| Affaire Chandler | |
| Fait reproché | Pratiques sexuelles sur mineur |
|---|---|
| Chefs d'accusation | Abus sexuels sur mineur |
| Pays | États-Unis |
| Ville | Los Olivos, Santa Barbara |
| Date | 1993 |
| Nombre de victimes | 1 présumée (Jordan Chandler) |
| Jugement | |
| Statut |
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L'affaire Chandler désigne une affaire judiciaire et médiatique survenue aux États-Unis en 1993, à la suite d'accusations d'abus sexuels sur mineur visant le chanteur Michael Jackson. Evan Chandler, père de Jordan Chandler, alors âgé de 13 ans, accuse le chanteur d'avoir abusé de son fils. Michael Jackson nie les faits qui lui sont reprochés et affirme être victime d'une tentative d'extorsion.
En , la procédure civile engagée par la famille Chandler se conclut par un accord à l'amiable comprenant un versement financier en faveur des plaignants. L'accord précise qu'il ne constitue pas une reconnaissance de culpabilité de la part de Michael Jackson, lequel continuant de nier l'ensemble des accusations, et comporte des clauses de confidentialité encadrant la divulgation publique de l'affaire. Parallèlement, une enquête pénale est menée dans les comtés de Los Angeles et de Santa Barbara. Elle est close en septembre 1994 sans inculpation de Jackson dans cette affaire, les autorités estimant les éléments disponibles insuffisants pour engager des poursuites.
Fortement médiatisée, l'affaire a eu des répercussions durables sur la carrière, la santé et l'image publique de Michael Jackson. Plusieurs de ses contrats publicitaires ont été annulés, notamment celui qui le liait à Pepsi depuis dix ans. Lors du procès de 2005 concernant l'affaire Arvizo, l'accusation est autorisée à évoquer les allégations de 1993 et June Chandler, la mère de Jordan Chandler, est alors appelée à témoigner.
En , la voiture de Jackson tombe en panne dans un quartier de Los Angeles. Jackson et son garde du corps se rendent à pied chez le garagiste le plus proche pour un dépannage. Il y rencontrent David Schwartz. Ce dernier, n'en revenant pas d'être devant la star Michael Jackson, prévient sa femme et lui demande de venir accompagnée de Jordie, son fils d'un précédent mariage. Jordan Chandler, 12 ans, est un grand fan de Jackson. Lors de l'accident de la pub Pepsi en 1984, il lui avait envoyé un dessin. Jordan et Michael sympathisent et restent en contact téléphonique des mois durant. Depuis plusieurs années déjà, Jackson téléphone à ses jeunes fans, rend visite à des enfants dans des hôpitaux, s'entoure d'enfants à la fin de ses concerts et en reçoit également chez lui, au ranch de Neverland.
En , Jackson invite Jordan, sa demi-sœur et sa mère, June Chandler-Schwartz, à passer un week-end au ranch. Entre février et , Jordan, sa demi-sœur et sa mère accompagnent la star dans plusieurs évènements hautement médiatisés, dont notamment les Soul Train Music Awards à Las Vegas le et les World Music Awards à Monaco le . Entre leurs déplacements, Jackson passe un temps considérable avec June et ses enfants. L'un de ses chauffeurs témoignera qu'il l'a déposé chez eux le soir et qu'il est revenu le chercher le matin 30 jours consécutifs. Durant leurs voyages, au domicile de sa mère ou au domicile de son père, Jackson dort dans la chambre voire, malgré l'interdiction des parents, dans le même lit que Jordan. Durant cette période, la famille reçoit également de nombreux cadeaux de la part de Jackson Le National Enquirer, un hebdomadaire people américain, publie un article sur le thème, en décrivant June Chandler-Schwartz et ses enfants comme « la nouvelle famille adoptive de Michael ».
