Jean Aicard

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Jean Aicard
Jean Aicard vers 1890.
Fonctions
Membre de l'Académie française
-
Président de la Société des gens de lettres
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Jean François Victor AicardVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Jean Aicard (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Jacques Aicard (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Distinctions
signature de Jean Aicard
Signature.
Tombe de Jean Aicard au cimetière central de Toulon

Jean François Victor Aicard, né le à Toulon (Var) et mort le à Paris 7e, est un poète, romancier et dramaturge français, connu notamment pour son roman Maurin des Maures.

Biographie

Famille

Son père Jean était un républicain saint-simonien, rédacteur dans des journaux d'opposition sous le Second Empire. Il meurt quand son fils a cinq ans.

Jeunesse

Jean Aicard naît le à Toulon (Var). Une plaque signale sa maison natale, rue de l'Ordonnance. Il fait ses études à Mâcon, où il fréquente Lamartine, puis au lycée de Nîmes, puis en droit à Aix-en-Provence.

Venu à Paris en 1867, il y publie un premier recueil, les Jeunes Croyances, où il rend hommage à Lamartine. Le succès qu'il rencontre lui ouvre les portes des milieux parnassiens, grâce à son cousin, Pierre Elzéar. En 1869, il collabore au deuxième recueil du Parnasse contemporain. En 1870, une pièce en un acte est produite au théâtre de Marseille. Pendant la guerre, il reste à Toulon dans sa famille. Après la guerre, il assiste aux dîners des Vilains Bonshommes et participe à la création de la revue La Renaissance littéraire et artistique.

Un coin de table, 1872
Fantin-Latour
Musée d'Orsay

On le retrouve dans le portrait de groupe Un coin de table réalisé par Henri Fantin-Latour en 1872 : il est la plus à droite des trois personnes debout.

Notoriété

En 1874, il publie Poèmes de Provence, qui font de lui le poète de cette région. En 1876, il collabore au troisième recueil du Parnasse contemporain.

Jean Aicard vers 1878, portrait au fusain par Félix Régamey.

Les deux romans qui lui valent la reconnaissance sont Maurin des Maures (1908) et L'illustre Maurin. D'une façon générale, l'enfance incarne une source d'inspiration prédominante dans son œuvre.

En 1894, il devient président de la Société des gens de lettres. Le guide Paris-Parisien, qui le considère en 1899 comme une « notoriété des lettres », note le « romantisme méridional » de son œuvre.

En 1909, il entre à l'Académie française au fauteuil de François Coppée. Il est considéré avant tout comme le poète de la Provence. Pierre Loti, dans sa réponse au discours de réception, insiste aussi sur cette particularité : « Le titre de régionaliste vous sied plus qu’à personne, et je le trouve d’ailleurs fort beau car la lumineuse, et vive, et fine Provence, c’est vous qui, réellement, nous l’avez donnée ».

Il est élu maire de Solliès-Ville en 1919, fait classer monument historique les ruines du château des Forbin et y fait jouer par la Comédie-Française sa pièce Forbin de Solliès ou le Testament du roi René.

Relations avec Victor Hugo

Audacieux, il envoie en 1864 à Guernesey un long poème à Victor Hugo qu’il admire. Les quatre-vingt-dix-neuf vers commencent ainsi :

« Je vous aime, exilé qui pleurez votre France Je vous aime et vos chants me pénètrent le cœur Je souris avec vous aux rêves de bonheur Je pleure : je comprends votre sainte souffrance. »

Victor Hugo, touché par ce jeune homme de seize ans, lui écrit :

« Vous avez bien fait de m’envoyer des vers. Ils sont émus et touchants [...]. On y sent la palpitation d’un jeune et noble esprit. Courage mon doux poète, adorez passionnément la justice et la liberté et aimez-moi un peu. »

La réponse à cette audacieuse initiative sera suivie d’une longue et affectueuse correspondance qui ne cessera qu’à la mort du grand écrivain. Pour ce jour douloureux, Jean Aicard sera convié à faire partie de la garde d’honneur entourant le célèbre défunt.

Relations avec Frédéric Mireur

La mésentente avec Frédéric Mireur était de notoriété publique (quoique, paradoxalement, à Draguignan, une rue porte le nom de Frédéric Mireur quasiment dans le prolongement de la rue Jean Aicard). Mireur égratignera le côté anti-clérical d'Aicard dans son livre Les anciens couvents de Draguignan. Tandis que Jean Aicard voyait en Frédéric Mireur un homme réactionnaire et proche des idées anti-dreyfusardes. La dissension atteint son paroxysme lors de l'écriture de Maurin des Maures. Frédéric Mireur considérera, entre autres, le passage avec le préfet de Draguignan comme grotesque et fantaisiste. Dans ce roman, les Varois en général et les habitants de Gonfaron en particulier sont décrits comme simplets et de mœurs primitives. Dans ce même chapitre, il imaginera les habitants de ce village souffler un par un dans l'anus d'un âne : « Ils amenèrent sur la place publique un vieil âne qui n’était plus bon à rien, pensant que si celui-là montait au ciel et ne reparaissait plus on ne perdrait pas grand-chose ; et ils se mirent en posture de le gonfler de leur respiration, en la lui soufflant, — sauf votre respect — par le trou que tous les ânes ont sous la queue. » Le curé Pignerol et l'ermite de Notre-Dame-des-Anges sont, entre autres, deux caricatures d'homme d’Église dans ce même récit. Jean Aicard les dépeint comme hypocrites et sots :

