En 2006, Éric Dacheux crée le groupe de recherche Communication et Solidarité, groupe rattaché au laboratoire de recherche sur le langage de l’université Blaise-Pascal Clermont II. Il dirige ce groupe pendant cinq ans (2006-1011). Devenu laboratoire de recherche en 2012, celui-ci est renommé Communication et Sociétés en 2017. Il développe des recherches interdisciplinaires sur les problématiques de civilisations étrangères et les mutations contemporaines de la communication[source secondairenécessaire]. Il est membre de l’axe de recherche Communication, innovations sociales et économie sociale et solidaire au sein de ce laboratoire[source secondairenécessaire].
Entre 2012 et 2017, il dirige avec Gloria Maffet l'une des quatre spécialités du master Communication, stratégie internationale et interculturalité, la spécialité Communication et Solidarité, une formation spécialisée dans la communication des collectivités territoriales et des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS).
En 2023, il cofonde et porte la Chaire Communication des acteurs de l’économie sociale et solidaire et de l’innovation sociale, consacrée à l’analyse et à l’accompagnement des pratiques communicationnelles des organisations de l'ESS. La chaire intègre alors le réseau des chaires ESS portée par le Réseau Inter-Universitaire de l'Économie Sociale et Solidaire.
Activités de recherche
Les travaux d’Éric Dacheux s’inscrivent dans le champ des sciences de l'information et de la communication et portent principalement sur les relations entre communication, démocratie et transformations sociales.
Dans le prolongement des travaux de la théorie critique et des recherches sur l'espace public, il analyse la dimension conflictuelle de la délibération démocratique. Ses travaux interrogent les conditions de possibilité d’un débat public pluraliste et les tensions constitutives des processus communicationnels.
Communication européenne
Il a consacré plusieurs ouvrages et articles à la communication de l’Union européenne,,qu’il étudie comme un enjeu politique et symbolique. Il s’intéresse notamment aux difficultés de construction d’un espace public européen et aux limites des dispositifs institutionnels de communication.
Incommunication
Éric Dacheux développe une réflexion sur le concept d'incommunication popularisé par Dominique Wolton. Avec Dacheux, l'incommunication est entendue non comme simple échec de la communication, mais comme dimension constitutive des interactions sociales. Il en propose une approche théorique visant à penser les malentendus, les conflits interprétatifs et les asymétries symboliques.
Délibéralisme et économie sociale et solidaire
Il a également proposé le concept de «délibéralisme» aux côtés de Daniel Goujon, qui articule théorie délibérative et économie sociale et solidaire. Cette approche vise à penser les pratiques économiques alternatives comme des espaces de construction collective du sens qui s'émancipent des pratiques de communication propres à l'économie marchande.
Réception académique
Communication européenne et espace public
À propos de L’impossible défi. La politique de communication de l’Union européenne (2004), Zineb Benrahhal Serghini souligne l’effort de synthèse théorique et la mise en perspective critique des dispositifs institutionnels européens, tout en inscrivant l’ouvrage dans le prolongement des débats sur l’espace public et de la lecture critique des travaux de Jürgen Habermas en France.
Concernant Comprendre le débat sur la constitution de l’Union européenne (2005), François Foret relève que l'auteur propose une réflexion critique sur les conditions du débat public européen, insistant sur ses limites structurelles (poids des élites, dépendance à l’agenda institutionnel), tout en défendant son potentiel démocratique.
Incommunication et conflictualité
Les travaux consacrés à l’incommunication ont été présentés par plusieurs recenseurs comme une tentative de déplacement théorique au sein des sciences de la communication. Ils mettent l’accent sur la conflictualité constitutive des échanges sociaux et sur les asymétries symboliques, en rupture avec une approche strictement consensualiste de la communication. Dans une lecture analytique de Comprendre pourquoi on ne se comprend pas (2023), Sylvie Thiéblemont-Dollet souligne que l'ouvrage illustre les limites de la communication numérique, qui ne remplace pas la communication humaine réciproque. Plus largement, elle indique que l'ouvrage déconstruit huit clichés du «prêt-à-penser communicationnel» qui véhiculent de fausses interprétations de la communication». Gilles Pinte quant à lui estime que l’ouvrage met en évidence la complexité des processus d’intercompréhension, en soulignant la dimension contextuelle et médiatique de la construction du sens.