Dentiste de profession, Evan Chandler, le père de Jordan, vient d'obtenir un petit succès à Hollywood en co-écrivant la comédie parodique Sacré Robin des Bois, réalisée par Mel Brooks en 1993. Evan est surtout connu pour être le dentiste des stars. Il est notamment le dentiste de Carrie Fisher, la princesse Leia dans la saga Star Wars, qui est par ailleurs une voisine et amie de Jackson. Fisher souffre de toxicomanie . Elle évoque sa relation avec Evan Chandler dans son autobiographie, parue en 2011 et commentée alors dans la presse,,. Elle rapporte notamment à son sujet : « Et comme [j'étais] une de ces personnes qui subissaient des soins dentaires inutiles juste pour la morphine, [Chandler] était une de ces personnes qui pouvaient organiser un service aussi bienvenu »,.[pertinence contestée]
Chandler voit rarement son fils, dont il n'a pas la garde. Alors que les rencontres se multiplient, Evan Chandler reproche à Jackson de passer du temps avec son fils à son détriment et commence à s'interroger sur la nature de leur relation, qu'il perçoit comme de plus en plus exclusive et voit d'un mauvais œil le fait qu'ils puissent dormir dans le même lit. Il n'est pas satisfait des réponses que lui apportent séparément son fils et Jackson à ce sujet. June aurait également demandé à Jackson si la nature de la relation entre lui et son fils est sexuelle et celui-ci lui déclare que ça n'est pas le cas,.
À leur retour de Monaco en mai, Jackson et Jordan séjournent cinq jours chez Evan Chandler, où ils dorment dans une chambre avec son demi-frère. Chandler les voit alors dans le même lit et, bien qu'ils soient habillés, il affirme que cette scène éveille ses soupçons. Evan Chandler déclarera que c'est à ce moment-là qu'il a commencé à soupçonner Jackson d'abuser de son fils,
June Chandler et son fils Jordie avaient prévu d'accompagner Michael Jackson lors de sa prochaine tournée en automne 1993, tourné qui devait durer environ cinq mois. Evan Chandler s'oppose à ce projet. David Schwartz, le beau-père de Jordan, enregistre à son insu une conversation téléphonique avec Evan Chandler le 8 juillet 1993. Celui-ci le prévient avoir engagé un avocat, Barry Rothman. Il évoque les conséquences qu'il entend provoquer déclarant notamment : « Ce sera un massacre si je n'obtiens pas ce que je veux » et « la carrière de Michael sera finie »,.
Un accord est ensuite conclu entre les avocats des deux familles pour qu'Evan puisse avoir Jordie auprès de lui pendant une semaine. June accepte initialement cet arrangement, mais décide finalement de ne pas remettre son fils à son père et part avec Jordie et sa fille Lily à Neverland pour y fêter l'anniversaire de cette dernière. Depuis la propriété de Michael Milken, où ils se sont arrêtés, une dispute téléphonique éclate entre Michael Jackson et son propre enquêteur privé Anthony Pellicano au sujet de cette décision, Pellicano ayant promis au père de lui restituer l'enfant. Témoin de la colère inattendue de Jackson, June décide de ne pas aller à Neverland avec les deux enfants et retourne à Los Angeles. Evan obtient la garde temporaire de l'enfant au cours du mois de juillet, et les contacts entre Jackson et Jordan prennent ainsi fin.
Le 16 juillet 1993, Jordan Chandler subit une intervention dentaire dans le cabinet de son père. Selon Evan Chandler, son fils lui aurait admis, alors qu'il se trouvait sous l'effet de médicaments administrés lors de l'intervention, que Michael Jackson lui avait touché le pénis. La journaliste du tabloïd américain Hard Copy, Diane Dimond, rapporte, sur la base de dossiers de l'anesthésiste Mark Torbiner, que Jordan aurait reçu du bromure de glycopyrronium et de l'hydroxyzine,. D'autres sources rapportent qu'Evan Chandler lui aurait administré de l'amobarbital ou du pentothal sodique, médicaments pouvant notamment augmenter la suggestibilité et ne pouvant, par conséquent, être considérés comme fiables pour établir la véracité d’une déclaration,,,,.
Chandler et ses avocats contactent Jackson et demandent 20 millions de dollars au chanteur en échange de ne pas le poursuivre en justice. Le , Chandler et son fils se réunissent avec Jackson, qui est assisté par Anthony Pellicano, le détective privé des stars. Lors de cette rencontre, Chandler produit une lettre écrite le 15 juillet par un psychiatre à la demande de Barry Rothman, l'avocat d'Evan Chandler. Cette lettre communiquées par l'avocat indique « des doutes raisonnables d'abus sexuels » sur Jordan. Le médecin précise que s'il ne s'agit pas d'un cas hypothétique, il est légalement tenu de le signaler aux services de protection de l'enfance du Comté de Los Angeles.
Le 13 août, Jackson fait une contre-offre à Evan par l'intermédiaire de Pellicano, en lui proposant un financement de trois films valant chacun 350 000 dollars, soit plus d'un million de dollars au total. Chandler refuse cette offre,,. Le lendemain, Barry Rothman propose à Pellicano que le financement des trois films s'élève à un total de 15 millions de dollars. Jackson propose alors une nouvelle contre-offre à la baisse pour un seul film de 350 000 dollars, s'engageant cette fois à payer directement les 350 000 dollars. Evan refuse et met fin aux négociations.
Le , Chandler et son fils rendent visite au Dr Abrams. Lors d'une session qui durera trois heures, Jordan raconte à Abrams comment il a été abusé à de nombreuses reprises durant les quatre mois de sa relation avec Jackson. Bien qu'il ne se rappelle pas des dates et des heures auxquelles ceci s'est produit, il donne de nombreux détails. Il évoque notamment de nombreux actes de fellation et de masturbation. Abrams fait un signalement à la police, ce qui déclenche l'enquête pénale dans les comtés de Los Angeles et de Santa Barbara, où les faits allégués se seraient produits. Jordan Chandler est interrogé par la police, qui recueille une description détaillée du pénis de Jackson. Une source proche du dossier aurait indiqué en août 1993 que bien qu'ils disposent du témoignage de Jordan Chandler, « leur enquête est entravée par un manque de preuves matérielles ou médicales reliant Jackson à ces agressions sexuelles ».
Les domiciles de Jackson, dont Hayvenhurst et le ranch de Neverland, sont perquisitionnés plusieurs fois en août et en novembre 1993,,,,,. De nombreux livres, des photos et des vidéos sont saisis. Deux livres de garçons nus seront présentés au jury par l'accusation en 2005 dans le but de démontrer l'intérêt de Jackson pour les adolescents : Boys Will Be Boys et Boys: A Photograpic Essay,. D'après la défense de Jackson, ces deux ouvrages sont librement disponibles dans le commerce. Le second contient une inscription qui suggère qu'il lui a été offert par l'une de ses fans en 1983, tandis que le premier contient une inscription manuscrite de Jackson : « Regardez le véritable esprit de bonheur et de joie sur les visages de ces garçons ; c'est l'esprit de l'enfance, une vie que je n'ai jamais eue et dont je rêverai toujours. C'est la vie que je veux pour mes enfants. »,. En outre, deux photographies distinctes représentant des garçons nus non identifiés sont découvertes à Neverland et une photographie supplémentaire représentant un garçon nu est retrouvée au domicile de la famille Jackson à Encino,,. Lorsque lors d'un entretien accordé à Diane Sawyer en 1995, il est interrogé au sujet des photographies et livres représentant des garçons nus, Jackson déclare ne pas s'en souvenir et suggère qu'il peut s'agir d'objets envoyés par d'autres personnes qui n'ont pas été ouverts. En outre, des dizaines de magazines pornographiques et quelques autres livres d'art de nus sont également saisis et présentés au jury de 2005, mais ceux-ci ne représentent que des adultes.
