. La Bible si souvent scandée dans son enfance l’irrigue avec ses notions du mal et du bien, ses démons et ses tentations ».
Thomas a néanmoins écrit quatre poèmes plus engagés dans son temps et qui traitent de la guerre (de 39-45) dont le plus célèbre est "A Refusal to Mourn the Death, by Fire, of a Girl in London".
Il différait aussi, en fait, de la majeure partie des auteurs des années 1930 dans l’utilisation de la poésie orale. Ceci coïncide avec la diffusion de la radio et des techniques d'enregistrements. Caedmon, une entreprise promouvant la littérature auditive fut lancée avec le poème de Thomas : “A Child's Christmas in Wales”.
Il s'est d'ailleurs fait connaître aussi — et reconnaître pour son travail essentiel à l'effort de guerre — comme scénariste et commentateur de documentaires de guerre (films et émissions de radio) pour la BBC sur commande gouvernementale. Il avait été réformé pour raison de santé, notamment à cause de ses problèmes pulmonaires chroniques. Il a commencé son travail à la BBC en 1941 après avoir déménagé à Londres avec sa femme Caitlin, laissant leur fils chez la mère de Caitlin à Blashford. Thomas écrit aussi des scénarios pour la Strand Film Company, un travail qui lui a fourni un soutien financier indispensable pendant les années de guerre et a représenté sa première source de revenus régulière depuis l'époque où il travaillait comme jeune journaliste au South Wales Daily Post.
Il continue aussi son travail de scénariste à la radio de la BBC après guerre : entre 1945 et 1949, il écrit, commente ou réalise (comme assistant) plus d'une centaine d'émissions de radio. Dans l'une de ses émissions, « Quite Early One Morning », il a expérimenté des personnages et des idées qui apparaîtront plus tard dans sa pièce radiophonique poétique Under Milk Wood (1953).
L’ami d’enfance et compositeur Daniel Jones, les poètes Vernon Watkins et Charles Fisher ainsi que les artistes Alfred Janes et Mervyn Levy faisaient partie du cercle d’amis de Dylan Thomas, cercle parfois nommé les Kardomah Boys, du nom du café où ils se voyaient.
C’est le poète romantique anglais et éditeur du Sunday Referee, Victor Benjamin Neuberg, qui le fit connaître, qui l’invita à Londres et qui le présenta aux critiques influents de la capitale.
Sa réputation s'est établie, en particulier, grâce à sa pièce de théâtre radiophonique “Under Milk Wood”, à plusieurs poèmes célèbres dont sa villanelle “Do not go gentle into that good night” (un plaidoyer pour la vie consacré à la figure d'un père mourant, le sien étant mort quelques années après ; des vers en sont repris à plusieurs occasions dans le film de science-fiction Interstellar), ainsi que grâce à ses écrits en prose dont ses deux nouvelles “A Child's Christmas in Wales” et “The Outing”. De plus il était très fameux comme performeur artistique dans la lecture publique et radiodiffusée de son œuvre.
En , à l'âge de trente-cinq ans, Thomas visite l'Amérique pour la première fois. Ses tournées de spectacles-lectures aux États-Unis n'ont pas été pour rien dans sa renommée internationale et ont grandement contribué à populariser la lecture de poésie en tant que nouveau moyen d'expression pour l'art. « Thomas est devenu l'archétype du poète romantique dans l'imagination populaire américaine — il était très théâtral, s'engageait dans des disputes tonitruantes en public et lisait ses œuvres à voix forte et avec une émotion d'une exceptionnelle profondeur »,.

Il fera quatre tournées de ce genre aux États-Unis, sa dernière performance publique eut lieu au City College of New York à la fin de 1953, quelques jours seulement avant sa mort. « Il était devenu une figure légendaire, tant pour son œuvre [écrite et dite, comme show-man] que pour la fougue turbulente de sa vie ».
Près de trente ans après son enterrement à Laugharne, une plaque à la mémoire de Dylan a été dévoilée dans le Poets’ Corner (en) de l’abbaye de Westminster.
Elle porte la citation des deux derniers vers d'un de ses poèmes les plus célèbres déjà évoqué, Fern Hill :
De nombreux mémoriaux ont été construits ou restaurés pour rendre gloire au célèbre poète ; ils citent souvent son vers le plus connu : Do not go gentle into that good night.
Divers lieux sont proposés aux touristes à Swansea : une statue dans le quartier maritime, le théâtre Dylan Thomas et le centre à son nom, anciennement le guildhall de la ville. Ce dernier est devenu un centre de littérature, où des expositions et des conférences sont tenues durant le festival annuel Dylan Thomas.
