Emane Ntole

Emane Ntole
Biographie
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Emane Ntole, également écrit Emane Tole ou Emane-Tôle, né vers 1846 à Nseghe, près de Ndjolé, et mort en 1914 à Grand-Bassam, est un chef fang gabonais. Surnommé Assang-Méfa, il dirige, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, une résistance contre l'administration coloniale française dans la région de Ndjolé.

Biographie

Résistance à la colonisation

Emane Ntole est le chef du village de Nseghe, dans la région de Ndjolé. Son surnom Assang-Méfa signifie « celui qui frappe à coups de coupe-coupe ». Son opposition à l'administration coloniale commence après la destruction de son village et les conflits liés au contrôle des échanges commerciaux dans la vallée de l'Ogooué.

À partir de 1900, plusieurs clans fang établis le long de l'Ivindo, de l'Okano et de l'Abanga se regroupent autour de Ndjolé. Emane Ntole cherche à préserver leur rôle d'intermédiaires entre les populations de l'intérieur, les maisons de commerce européennes et l'administration coloniale. Entre 1901 et 1902, ses partisans bloquent la circulation sur le fleuve et s'opposent aux établissements de la Société du Haut-Ogooué.

Les autorités coloniales organisent plusieurs expéditions contre ses combattants. Un tirailleur sénégalais nommé Bakary, envoyé pour le capturer, est tué. Emane Ntole trouve ensuite refuge auprès de la famille de son épouse, Élène, membre du clan Essinsu, avant d'être dénoncé.

Déportation

Emane Ntole et son fils, Tole Emane, sont capturés en 1902 puis déportés en 1904 à Grand-Bassam, dans la colonie française de Côte d'Ivoire. Emane Ntole y meurt en détention en 1914.

Son fils est libéré après huit années de détention. De retour au Gabon, il fonde le village de Mvam Zaman, sur la rivière Ezanga, au sud de Lambaréné.

Postérité

Emane Ntole est considéré au Gabon comme l'une des figures de la résistance fang à la colonisation française.

Le , le président de la Transition, Brice Oligui Nguema, lance à Ndjolé les travaux de construction d'un monument consacré à sa mémoire. Des demandes sont également formulées pour retrouver et rapatrier ses restes au Gabon.

Notes et références

  1. 1 2 Aristide Mba, « Notes d'histoire du Gabon : Emane-Tole vu par François Meye », sur Mingo Express, (consulté le )
  2. ↑ Catherine Coquery-Vidrovitch, « Chapitre VIII. Les révoltes », dans Le Congo au temps des grandes compagnies concessionnaires, 1898-1930, t. 2, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, (lire en ligne)
  3. 1 2 « Emane Ntole, le résistant de Ndjolé », sur Mémoire Sauve Gabon, (consulté le )
  4. ↑ Iris Obanga Makessi, « Gabon : lancement des travaux de construction d'un monument en hommage à Emane Ntolé », sur Gabon Media Time, (consulté le )
  5. ↑ Times Infos, « Éditorial – Emane Ntole : rendons-lui la terre qui l'a vu naître », sur Times Infos, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes