Fan zone

Cet article est une ébauche concernant le sport.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations du projet sport.

Consultez la liste des tâches à accomplir en page de discussion.
Fan zone de Varsovie lors de l'Euro 2012.

Une Fan zone est un espace de spectacle, ouvert à des supporteurs, des admirateurs et autres spectateurs lors d'événements, généralement sportifs ou musicaux,. Depuis la fin du XXe siècle, les fan‑zone sont de plus en plus fréquentes lors des grands événements. Cet « événement dans l’événement », génère à la fois des opportunités (expérience sociale, accessibilité, animation, retours commerciaux…) et des défis spécifiques en matière de gestion des foules et de sécurité.

Sociologie du sport

Ce sont des espaces de communion émotionnelle collective, alternatifs à celui du stade, qui selon la sociologie du sport, remplaçe en partie les grands rassemblements religieux ou politiques d'autrefois. Elles permettent de vivre, au sein d'une foule ou d'un groupe, les « effervescences collectives » par exemple décrites par Durkheim, en offrant aux spectateurs un lieu où partager des émotions, « vibrer ensemble » et renforcer le sentiment d'appartenance.

Comme dans le stade, une forte densité sociale, et une proximité physique favorisent la contagion émotionnelle, rendant l'expérience plus intense que le visionnage individuel ou télévisé.

Malgré une image souvent négative liée à un inconfort physique (le spectateur est parfois debout, voire bousculé, éventuellement exposé à la pluie ou exposé à une forte chaleur) et en dépit d'une dimension marchande, en créant créer des expériences ludiques et interactives complémentaires (incluant animations, publicités, restauration, spectacles...), la fan zone peut jouer un rôle d'inclusion, en offrant un substitut émotionnel à l'expérience du stade pour ceux qui n'ont pas accès aux billets, permettant de « participer à l'événement sans y être ». Au‑delà du soutien sportif, cet espace fonctionne comme un lieux de sociabilité, de jeu et de plaisir de la célébration collective, ce qui fait dire à Nico Didry (universitaire, maître de conférences en ethnomarketing, étratégies économiques du Sport et du Tourisme, à l'Université Grenoble-Alpes (UGA) que l'on pourrait parler de « fun zone » plutôt que de « fan zone ».

Selon Christopher Hautbois et ses collègues (2026), plusieurs dimensions du spectacle, mais aussi de l’image donnée par la ville qui accueille l'évènement, varient selon que l’expérience du spectacle se soit déroulée en tribune, dans un stade ou dans une zone de retransmission publique. Ces différences influencent la satisfaction des spectateurs et ouvrent de nouvelles perspectives sur l’usage stratégique des fan‑zones dans le city branding, en tant qu’outil permettant de façonner l’image et l’attractivité des villes organisatrices.

Histoire

À l'origine, ce terme (ou celui de public viewing events) était fréquemment utilisé dans le contexte des courses de Formule 1 où les personnes pouvaient profiter, avant le Grand Prix automobile, d'animations, voir les pilotes et suivre en direct les courses sur écran géant.

Par extension, les fan zones désignent maintenant les espaces, généralement provisoirement installés en centre-ville, où les supporteurs ne pouvant pas assister directement à l'événement, mais souhaitant y assister en groupe, suivent sa retransmission, comme une rediffusion en direct sur écran géant.

Une évolution récente du concept est la fan zone en ligne, où les supporteurs de clubs et d'équipes peuvent interagir numériquement à travers des diffusions en direct, des réseaux sociaux et des communautés virtuelles.

Dans le monde du football

Le mot commence à être utilisé en 2008 pour l'Euro de football en Autriche et en Suisse. Ces zones sont généralement situées dans le centre-ville des lieux où est situé le stade permettant aux supporteurs sans billets de se retrouver dans une ambiance de partage et de fête.

Lors de l'Euro 2016 en France, la question de la sécurité s'est posée alors que le pays organisateur avait appliqué l'état d'urgence en raison des attentats du . Le dispositif a ainsi été considérablement renforcé avec des contraintes de contrôle d'entrée et de vidéosurveillance.

La place Kléber de Strasbourg est transformée en fan zone en 2017 en vue de célébrer la montée du Racing Club de Strasbourg en Ligue 1. Entre 6 000 à 10 000 supporters étaient présents sur cette place.