Un autre monument se trouve près de la maison où il a grandi à Cwmdonkin Park. Le mémorial situé en retrait dans un parc est signé de quelques lignes de l’un de ses poèmes préférés: "Fern Hill" - Oh I was young and easy in the mercy of his means / Time held me green and dying / Though I sang in my chains like the sea.
La maison de Thomas à Laugharne, appelée Boat House, est également devenue un lieu de souvenir.
Plusieurs pubs à Swansea sont aussi associés au poète. Le No Sign Bar, l'un des plus vieux de la ville, était un lieu qu’il fréquentait régulièrement. Il fut rebaptisé le Wine Vaults d’après l’histoire The Followers.
Pour célébrer l'anniversaire de sa naissance, sa maison d'enfance au 5 Cwmdonkin Drive a été restaurée et ouverte au public. Dans ce cadre où a été conservé un mobilier d'époque, est proposée une exposition permanente sur son enfance source.
Eileen Agar a réalisé en 1960 un tableau intitulé Tête de Dylan Thomas, huile sur toile (Tate Gallery).
On[Qui ?] a suggéré que Bob Dylan, né Robert Allen Zimmerman, avait changé son nom pour rendre hommage à Dylan Thomas. Bob Dylan l’a souvent nié, déclarant dans une interview donnée en 1966 : « Get that straight, I didn’t change my name in honor of Dylan Thomas. That’s just a story. I’ve done more for Dylan Thomas than he’s ever done for me » (« Disons le clairement, je n’ai pas changé mon nom en l’honneur de Dylan Thomas. C’est juste une histoire. J’ai fait plus pour Dylan Thomas qu’il n’en a jamais fait pour moi »). En 1965, il clame qu’il s’est servi du nom d’un de ses oncles nommé Dillon et ajoute que : « I've read some of Dylan Thomas' stuff, and it's not the same as mine » (« J’ai lu quelques trucs de Dylan Thomas et ils sont différents des miens »).
Dans sa biographie de 2004, Chronicles Vol.1, Bob Dylan admet finalement que Dylan Thomas fut un critère pertinent dans le choix de son pseudonyme, changeant son nom de plume de Dillon à Dylan. D'ailleurs, Bob Dylan est aussi connu sous le nom de Robert Milkwood Thomas, en référence à la pièce de Dylan Thomas Under Milk Wood.
Le compositeur d'origine russe Igor Stravinsky — qui admirait beaucoup les poèmes de Dylan Thomas — avait projeté de composer un opéra sur un livret écrit par lui, projet qu'ils avaient lancé ensemble mais qui fut brutalement interrompu par la mort précoce de l'écrivain. Il lui a donc rendu hommage en composant une œuvre pour ténor, quatuor à cordes et trombones, intitulée In Memoriam Dylan Thomas. Celle-ci, achevée en — soit seulement quatre mois après la mort du poète — a été créée le sous la direction de Robert Craft lors d'une soirée de commémoration en son honneur. Stravinsky lui-même dirigera cette œuvre avec le Columbia Chamber Ensemble et Alexander Young au chant, enregistrement publié avec d'autres pièces dirigées par le compositeur en 1966 sous le label CBS en conclusion d'un album dont le titre est « Stravinsky Conducts ».
En 1965, le quartet jazz du pianiste britannique Stan Tracey sort un album intitulé Jazz Suite (Inspired By Dylan Thomas's Under Milk Wood) en hommage au poète et homme de théâtre (quartet composé de Bobby Wellins au saxophone ténor, Jeff Clyne à la basse, Jack Dougan à la batterie et Tracey à la composition et au piano).
En 1998, le compositeur français Olivier Greif a écrit un ensemble de mélodies intitulé Imago mundi, op. 347, dont l'une des pièces est sur le poème de Dylan Thomas I fellowed sleep.
Dylan Thomas a écrit le script de tous ces documentaires dans le contexte et sur les thèmes de la Seconde Guerre mondiale, et il tient le rôle du commentateur sur deux d'entre eux (These are the Men et Our Country).
Dylan Thomas lui-même a réalisé des enregistrements de certains de ses poèmes les plus connus, lus à haute voix dans une élocution très claire et assez théâtrale, comme prononcés en chaire dans un temple. Ceux-ci ont été publiés en albums 33 tours vinyle LP ou EP à la fin de sa vie ou peu après sa mort, et réédités de nombreuses fois sous plusieurs formats. Certains sont écoutables en ligne. On pourra voir l'ensemble des enregistrements et rééditions à la page consacrée à Dylan Thomas sur le site Discogs ici : . Nous en extrayons les albums originaux les plus marquants :
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.