« Je l’ai connu, ce Pignerol ; je la lui ai servie plus d’une fois, la messe. Il arrivait ici à cheval, sautait à bas de sa monture, sa soutane haut retroussée laissant voir des culottes de velours gris côtelé ; il la relevait ainsi, toute la jupe sur son bras, de peur qu’elle s’accrochât à ses grands éperons ; et, en entrant dans l’église, il allait poser d’abord, avec une génuflexion, sa cravache sur l’autel. »

« L’ermite était un ancien valet de ferme, un fainéant venu on ne sait d’où, qui avait eu (comme tant d’autres en maint autre lieu) l’idée de s’affubler d’une méchante robe de bure, de se ceindre les reins d’une corde et d’attendre les pèlerins, dévots à Notre-Dame-des-Anges, pour tirer d’eux quelques petits profits. »

Décès

Jean Aicard meurt le à la maison de santé des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, rue Oudinot dans le 7e arrondissement de Paris. Il est enterré au cimetière central de Toulon.

Œuvres

Conte du crocodile, illustré par Marie-Madeleine Franc-Nohain

Poésie

Romans et nouvelles

Théâtre

Essais

Archives

Maisons

Adaptations

Au cinéma

À la télévision

Anecdotes

Si l'on en croit Léon Daudet, Aicard possédait un tel talent pour réciter des vers qu'il transformait alors chaque poésie, même médiocre, en un chef-d'œuvre fugitif. Rimbaud n'avait pas dû être sensible à son charme, car on connaît l'épisode où il ponctuait du mot de Cambronne chaque vers d'un poème que récitait Jean Aicard. C'est cependant à ce poète qu'il a dédié Les Effarés.

Prix et distinctions

Prix de littérature

Décorations

Hommages toponymiques

Jean Aicard par le sculpteur Victor Nicolas (buste en bronze, 1931).

Par ordre alphabétique des villes :

Notes et références

Notes

  1. ↑ Chapitre 37 : "Où l’on verra que les habitants d’une bourgade prédestinée, appelée Gonfaron ou Gonfleron, en Provence, ont inventé la montgolfière, à la forme près."
  2. ↑ Décret du 23 juillet 1901 du ministre de l'Instruction publique.
  3. ↑ Promotion du 14 juillet 1888.
  4. ↑ Promotion de juillet 1915.
  5. ↑ Promotion de février 1894.

Références

  1. ↑ Victor Duclos, Jean Aicard : Simple notice sur sa vie et ses écrits, éditions L. Duc, 1894.
  2. ↑ Constantin Lecigne, Jean Aicard, Éditions Sueur-Charruey, 1901.
  3. ↑ Violette Bouyer-Karr, Jean Aicard, Éditions du Var, 1921.
  4. ↑ Tony Marmottans, Jean Aicard, du poème au roman, éditions Université de Toulon et du Var, 2000.
  5. ↑ « Notice de Coin de table », sur Musée d'Orsay (consulté le ).
  6. ↑ Nieres-Chevrel, Isabelle, 1941- ... et Perrot, Jean, 1937- ..., Dictionnaire du livre de jeunesse : la littérature d'enfance et de jeunesse en France, Paris, Electre-Ed. du Cercle de la Librairie, dl 2013, 989 p. (ISBN 978-2-7654-1401-8 et 2765414017, OCLC 862208705, lire en ligne), p. 12
  7. ↑ Paris-Parisien, Ollendorff, , p. 48
  8. ↑ Jean Calvet, La Poésie de Jean Aicard, Éditions Hatier, 1909.
  9. ↑ Pierre Loti, Réponse de Pierre Loti au discours de Jean Aicard, Calmann-Lévy, (lire sur Wikisource).
  10. ↑ André Peyregne, Quand l'académicien Jean Aicard cède à la pression des villageois et devient maire de Solliès-Ville, Var-Matin, 29 décembre 2019.
  11. ↑ Site officiel de la mairie de Solliès-Ville.
  12. ↑ Monique Broussais et Yves Stalloni, De l'Académie du Var à l'Académie française : Jean Aicard et Toulon, Académie du Var, 2009.
  13. ↑ Sur l'engagement d'Aicard dans l'affaire Dreyfus, voir sa notice du Dictionnaire biographique et géographique de l'affaire Dreyfus {https://dicoaffairedreyfus.com/index.php/2020/01/09/jean-aicard/}.
  14. ↑ « Maurin des Maures/XXVII - Wikisource », sur wikisource.org (consulté le ).
  15. ↑ Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris 7e, n° 865, vue 22/31.
  16. ↑ Cimetières de France et d'ailleurs
  17. ↑ « Litterature », sur litterature-lieux.com via Internet Archive (consulté le ).
  18. ↑ « Léon Daudet - Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques », sur fr.wikisource.org (consulté le ).
  19. ↑ Cet épisode est discuté par Daniel A. De Graaf dans Arthur Rimbaud : sa vie, son œuvre, publié par L'Harmattan en 2005, (ISBN 2-7475-8303-1), p. 93-94. Voir ici.
  20. ↑ « Rimbaud lettre à aicard », sur abardel.free.fr (consulté le ).
  21. ↑ José Rubio Arvelo et Michaël Crosa, Draguignan et ses rues : Les illustres illustrés, Éditions Livres de Provence, 2011.

Voir aussi

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Bibliographie

Liens externes