Dès septembre 1993, des agents du FBI assistent les enquêteurs et recherchent activement des témoignages et d'autres victimes potentielles, y compris hors des États-Unis. Ils se rendent notamment à Manille, aux Philippines, pour interroger d'anciens employés de Jackson,. Quatre garçons, qui sont également amis avec Jackson, dont Macaulay Culkin et Wade Robson (un des protagonistes des allégations de 2019), nient tout attouchement sexuel de la part de Jackson. Jackson et ses représentants contestent les accusations et soutiennent qu'elles s'inscrivent dans une tentative d'extorsion. Lorsqu'elle est interrogée, June Chandler-Schwartz dit initialement à la police qu'elle ne croit pas que Jackson ait abusé de son fils, mais sa position changera quelques jours plus tard.
Le 13 septembre 1993, la famille Chandler, y compris la mère de Jordan qui se range maintenant du côté d'Evan, retiennent les services de Larry R. Feldman pour les représenter dans le cadre d'une procédure civile. Ils demandent 30 millions de dollars de dommages et intérêts à Jackson pour le préjudice qu'ils estiment avoir subi. En effet, deux procédures s'ouvrent parallèlement, l'une au pénal, qui vise à déterminer la culpabilité, l'autre au civil, qui vise uniquement à déterminer le montant des dommages et intérêts. Étant donné les lois californiennes et l'âge présumé de la victime (moins de 14 ans), les avocats des Chandler obtiennent une procédure civile accélérée, qui placera le procès au civil en mars 1994, avant un éventuel procès pénal. Ceci met Jackson dans une position défavorable, car ça le force potentiellement à dévoiler sa stratégie de défense à la partie adverse en amont du seul des deux procès qui peut aboutir à une incarcération en cas de condamnation. Lui et son équipe contestent cette situation, qui transgresse selon lui ses droits, mais n'obtiennent pas gain de cause auprès des autorités californiennes,.[source insuffisante]
Le , Jackson se soumet à un examen corporel au cours duquel ses parties génitales sont photographiées afin de vérifier la description fournie par Jordan Chandler,. Les enquêteurs affirment que la description donnée par Jordan Chandler, jugée spécifique du fait de la description d'une marque particulière, correspond aux photographies,,,,,. Ces photographies, placées sous scellés, n'ont jamais été rendues publiques. Lors du procès de 2005, le juge Rodney Melville rejette l'utilisation de ces photos, estimant que leur valeur préjudiciable l'emporte sur leur valeur probante,,.
Les accusations sont rapidement rendues publiques et font les gros titres au plan national et international. Des informations confidentielles, et notamment les rapports détaillant les allégations de Jordan Chandler auprès de la police et des services sociaux, fuitent tout de suite dans la presse. Le Los Angeles Times rapporte que les services s'accusent mutuellement d'être à l'origine de ces fuites. La couverture médiatique de l'affaire comprend de nombreuses manchettes et spéculations. D'après le Los Angeles Times, la limite se brouille, dans le traitement médiatique de cette affaire, entre presse généraliste et presse tabloïd. Selon le Washington Post, seulement dix jours après que les accusations aient été rendues publiques par la chaîne de télévision KNBC-TV, les règles habituelles du journalisme ont été contournées ou enfreintes. Selon le critique des médias Howard Rosenberg, du Los Angeles Times, un tournant intervient lorsque Diane Dimond, journaliste de l'émission tabloïd Hard Copy, est sollicitée comme experte pour commenter les accusations dans le journal télévisé de la chaîne américaine généraliste CBS.
