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Dick Elffers (en) (de à ) |
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Joost Elffers (d) |
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De Ondergedoken Camera Nederlandsche Vereeniging voor Ambachts- en Nijverheidskunst (en) Vereniging van Beoefenaars der Gebonden Kunsten (d) |
Emmy Andriesse, née à La Haye, le et morte à Amsterdam, le , est une photographe néerlandaise. Durant la Seconde Guerre mondiale, malgré les dangers liés à sa judéité, elle fait partie du groupe De Ondergedoken camera qui photographie clandestinement la vie sous l'occupation allemande. Elle photographie ensuite les Pays-Bas de l'après-guerre, fait des photos de mode et surtout, elle photographie la vie des gens ordinaires, et se classe parmi les photographes humanistes. Ses photos font partie de deux collections inscrites au registre Mémoire du monde de l'Unesco. Malgré une carrière courte (elle meurt à 39 ans), elle est considérée comme une des personnalités influentes de la photographie néerlandaise des années 1940 et 1950.
Emmy Eugenie Andriesse est née à La Haye, le 14 janvier 1914. Elle est la fille unique d'Abraham Andriesse, représentant commercial, et d'Else Fuld, gérant d'un commerce de lingerie de luxe. La famille est juive libérale progressiste et les deux parents travaillent. A l'âge de quinze ans, elle perd sa mère. Comme son père est souvent à l'étranger pour son travail, elle est élevée par différentes tantes qui, toutes, travaillent et lui laisse beaucoup d'indépendance. Dès son plus jeune âge, Emmy Andriesse manifeste un grand intérêt pour l'émancipation des femmes et les idées politiques de gauche.
Après l'enseignement secondaire, Emmy Andriesse fréquente l'Académie des Beaux-Arts de La Haye de 1932 à 1937. Elle y étudié le design publicitaire. Elle suit le cours expérimental dirigé par le designer Gerrit Kiljan (nl) avec Paul Schuitema (nl). Elle y apprend la photographie ainsi que l'utilisation de photographies dans des affiches, des publicités et des articles de presse,.
L'enseignement est novateur sur le plan pédagogique car il privilégie des méthodes d'enseignement non autoritaires et autonomes, et met fortement l'accent sur une vision consciente de la société à partir de laquelle l'artiste doit travailler. À partir de la deuxième année, Emmy Andriesse se spécialise principalement dans la photographie et, grâce à sa motivation, elle gagne le surnom d'« Emma-Leica », en référence à l'appareil photo Leica. Outre cet appareil photo 35 mm, rapide pour son époque, elle commence également à travailler principalement avec un appareil photo reflex Rolleiflex,.
Durant ses dernières années d'études, entre 1935 et 1937, Emmy Andriesse vit dans une maison communautaire au Koningin Wilhelminalaan 308c à Voorburga avec un groupe d'étudiants politiquement engagés. Parmi la quinzaine de résidents figurent Johanna IJzerman, Hans Wolf, Eva Loeb, Henk Wanink (nl) et Lex Metz (nl) . Les jeunes personnes entretiennent des contacts avec diverses organisations antifascistes comme le Secours rouge international. Ils s'impliquent dans le Comité d'aide à l'Espagne pendant la guerre civile espagnole. C’est ainsi qu’Emmy Andriesse entre en contact avec de jeunes photographes de reportage social du mouvement Nouvelle Vision, tels qu’Eva Besnyö, Cas Oorthuys (nl) et Carel Blazer (nl). Ce dernier l'aide pour les questions techniques pendant des années.
Après ses études, elle s'installe à Amsterdam où elle travaille comme photographe et fournit de nombreux clichés à la presse écrite, caractérisés par des angles de prise de vue originaux et une prédilection pour les constructions diagonales. Les sujets abordés sont l'artisanat, les paysages et la vie des adultes et des enfants dans les villes et les villages. Dès le début des années 1940, elle photographie les personnes et leurs comportements, tout en contribuant avec des photos de villes et de paysages, à trois ouvrages photographiques publiés par la maison d'édition Contact.
Emmy Andriesse est membre de la Nederlandsche Vereeniging voor Ambachts- en Nijverheidskunst (Association néerlandaise pour l'artisanat et les arts appliqués). Par le biais de cette association, elle participe à l'exposition photographique Foto '37 au Stedelijk Museum d'Amsterdam, avec un reportage photographique social sur le Jordaan, quartier ouvrier en pleine crise, aux côtés de Carel Blazer et de Cas Oorthuys.
En 1941, Emmy Andriesse épouse le graphiste et artiste visuel Dick Elffers (nl). Ils ont deux fils, Cas et Joost. Cas, meurt noyé pendant des vacances en 1945 à l'âge de deux ans. Son mariage avec un non-juif ne la protège pas des répressions contre les juifs : elle ne peut plus travailler ni publier et doit vivre cachée à partir de 1943.