Plus récemment, des fan zones numériques aussi dites « en ligne » existent, sur des plateformes centralisant l'engagement des fans, par exemple pour des clubs comme le PSG, le FC Barcelone ou des équipes nationales, et sur des plateformes telles que fanzone.world, qui permettent aux fans de suivre les événements, d'interagir et de commenter en temps réel, même sans être physiquement présents.

En 2023, les FIFA Fan Festivals introduits lors de la Coupe du monde féminine de football 2023 marquent une étape importante dans la commercialisation croissante du football féminin, en alignant pour la première fois le tournoi sur les standards événementiels des compétitions masculines. Ces fan-zones avaient cependant des objectifs, des fonctions et des configurations socio‑spatiales distinctes. Jessica Richards et al. () ont comparé un Fan Festival officiel à Auckland et une fan‑zone locale, non officielle mais approuvée par la FIFA, à Parramatta, montrant que ces dispositifs produisent des expériences de spectateurs différentes et reflètent des visions contrastées du rôle social et culturel du football féminin.

Sécurité

Une étude menée dans le contexte de l’Euro 2020 montre que ces espaces et moments génèrent des besoins particuliers et adaptés de sécurité, car il remplissent à la fois des fonctions d'expérience sociale distincte (bien que souvent perçue comme un « événement dans l’événement »). Ils suscitent des défis opérationnels spécifiques en gestion des foules et de sécurité.

Les fan‑zones sont encouragées par l'industrie du sport et la FIFA comme solutions attractives pour renforcer l'engagement du public et l'exposer à la publicité, mais leur popularité croissante s’accompagne d’exigences organisationnelles et sécuritaires accrues, dans un contexte de menaces élargies.

Durant la pandémie de Covid-19, c'est l'un des types d'évènements qui ont été interdits en raison des risques de contagion liés à la promiscuité entre spectateurs.

Références

  1. ↑ (en) « Fan zone », sur fanzone.world (consulté le ).
  2. ↑ Liew, K. K. (2025). Outside your area: Negotiating K-pop fan zones in a Blackpink concert. East Asian Journal of Popular Culture, 11(2), 235-255. |url=https://intellectdiscover.com/content/journals/10.1386/eapc_00156_1
  3. 1 2 3 (en-US) Nico Didry, « Et si les fan-zones étaient plutôt des « fun zones » ? », sur The Conversation, (consulté le ).
  4. ↑ Daniel Vidal, « Émile Durkheim, Les formes élémentaires de la vie religieuse:Présenté par Michel Maffesoli. Paris, CNRS Éditions, 2008, 639 p. », Archives de sciences sociales des religions, vol. 144, no 4,‎ , p. 188–274 (ISSN 0335-5985, DOI 10.4000/assr.19183, lire en ligne, consulté le ).
  5. ↑ (en) Christopher Hautbois, Mathieu Djaballah et Michel Desbordes, « Stadiums vs fan zones. The influence of attending place on UEFA Euro 2016's host cities' image », Soccer and Society, vol. 21, no 5,‎ , p. 572–583 (DOI 10.1080/14660970.2019.1694006, lire en ligne, consulté le ).
  6. ↑ (en) « Slide Show: The Sochi Olympics County Fair », The New Yorker,‎ (lire en ligne).
  7. ↑ (en) Ken Belson, « Puzzle of Super Bowl Security Has to Include New Pieces (Published 2014) », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. ↑ Tim Spiers, « ‘No Scotland, no party' – watching the Euro 2024 opener on the Berlin fan mile », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  9. ↑ (en) Edward Mariyani-Squire, « Emergence and divergence of fan zones at the 2023 Women's World Cup : Beyond the stadium », Politics, Social Issues and the 2023 FIFA Women’s World Cup,‎ (DOI 10.4324/9781003507833-15/emergence-divergence-fan-zones-2023-women-world-cup-jessica-richards-andrew-grainger-edward-mariyani-squire, lire en ligne [archive du ], consulté le ).
  10. 1 2 (en) Jan Andre Lee Ludvigsen, « Between security and festivity: The case of fan zones », Soccer and Society, vol. 56, no 2,‎ , p. 233–251 (ISSN 1012-6902, DOI 10.1177/1012690219894888, lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

Bibliographie