Jackson est alors en pleine tournée pour le Dangerous World Tour. Les membres de la famille Jackson s'adressent à la presse et démentent que Jackson soit un pédophile. La santé de Jackson se détériore au point d'annuler plusieurs spectacles puis la fin de sa tournée. Étant stressé par l'épreuve alors qu'il est sous anti-douleurs puissants dans le cadre d'une opération de reconstruction de son cuir chevelu, il développe une addiction aux médicaments contre la douleur. En novembre 1993, il part plusieurs semaines à l'étranger, en cure de désintoxication. Le tabloïd britannique The Daily Mirror lance alors un concours auprès de ses lecteurs qu'il intitule « Spot the Jacko » (Où est Jacko ?), offrant un séjour à Disney World à toute personne capable de prédire où se trouve Jackson.[réf. souhaitée]
Certains médias proposent de l'argent en échange d'informations en lien avec de possibles abus sexuels de la part de Jackson. En 2015 et 2016, Ron Newt, manager du groupe The Newtrons et proche de la famille Jackson, affirme que le tabloïd américain The National Enquirer lui a proposé 200 000 dollars en décembre 1993,. Selon ses déclarations, cette somme devait rétribuer l'exclusivité de témoignages de ses fils accusant Michael Jackson d'attouchements sexuels, à la suite d'un séjour de deux semaines de la famille à Hayvenhurst en 1985. Pour appuyer ses propos, Ron Newt présente un projet de contrat non signé — sur lequel il a inscrit la mention « no good sucker » — établi par David Perel, alors éditeur de l'hebdomadaire. Il fait également état d'enregistrements audio de la négociation, réalisés à San Francisco par le journaliste Jim Mitteager.[pertinence contestée]
La réputation de Jackson se dégrade encore après les déclarations de sa sœur La Toya, le 8 décembre 1993 : « Je dois vous dire que c'est très difficile pour moi, que Michael est mon frère, je l'aime beaucoup, mais je ne peux pas être et je ne serai plus une collaboratrice silencieuse de ses crimes contre de jeunes enfants innocents. Et si je garde le silence, ça signifie que j'entretiens sa culpabilité et l'humiliation que ces enfants ressentent, et je pense que c'est mal ». Elle aurait affirmé détenir des preuves de la pédophilie de son frère et proposé de les révéler en échange de 500 000 dollars. Une guerre des enchères s'en serait suivie entre tabloïds américains et britanniques mais n'aurait pas abouti. Après avoir été déshéritée par sa famille, elle rétractera ses propos et les attribuera à la pression exercée sur elle par son mari d'alors, Jack Gordon.
Le 22 décembre 1993, Michael Jackson s'exprime publiquement pour la première fois au sujet des accusations portées contre lui dans une allocution de quatre minutes diffusée par satellite depuis son ranch de Neverland et retransmise en direct par plusieurs chaîne de télévision. Il affirme son innocence et demande au public de ne pas le condamner avant que les faits aient été établis. En outre, il critique le traitement médiatique de l'affaire et dénonce l'examen corporel à laquelle il a été soumis quelques jours auparavant par les enquêteurs,.
Le , la famille Chandler et leurs avocats signent avec Jackson et son équipe un accord d'environ 25 millions de dollars. La famille reçoit environ 18 millions de dollars, dont près de 15 millions de dollars vont à Jordan et 1,5 million à chacun des parents,. L'avocat de la famille reçoit entre 3 millions et 5 millions de dollars,. L'accord précise que Jackson « décline expressément toute responsabilité et nie tout acte répréhensible ». Une clause de confidentialité est attachée à l'accord, qui n'empêche pas Jackson de clamer son innocence mais interdit toute autre évocation de l'affaire et de la famille Chandler de la part de Jackson et de ses ayants droit, et inversement.
Selon les avocats de Jackson, c'est son entourage parvient à le convaincre de l'intérêt de trouver un accord à l'amiable. Toujours selon eux, il s'agit aussi d'éviter davantage de publicité nuisant à sa carrière et de se concentrer, potentiellement, sur sa défense lors d'un éventuel procès pénal. Les avocats de Jackson déclarent que « c'était la seule solution pour éviter une action civile – qui aurait contraint M. Jackson à témoigner devant un tribunal – et réduire les risques d'une procédure pénale potentiellement plus dommageable, dans laquelle il aurait également été contraint de témoigner. S'il était reconnu coupable au pénal, M. Jackson pourrait être emprisonné. » Johnnie Cochran, l'avocat de Jackson, confie alors à la presse :« Le règlement de cette affaire ne constitue en aucun cas un aveu de culpabilité de la part de Michael Jackson».[pertinence contestée]
L'avocat de la famille Chandler, Larry Feldman, déclare que lui-même et Jordan Chandler sont « très satisfaits de la résolution de cette affaire »,,[pertinence contestée]. Il affirme que « personne n'a acheté le silence de qui que ce soit » mais souligne que, selon les psychologues, le mieux pour le garçon serait de tourner la page plutôt que de continuer à gérer ces allégations.