Dans sa recension de l'ouvrage Communiquer l’invisible (2021) qu'Eric Dacheux et Tourya Guaaybess ont coordonné, Claudia Farini indique que les études de cas du mouvement des Gilets jaunes et des minorités LGBTQI++ illustrent les tensions entre expression citoyenne, cadrage médiatique et limites institutionnelles. Selon elle, si l'approche reste parfois descriptive et éclatée, que l'ensemble manque d’un fil critique unifiant qui articule réellement visibilité, pouvoir et médiatisation, le livre réussit à rendre tangible un concept souvent abstrait et invite à repenser l’espace public et la participation citoyenne sous l’angle de l’incommunication et de l’invisibilité.
Économie solidaire et délibéralisme
Le concept de «délibéralisme» a été discuté comme une contribution située au croisement de la théorie politique, des sciences de la communication et des études sur l'économie sociale et solidaire.
L'ouvrage Principes d’économie solidaire (2011), coécrit avec Daniel Goujon, a été analysé par David Hiez comme une tentative d'articulation entre économie solidaire et théorie délibérative. Celui-ci souligne l’originalité de la proposition, tout en pointant certaines tensions conceptuelles liées à la transposition des modèles délibératifs au champ économique.
À propos de l'ouvrage Défaire le capitalisme, refaire la démocratie. Les enjeux du délibéralisme (2020), Raphaël Porteilla affirme que l’ouvrage se distingue par une approche interdisciplinaire et pragmatique, combinant analyse théorique et illustrations empiriques, et propose des pistes d’action concrètes pour repenser les politiques économiques et sociales au-delà des paradigmes capitalistes.
Enfin, Patrice de la Broise note que l’ouvrage Théorie délibérative des valeurs: de la valeur travail à un travail sur les valeurs (2024) met en lumière la contribution des sciences de l’information et de la communication à l’analyse de la valorisation et de la délibération sur les valeurs.
Publications
Les stratégies de communication persuasive dans l'Union européenne, l'Harmattan, coll.«logiques sociales», (OCLC299458289).
Vaincre l'indifférence: les associations dans l’espace public européen, CNRS Éditions, (OCLC300461659),,.
L'Europe qui se construit: Réflexions sur l'espace public européen, Saint-Etienne, Publications de l'Université de Saint-Etienne (réimpr.2004) (1reéd. 2003) (OCLC1240486051).
L'impossible défi: La politique de communication de l’Union européenne, CNRS sciences politiques, (OCLC417603816),,,.
Comprendre le débat sur la constitution de l’Union européenne, Paris, Publibook, coll.«Communication et démocratie», (OCLC492445668).
↑Maud Turcan, «"Pour une société durable": l'économie sociale et solidaire se fait une place à l'Université Clermont Auvergne», La Montagne, (lire en ligne[archive du ], consulté le ).
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↑François Foret, «Éric Dacheux, Comprendre le débat sur la constitution de l'Union européenne. Communication et démocratie 1, Paris, Publibook, coll. Droit et sciences politiques, 2005», Hermès (Cognition, Communication, Politique), no43, , p.219 (lire en ligne).
↑Pinte, Gilles, «Éric Dacheux, Comprendre pourquoi on ne se comprend pas», Lectures, (ISSN2116-5289, lire en ligne, consulté le ).
↑Claudia Farini, «Éric Dacheux, Tourya Guaaybess (dirs), Communiquer l’invisible. Nancy, Presses universitaires de Nancy – Éd. universitaires de Lorraine, coll. Visibilité, médiatisation, interculturalités, 2021, 254 pages», Questions de communication, vol.40, no2, (lire en ligne).
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↑Valérie Billaudeau, «Comprendre pourquoi on ne se comprend pas», ESSACHESS – Journal for Communication
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↑Jean-Michel Servet, «La notion de valeur a-t-elle perdu de sa valeur? En envisageant le concept dans sa pluralité, E. Dacheux et D. Goujoun plaident pour une économie sociale, écologique et délibérative», La Vie des idées, (lire en ligne, consulté le ).