Fin 1944, son ami, l'anthropologue Arie de Froe (nl), lui fait établir un faux certificat d'aryanité, qui lui permet de participer à nouveau à la vie publique et de rejoindre le groupe de résistance de photographes De Ondergedoken Camera. Ses photographies de cette période, souvent prises au risque de sa vie, dépeignent les conditions épouvantables de l'hiver de la faim à Amsterdam et témoignent de la faim, de la pauvreté et de la misère, avec une grande intensité,,.
Dans son œuvre d'après-guerre, Emmy Andriesse s'intéresse principalement aux aspects caractéristiques, personnels et émouvants des gens ordinaires. Elle participe à ce titre au courant de la photographie humaniste d'après la Seconde Guerre mondiale.
Outre ses sujets à vocation sociale, Emmy Andriesse contribue à des livres de photos sur les Pays-Bas pendant la libération, sur les villes et les paysages. Elle réalise notamment des images poignantes des demeures pillées et des maisons en ruines dans le quartier juif d’Amsterdam. Elle commence, à cette époque, à,s'orienter vers le portrait.
Entre 1947 et 1951, sur commande du directeur du Stedelijk Museum d'Amsterdam, Willem Sandberg, elle réalise une série de portraits d'artistes. À cette fin, elle rend visite à des artistes dans leurs ateliers aux Pays-Bas, en Belgique, en France et en Suisse. Ces photographies sont destinées à des catalogues d'exposition et présentent une composition stricte et symétrique, ce qui leur confère un caractère monumental. Elles figurent parmi les pièces maîtresses de son œuvre grâce à leur grande qualité artistique et technique. En 1949, elle publie le livre Amsterdam, its beauty and character.

Edward Steichen, alors directeur du Museum of Modern Art de New York, sélectionne le portrait qu'elle a réalisé d'un couple austère de vieux néerlandais pour participer, aux côté de 272 photographes, à l'exposition The Family of Man, dans la section « We two form a multitude » (Nous deux formons une multitude). L'exposition est présentée de 1955 à 1994 dans plus de 160 musées. En 2003, elle est inscrite au registre UNESCO Mémoire du monde du Luxembourg.
Un autre sujet qu'Emmy Andriesse explore tout au long de sa carrière concernait la photographie de mode. Cet intérêt remonte à son plus jeune âge car elle grandit dans un environnement lié au textile et à la mode. Des photographies de tissus, de modèles de mode et de vêtements apparaissent dans de nombreux magazines de mode, magazines féminins et brochures d'entreprises. Ses photos dénotent l'influence de photographes de mode étrangers tels que George Hoyningen-Huene, et Horst P. Horst, qui travaillent pour le magazine Vogue. Cette influence se manifeste par un rendu net avec des fonds unis, des modèles debout légèrement tournés et un éclairage clair. Elle photographie les créations de Ferry Offerman, Max Heymans (nl) et Benno Premsela (nl) et fait des reportages dans les coulisses et les défilés de mode parisiens.
Au cours de ses nombreux voyages à l'étranger effectués pour ses différentes missions, elle photographie de nombreuses personnes et communautés. L'éditeur Bert Bakker lui commande un reportage sur le thème « Le Monde de Van Gogh », qu'elle réalise en Provence en 1951. Elle décède peu de temps avant la publication du livre.
Emmy Andriesse craint de mourir jeune, tout comme sa mère, décédée alors qu'Emmy n'avait que quinze ans. Cette prémonition se réalise, car avant même que sa dernière commande sur l'univers de Van Gogh ne soit achevée, elle tombe gravement malade et meurt d'un cancer le 20 février 1953, à seulement 39 ans.
La reconnaissance d'Emmy Andriesse comme photographe exceptionnelle s'est faite progressivement. Ses photos sont régulièrement exposées, y compris des décennies après sa mort, et des ouvrages lui sont consacrés. Elle est considérée comme une des personnalités influentes de la photographie néerlandaise des années 1940 et 1950, aux côtés de Cas Oorthuys, Eva Besnyö et Carel .
Ses photographies de l'hiver de la faim à Amsterdam, ses portraits d'artistes et ses reportages sur le monde de Van Gogh sont généralement considérés comme des moments forts de son œuvre.
Les archives photographiques complètes d'Emmy Andriesse, comprenant les négatifs, sont gérées par les Collections spéciales de la bibliothèque universitaire de Leiden.
Un important fonds documentaire sur Emmy Andriesse est géré par le Centre d'études et de documentation sur la photographie du Cabinet des estampes de l'Université de Leiden.
L'œuvre d'Emmy Andriesse est dans le domaine public depuis le 1er janvier 2024.
Les photographies prises par Emmy Andriesse pendant la Seconde Guerre mondiale en tant que membre du groupe de résistance De Ondergedoken Camera sont inscrites au registre Mémoire du monde néerlandaise par la Commission néerlandaise de l'UNESCO le 17 avril 2025,.