Alors que l'enquête pénale se poursuit, Gil Garcetti, et le procureur de Santa Barbara (où réside Jackson), Tom Sneddon, continuent de chercher des témoignages et d'autres victimes potentielles. Ils déclarent que leurs efforts pour poursuivre Jackson en justice est compromis par le fait que Jordan ne souhaite plus témoigner. Les procureurs ont déclaré que leur enquête avait permis d'identifier deux autres enfants affirmant avoir subi des agressions sexuelles de la part de Jackson, dont un en dehors des États-Unis, mais que aucun des deux n'a souhaité témoigner. Deux grands jurys californiens distincts examinent le dossier : l'un à Santa Barbara et l'autre à Los Angeles,. En avril 1994, selon une source proche de l'enquête citée par Variety, les éléments réunis à ce stade ne semblaient permettre d'envisager contre Jackson qu'une éventuelle « erreur de jugement ». Dès mai 1994, le grand jury de Santa Barbara considère que les preuves ne sont pas suffisantes pour une mise en examen. Jordan et sa famille continuent de coopérer jusqu'à début juillet 1994, puis se retirent. En Californie, aucune loi n'oblige une victime d'abus sexuel à témoigner contre son gré. En septembre 1994, l'enquête est officiellement suspendue à Los Angeles, où le second grand jury manque de preuves ou de témoignages suffisants pour inculper Jackson. Plus de 400 personnes auront été interrogées au cours de l'enquête. Convaincu de la culpabilité de Jackson, Tom Sneddon, le procureur de Santa Barbara, refuse de clore l'enquête et précise qu'elle peut être rouverte à tout moment si de nouvelles victimes se présentent,.
Blanca Francia, ancienne femme de ménage de Jackson à Hayvenhurst et Neverland, est alors la seule personne de son entourage à témoigner contre lui auprès de la police et des procureurs. Elle affirme avoir aperçu Jackson nu avec de jeunes garçons à plusieurs reprises. Elle déclare que ces observations ont motivé sa démission en 1991, se disant « dégoûtée » par ce qu'elle avait vu. Francia accorde une interview à l'émission télévisée Hard Copy, connue pour rémunérer habituellement ses témoins. Cette participation suscite des interrogations quant à l'intégrité potentielle de son témoignage si elle avait été rémunérée. Francia refuse toutefois de préciser si elle avait reçu de l'argent. Toutefois, le Los Angeles Times, citant des experts juridiques, souligne que ces préoccupations pouvaient être atténuées par le fait qu'elle avait communiqué ses déclarations aux autorités avant d'être contactée par l'émission.
D'autres employés de Neverland affirmeront avoir vu quelque chose, mais leurs témoignages seront publiés par la presse à ''people'' avant d'être entendus par la police, ce qui met en doute leur crédibilité vis-à-vis d'un jury.[réf. nécessaire] Son fils, Jason Francia, 13 ans, est longuement interviewé par la police. Lors du premier entretien, il affirme que Jackson ne l'a jamais touché de manière inappropriée, puis sa version change. En 2005, Tom Mesereau, l'avocat de Jackson, suggère que les policiers qui l'ont interrogé l'ont influencé. Corey Feldman sera également interrogé par la police lors des auditions de témoins,. Le témoignage de Jason, qui figure dans le dossier de 1993, n'est pas jugé suffisant pour poursuivre Jackson. Peu de temps après l'affaire, les avocats de la famille Francia contactent ceux de Jackson, leur affirmant qu'ils sont prêts à déposer une plainte au civil pour demander des dommages et intérêts. La plainte ne sera pas déposée et en 1996 un accord à l'amiable sera trouvé entre Blanca Francia et Jackson. L'accord avec Jason est signé en 1998, à ses 18 ans. La famille reçoit 2 millions de dollars. Les deux accords précisent : « Les parties reconnaissent que Jackson a choisi de régler les réclamations uniquement en raison de l'impact potentiel que tout litige pourrait avoir à l'avenir sur sa réputation, ses gains et ses revenus potentiels, et non en raison d'une quelconque conduite fautive présumée de sa part ». Blanca Francia et son fils viendront tous deux témoigner au procès de 2005.
