| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nationalité |
Italienne |
| Activité | |
| Mouvement |
Pop art culture disco |
Elio Fiorucci, né le à Milan et mort le dans la même ville, est un styliste et entrepreneur italien, fondateur de la marque de mode Fiorucci. Figure du paysage créatif italien de la fin du XXe siècle, il introduit une esthétique pop et ludique dans la mode et préfigure le concept moderne de concept store.
Elio Fiorucci naît le à Milan. Son père tient un commerce de chaussons dans le centre de la ville, où il le fait travailler à l'adolescence, ce qui l'immerge dans l'univers du commerce de détail,,.
Un voyage à Londres en 1965 constitue un tournant : il y découvre la culture du Swinging London, l'éclectisme des boutiques de Carnaby Street et l'organisation du Kensington Market, modèle de vente inspiré du marché,. Cette exposition à une mode décontractée et colorée, contrastant avec le style formel alors dominant en Italie, oriente ses choix ultérieurs.
En 1967, Fiorucci ouvre sa première boutique dans la Galleria Passarella, près de la piazza San Babila à Milan, dans un aménagement conçu par la sculptrice Amalia Del Ponte,. L'espace réunit vêtements de créateurs londoniens, manteaux afghans, objets domestiques, produits capillaires, gadgets et boissons, s'adressant à une clientèle plus jeune que celle du commerce italien de l'époque,. Ce modèle hybride, qui privilégie la sélection et la mise en scène des produits plutôt que la production, est considéré comme une préfiguration du concept store,. La boutique reste le centre de son activité jusqu'à sa fermeture en 2003.
L'atmosphère du magasin, associant musique et animations, en fait un lieu de rencontre pour une jeunesse en rupture avec les conventions ; ses habitués sont surnommés les Fioruccini.
En 1970, le nom Fiorucci devient une marque dotée de sa propre production industrielle, principalement de vêtements de loisir et de jeans, distribuée d'abord en Europe puis au Japon, aux États-Unis et en Amérique du Sud,. Le graphiste Italo Lupi conçoit le logo aux deux angelots qui devient l'emblème de la maison.
Inspiré par les femmes se baignant en pantalon à Ibiza, Fiorucci dessine un jean épousant les contours du corps ; il met au point en 1982 un jean extensible associant denim et élasthanne,.
L'expansion se poursuit avec l'ouverture d'un second magasin milanais en 1974, puis d'une boutique sur King's Road à Londres en 1975 et d'une autre sur East 59th Street à New York en 1976,. Le magasin new-yorkais, décrit comme un « Studio 54 diurne », devient un lieu de rencontre de la scène artistique de l'époque disco et accueille des artistes, parmi lesquels Andy Warhol, qui y installe la vitrine de sa revue Interview,,. L'année suivante, Fiorucci organise la soirée inaugurale du Studio 54 à Manhattan.
Fiorucci s'entoure de créateurs de disciplines diverses, parmi lesquels Jean-Paul Gaultier, Vivienne Westwood, Ettore Sottsass, Oliviero Toscani, Jean-Michel Basquiat et John Cage. En 1983, Madonna, alors débutante, est l'égérie des quinze ans de la marque ; l'année suivante, Keith Haring transforme en deux jours la boutique milanaise en galerie d'art, murs et mobilier peints étant ensuite vendus aux enchères.
L'entreprise est placée en redressement judiciaire à la fin des années 1980. En 1990, Fiorucci cède la société au groupe japonais Edwin International, qui ne conserve à Milan que le centre de design du groupe,. Il conserve d'abord la direction créative et la gestion européenne de la marque, avant que le repreneur n'en prenne le contrôle complet au début des années 2000.
En 2003, Fiorucci lance une nouvelle marque, Love Therapy, ligne de prêt-à-porter et d'accessoires,. Devenu végétarien pour des raisons éthiques, il s'associe à partir des années 2010 à des campagnes en faveur des droits des animaux,.
Elio Fiorucci est trouvé mort à son domicile milanais le , à l'âge de 80 ans,,. Un mois auparavant, la marque portant son nom avait été cédée aux entrepreneurs britanniques Janie et Stephen Schaffer.
Du au , la Triennale de Milan lui consacre une rétrospective, intitulée Elio Fiorucci, sous le commissariat de Judith Clark et avec une scénographie de Fabio Cherstich,. Présentée comme le plus vaste ensemble d'œuvres et de documents réuni sur le créateur, elle rassemble vêtements, dessins, affiches, gadgets et enregistrements sonores inédits, issus des archives familiales, de celles de la marque et de collaborateurs,,.
Le parcours, chronologique et à visée biographique, est traversé par la voix enregistrée de Fiorucci, mise en dialogue avec celles de ses collaborateurs,. Marco Sammicheli, directeur du musée du design de la Triennale, présente cette œuvre comme une matrice de la culture visuelle contemporaine.