| Sociétaire de la Comédie-Française |
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| Sépulture |
Cimetière du Montparnasse (depuis le ) |
| Nom de naissance |
Édouard Alexandre Max |
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Conservatoire national supérieur d'art dramatique Collège national de Iași (en) |
| Activités |
Édouard de Max, de son nom d'acteur de Max, né Eduard Alexandru Max le à Iași en Moldavie et mort le à Paris 9e, est un acteur de théâtre et de cinéma français d'origine roumaine.

En 1889, auditionné dans Achille par Edmond Got, Édouard de Max est admis au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris dans la classe de Gustave Worms et a comme condisciples Lugné-Poe et Marguerite Moreno avec laquelle il jouera à plusieurs reprises et qui sera une amie fidèle.
En , après les concours d'usage qui le consacrent comme tragédien, il est engagé pour jouer Néron dans Britannicus au théâtre de l'Odéon.
Il est identifié dès ses débuts comme un interprète atypique dont le style emprunte à Mounet-Sully et qui divise la critique: sensationnel pour les uns, il est insupportable aux autres.
Original en tout point - il porte des tenues extravagantes, affiche ouvertement son homosexualité, arrête un Britannicus d'un « - Une minute, laissez asseoir les nouveaux riches » et joue Prométhée nu de sa seule initiative aux arènes de Béziers -, de Max devient un véritable phénomène médiatique, construit par une certaine presse qui s'offusque un jour et s'amuse un autre du singulier du personnage,.
De Max travaille un jeu de scène très personnel où la gestuelle et les intonations de la voix sont particulièrement présentes, et il développe une psalmodie très personnelle, à égale distance de la diction et du chant, qu'il appelle la troisième manière de vocaliser. Il lui est souvent reproché de se démarquer dans les mises en scène.
Il joue dès ses débuts de nombreuses pièces en compagnie de Lucien Guitry et de Sarah Bernhardt « La Patronne » qu'il rencontre en 1892 et avec laquelle il n'aura de cesse de jouer et de tourner parfois à l'étranger. Elle l'intègre à la troupe du Théâtre de la Renaissance dont elle prend la direction en 1893 et elle le conviera plus tard à rejoindre celle des permanents du Théâtre des Nations qu'elle acquiert en 1899. De Max partage avec Sarah Bernhardt une manière de jouer faite d'exagérations, « le souci des attitudes, la science des gestes, l'art de se draper », etc. Excessivement maniéré et taxé de féminin, ce jeu, pourtant très similaire à celui de Sarah Bernhardt, lui est reproché plus souvent qu'à elle. À ce sujet, son apostrophe à Sarah Bernhardt « Madame, je suis autant femme que vous ! » a fait le tour du monde.
Leur relation est à leur image, extravagante : en , n'obtenant pas d'explication de la part de Sarah Bernhardt sur la primeur qui est donnée à Guillaume Guy sur l'affiche du spectacle Varennes en préparation alors que celui-ci n'est engagé que pour l'occasion, de Max abandonne soudainement les répétitions. Un contentieux financier les opposera un temps.
« Ils se boudèrent tous deux raconte-t-on, pendant un moment. Un soir, la grande Sarah, magnifique, venait de donner. au public une impression d'art. inoubliable. De Max était dans la salle. Dès la représentation terminée, tremblant d'enthousiasme et d'émotion, lui qui peut-être fut aussi grand qu'elle, il se jeta. à ses pieds et s'écria : « Je vous demande pardon, Madame. »
— Stéphane Manier, journaliste et homme de lettres, (1896-1943) , Paris-Soir - 30 octobre 1924 – La mort de de Max
En 1908, lors du procès qui l'oppose au dramaturge Henry Bataille à qui elle avait passé commande d'une adaptation de Faust pour son théâtre, Sarah Bernhardt prétexte que de Max, initialement prévu pour le rôle principal, est un personnage trop narcissique.
« Il y a vingt ans que Mme Sarah Bernhardt se refuse à accepter cette vérité astronomique qu'une étoile ne peut briller au firmament que par comparaison avec d'autres constellations et en surmontant leur éclat… Elle voudrait être seule à briller dans un ciel dévasté. »
— Henry Bataille par la voix de M. Chenu, avocat, 13 mai 1909
Leurs brouilles, fréquentes, ne portent pas pour autant atteinte à leur collaboration qui dure jusqu'en 1911.
Il est un acteur de la première heure du cinéma français encore relativement décrié avant-guerre.
En 1908, il découvre le jeune Jean Cocteau et, fasciné par son style, le fait connaître du tout Paris au cours d'une matinée poétique qu'il organise au théâtre Femina, avec le premier récital des poésies de l'auteur,.
Il protège André Gide qui a écrit Saül à son intention[réf. souhaitée].
En 1911, il est proche du jeune écrivain et futur instigateur de la Première avant-garde du cinéma français Louis Delluc, qui écrit sa biographie Chez de Max en 1918, et plusieurs articles élogieux à son égard . Celui-ci lui confie ses premiers textes et les deux hommes travaillent ensemble à l'époque à la finalisation des projets théâtraux de Delluc,.
De Max est engagé en 1915 à la Comédie-Française pour la durée de la guerre et se voit confier quelques rôles importants. L'idée qu'il puisse un jour devenir sociétaire de la prestigieuse institution suscite chez certains une forte indignation: la presse rend publiques ses origines roumaines et une confession juive sur lesquelles de Max était resté discret jusque là et « l'affaire » implique jusqu'au gouvernement. La polémique sur les origines roumaines de de Max est ridiculisée par la presse et en réaction à celle-ci, ce dernier s'engage dans la légion étrangère et est affecté auprès de l'état-major de l'Armée d'Orient en Salonique en qualité d'interprète.