Selon Chris Cadman, Jackson a rencontré la chanteuse Lisa Marie Presley en , lorsqu'il était à l'hôtel Sahara Tahoe avec les Jackson 5. Son père, Elvis Presley, y terminait alors un contrat de deux semaines, tandis que les Jackson 5 étaient sur le point d'y commencer le leur,. En , Jackson a renoué avec Presley par l'intermédiaire d'un ami commun. D'après J. Randy Taraborrelli, ils se côtoient par intermittence en , sans qu'il n'y ait de rapports sexuels entre eux, puis, une fois les accusations d'abus devenues publiques, Jackson devient dépendant du soutien émotionnel de Presley. En le conseillant de trouver un accord à l'amiable avec la famille Chandler, elle aurait eu une influence dans cette décision,[réf. non conforme].
Ils se marient discrètement en , quelques mois après la fin de la procédure civile. En , à l'annonce de la suspension de la procédure pénale par le procureur, Jackson déclare, d'après ses avocats, qu'il est extrêmement soulagé et entend désormais fonder une famille avec Presley. Le , ils participent ensemble à l'émission PrimeTime Live de la chaîne ABC, animée par Diane Sawyer, et clament ensemble l'innocence de Jackson. En , une nouvelle procédure civile est engagée contre Jackson, Lisa Marie Presley, Diane Sawyer et la chaîne de télévision ABC par Evan Chandler, le père de Jordan Chandler, qui demande 60 millions de dollars de dommages et intérêts. Celui-ci considère que les déclarations du couple dans l'émission de Sawyer transgressent l'accord de confidentialité conclu dans le cadre du règlement à l'amiable de ,. Un panel d'arbitrage estime que ses demandes sont dépourvues de fondement et cette décision sera confirmée en appel en .
Jackson et Presley forment un couple par intermittence pendant quatre années après que leur divorce soit finalisé, en . Elle affirme à plusieurs reprises, y compris dans son autobiographie, qu'elle n'a jamais été témoin d'abus sexuels sur mineur de sa part et elle ajoute qu'elle l'aurait tué elle-même si ça avait été le cas,.
La réputation de Jackson est durablement endommagée,,. Pepsi et Sega mettent fin à leur collaboration. Il se retire du tournage du tournage du film Les Valeurs de la famille Addams. Les suspicions de pédophilie continuent de peser sur lui. Il sera d'ailleurs interrogé sur sa relation avec les enfants, et notamment le fait de partager occasionnellement avec eux une chambre ou un lit, dans un entretien avec Diane Sawyer en 1995, puis dans le documentaire de Martin Bashir, Living with Michael Jackson, qui déclenchera l'affaire Arvizo, en 2003,,.
Quelque temps après cette affaire, Jordan Chandler coupe tout contact avec sa mère. Il aurait par la suite changé d'identité, pour se protéger de l'attention des médias et du public,. Avant la fin des années 1990, Evan Chandler, Jordan Chandler, à sa majorité, et David Schwartz engageront de nouveau, séparément, des poursuites civiles contre Jackson. Schwartz porte plainte contre Jackson au civil en août 1994, pour les dommages émotionnels causés par Jackson à lui et sa fille, la demi-sœur de Jordan Chandler, pour fraude et pour négligence. La somme demandée par Schwartz n'est pas spécifiée. Aucune procédure criminelle n'est associée à la plainte. En 1996, Evan Chandler engage des poursuites civiles contre Jackson et Lisa Marie Presley, la jeune épouse de Jackson, qui clament l'innocence de Jackson durant leur entretien télévisé de 1995 avec Diane Sawyer. Chandler considère que l'accord de confidentialité associé à l'entente à l'amiable avec Jackson a été transgressé et demande 60 millions de dollars de dommages et intérêts. Il nomme également dans sa plainte Sony Music, Disney et environ 300 autres co-conspirateurs de Michael Jackson, du fait que Jackson évoque l'affaire dans son album HIStory (qui doit être compris littéralement comme « SON histoire » et non « Histoire » ), sorti en 1995. En 1998, une plainte similaire, émane de Jordan Chandler, qui a maintenant 18 ans. Les arbitrages pour les deux affaires ont été regroupés. La plainte a été rejetée en 1999 par un tribunal. En 2006, Jordan Chandler porte plainte contre son père, qui l'a agressé avec un haltère et du gaz lacrymogène,. Les accusations ont été abandonnées par la suite.[pertinence contestée] Le , le père de Jordan Chandler, Evan Chandler, se suicide d'une balle dans la tête à son domicile, dans le New Jersey, alors qu'il est en phase terminale d'un cancer. Le frère de Chandler, avocat dans le comté de Santa Barbara, a déclaré à CNN en 2003 que Chandler craignait pour sa vie en raison de menaces proférées par des fans de Jackson,.
