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Éric Dacheux né en 1967, est un universitaire français, professeur des universités en sciences de l'information et de la communication.
Ses travaux portent principalement sur la conflictualité de l'espace public, la communication européenne, l’incommunication et les relations entre économie sociale et solidaire et communication.
Éric Dacheux naît en 1967, il est titulaire d’un DEUG de sciences économiques (université Clermont I, 1987), Éric Dacheux obtient un doctorat en sciences de l’information et de la communication en 1994 sous la direction d’Armand Mattelart. Il a été dix ans Maître de conférence à l’IUT de Roanne (Université Jean Monnet de Saint-Étienne). Après avoir passé son habilitation à diriger des recherches (HDR) avec Dominique Wolton (2000), il est nommé, en 2006, professeur à l’Université Blaise-Pascal Clermont II, devenue par la suite Université Clermont Auvergne.[réf. nécessaire]
En 2006, Éric Dacheux crée le groupe de recherche Communication et Solidarité, groupe rattaché au laboratoire de recherche sur le langage de l’université Blaise-Pascal Clermont II. Il dirige ce groupe pendant cinq ans (2006-1011). Devenu laboratoire de recherche en 2012, celui-ci est renommé Communication et Sociétés en 2017. Il développe des recherches interdisciplinaires sur les problématiques de civilisations étrangères et les mutations contemporaines de la communication[source secondaire nécessaire]. Il est membre de l’axe de recherche Communication, innovations sociales et économie sociale et solidaire au sein de ce laboratoire[source secondaire nécessaire].
En 2011, il cofonde et dirige le pôle clermontois de l’Institut des sciences de la communication sous la responsabilité du CNRS,
En 2023, il cofonde et porte la Chaire Communication des acteurs de l’économie sociale et solidaire et de l’innovation sociale, consacrée à l’analyse et à l’accompagnement des pratiques communicationnelles des organisations de l'ESS. La chaire intègre alors le réseau des chaires ESS portée par le Réseau Inter-Universitaire de l'Économie Sociale et Solidaire.
Les travaux d’Éric Dacheux s’inscrivent dans le champ des sciences de l'information et de la communication et portent principalement sur les relations entre communication, démocratie et transformations sociales.
Dans le prolongement des travaux de la théorie critique et des recherches sur l'espace public, il analyse la dimension conflictuelle de la délibération démocratique. Ses travaux interrogent les conditions de possibilité d’un débat public pluraliste et les tensions constitutives des processus communicationnels.
Il a consacré plusieurs ouvrages et articles à la communication de l’Union européenne,,qu’il étudie comme un enjeu politique et symbolique. Il s’intéresse notamment aux difficultés de construction d’un espace public européen et aux limites des dispositifs institutionnels de communication.
Éric Dacheux développe une réflexion sur le concept d'incommunication popularisé par Dominique Wolton. Avec Dacheux, l'incommunication est entendue non comme simple échec de la communication, mais comme dimension constitutive des interactions sociales. Il en propose une approche théorique visant à penser les malentendus, les conflits interprétatifs et les asymétries symboliques.
Il a également proposé le concept de « délibéralisme » aux côtés de Daniel Goujon, qui articule théorie délibérative et économie sociale et solidaire. Cette approche vise à penser les pratiques économiques alternatives comme des espaces de construction collective du sens qui s'émancipent des pratiques de communication propres à l'économie marchande.
À propos de L’impossible défi. La politique de communication de l’Union européenne (2004), Zineb Benrahhal Serghini souligne l’effort de synthèse théorique et la mise en perspective critique des dispositifs institutionnels européens, tout en inscrivant l’ouvrage dans le prolongement des débats sur l’espace public et de la lecture critique des travaux de Jürgen Habermas en France.
Concernant Comprendre le débat sur la constitution de l’Union européenne (2005), François Foret relève que l'auteur propose une réflexion critique sur les conditions du débat public européen, insistant sur ses limites structurelles (poids des élites, dépendance à l’agenda institutionnel), tout en défendant son potentiel démocratique.
Les travaux consacrés à l’incommunication ont été présentés par plusieurs recenseurs comme une tentative de déplacement théorique au sein des sciences de la communication. Ils mettent l’accent sur la conflictualité constitutive des échanges sociaux et sur les asymétries symboliques, en rupture avec une approche strictement consensualiste de la communication. Dans une lecture analytique de Comprendre pourquoi on ne se comprend pas (2023), Sylvie Thiéblemont-Dollet souligne que l'ouvrage illustre les limites de la communication numérique, qui ne remplace pas la communication humaine réciproque. Plus largement, elle indique que l'ouvrage déconstruit huit clichés du « prêt-à-penser communicationnel » qui véhiculent de fausses interprétations de la communication ». Gilles Pinte quant à lui estime que l’ouvrage met en évidence la complexité des processus d’intercompréhension, en soulignant la dimension contextuelle et médiatique de la construction du sens.
Dans sa recension de l'ouvrage Communiquer l’invisible (2021) qu'Eric Dacheux et Tourya Guaaybess ont coordonné, Claudia Farini indique que les études de cas du mouvement des Gilets jaunes et des minorités LGBTQI++ illustrent les tensions entre expression citoyenne, cadrage médiatique et limites institutionnelles. Selon elle, si l'approche reste parfois descriptive et éclatée, que l'ensemble manque d’un fil critique unifiant qui articule réellement visibilité, pouvoir et médiatisation, le livre réussit à rendre tangible un concept souvent abstrait et invite à repenser l’espace public et la participation citoyenne sous l’angle de l’incommunication et de l’invisibilité.
Le concept de « délibéralisme » a été discuté comme une contribution située au croisement de la théorie politique, des sciences de la communication et des études sur l'économie sociale et solidaire.
L'ouvrage Principes d’économie solidaire (2011), coécrit avec Daniel Goujon, a été analysé par David Hiez comme une tentative d'articulation entre économie solidaire et théorie délibérative. Celui-ci souligne l’originalité de la proposition, tout en pointant certaines tensions conceptuelles liées à la transposition des modèles délibératifs au champ économique.
Stéphanie Martin-Vavasseur souligne qu'à travers le concept de délibéralisme, Eric Dacheux « prolonge la notion d'agir communicationnel d’Habermas » et « la rapproche de la notion d’« incommunication » empruntée à Dominique Wolton ».
À propos de l'ouvrage Défaire le capitalisme, refaire la démocratie. Les enjeux du délibéralisme (2020), Raphaël Porteilla affirme que l’ouvrage se distingue par une approche interdisciplinaire et pragmatique, combinant analyse théorique et illustrations empiriques, et propose des pistes d’action concrètes pour repenser les politiques économiques et sociales au-delà des paradigmes capitalistes.
Enfin, Patrice de la Broise note que l’ouvrage Théorie délibérative des valeurs : de la valeur travail à un travail sur les valeurs (2024) met en lumière la contribution des sciences de l’information et de la communication à l’analyse de la valorisation et de la délibération sur les valeurs.