Sous la pression et par crainte du ridicule, la Comédie Française se résout, malgré elle et désavouée par une partie de la presse, à nommer de Max sociétaire le à part entière avec prise d'effet immédiatement à la fin du conflit. De retour du conflit en 1917, il devient le 355e sociétaire de la Comédie-Française en 1918.
Le à l'Opéra de Paris il joue "Antoine et Cléopâtre" de William Shakespeare dans la traduction d'André Gide avec comme partenaire Ida Rubinstein qui a financé le spectacle, danse de la bacchanale par Harry Pilcer, musique des intermèdes par Florent Schmitt.
Conscient de l'engouement qu'il suscite auprès du public, de Max n'hésite pas à faire valoir ses prétentions financières à la hausse.
De Max met sa notoriété au service de nombreux projets de jeunes auteurs et s'implique également beaucoup pour la Roumanie, son pays d'origine.
La lecture de ses rares écrits et de ceux de ses amis et journalistes témoignent d'un de Max d'une grande générosité et soucieux des autres, cultivé à l'extrême et particulièrement raffiné.

On ignore comment Édouard de Max fit la connaissance de Pierre de Massot, son cadet de 31 ans, mais une tendre affection liera les deux hommes.
Édouard de Max meurt le entouré de nombreux proches à son domicile parisien du no 66 rue de Caumartin (9e arrondissement) à l'âge de 55 ans, victime d'une congestion pulmonaire. Une plaque commémorative lui rend depuis hommage.
Sa mort fait les Grands titres de la presse française et l'hommage au géant du théâtre qu'il était est unanime.
Incinéré au Père-Lachaise, il est inhumé à Paris au cimetière du Montparnasse (12e division) à la suite d'une cérémonie où abondent les curieux et où il ne veut « Ni fleurs, ni couronnes », et au sujet de laquelle il ajoute « …, et pas de discours, laissez-moi partir tranquille. »
Une plaque apposée sur l'immeuble où il vécut rappelle son souvenir.