Après l'affaire, le journaliste indépendant, Victor Guttiérez publie un livre présenté comme étant basé sur les confessions de Jordan Chandler,,. La publication de ce livre sera interdite aux États-Unis suite à une plainte déposée par Jackson.[réf. nécessaire] En janvier 1995, ce journaliste affirme qu'il dispose d'un enregistrement incriminant Jackson En outre, il affirme avoir découvert que des membres de l'association pro-pédophile NAMBLA considèrent que Jackson est l'un des leurs. Ce dernier porte plainte pour diffamation contre Guttiérez et obtient sa condamnation à 2,7 millions de dollars de dommages et intérêts. Jackson engage également une procédure civile contre la journaliste Diane Dimond, qui travaille alors pour Hard Copy, pour avoir affirmé lors d'un épisode de cette émission de télévision qu'un tel enregistrement existait, puis l'avoir répété à la radio. Il demande 50 millions de dollars de dommages et intérêts. Jackson déclare qu'il portera systématiquement plainte contre les médias qui « répandent des mensonges et des rumeurs odieusement malveillantes à [son] sujet dans le but de gagner de l'argent, de faire progresser leur carrière, de vendre des journaux ou d'attirer des téléspectateurs »[pertinence contestée],.
En 2003, lorsque Gavin Arvizo et sa famille portent plainte contre Jackson pour abus sexuel sur mineur, ils prennent conseil auprès de l'avocat de la famille Chandler, Larry R. Feldman,,. Cette plainte aboutira à un procès pénal en 2005 et qui se conclura par l'acquittement de Jackson,. Tom Sneddon, affirmant que des éléments réunis en 1993 peuvent corroborer les accusations de Chandler en mettant en évidence des similitudes entre les deux cas, parvient à faire examiner certains des éléments réunis en 1993. Ne voulant pas voir échapper son témoin, il s'assure cette fois-ci que le procès pénal précède un procès potentiel au civil.[réf. nécessaire] En 2004, alors que les enquêteurs cherchent à obtenir son témoignage, Jordan déclare aux agents du FBI qu'il n'a aucun intérêt à témoigner contre Michael Jackson et qu'il s'opposera par les voies judiciaires à toute tentative visant à l'y contraindre,. De la famille Chandler, seule June Chandler-Schwartz vient témoigner au procès. Elle déclare ne pas avoir été témoin d'abus sexuel. À cette occasion, elle déclare également qu'elle n'est plus en contact avec son fils depuis 11 ans.
La production du biopic du film Michael, sorti en 2026, ont rencontré des difficultés en raison de l'accord de confidentialité signé avec la famille Chandler en 1994, qui interdit d'évoquer l'affaire ou d'inclure des détails sur Jordan Chandler, ou même de parler de Jordan sans son accord. La clause ayant été découverte par la production après la fin du tournage, elle a entraîné la suppression de séquences déjà tournées et le tournage de nouvelles séquences afin de remanier la fin du film, qui ne traite finalement pas des accusations de pédophilie,.