Les faisceaux des licteurs (en latin : fasces lictoriae) sont les objets, de nature symbolique, portés par les licteurs devant certains magistrats romains, regroupant deux instruments de punition : des verges et une hache. Il s'agirait d'un des nombreux apports des Étrusques aux Romains.
À partir de la Révolution française, le faisceau du licteur est utilisé comme symbole politique. Il évoque la justice, la revendication d'une autorité légitime, la force collective, la République et parfois la révolution.

Les faisceaux des licteurs remontent au début de la République romaine, où ils étaient un symbole de l’imperium, qui est le pouvoir de contraindre et de punir (par les verges pour la flagellation, par la hache pour la peine de mort).
Les faisceaux antiques romains se composaient de verges — des baguettes de bouleau ou d’orme — assemblées et liées sur toute leur longueur avec des courroies en forme de fascine. Ces verges étaient distribuées aux soldats pour frapper un condamné qui circulait entre leurs rangs. Sous les rois et dans les premières années de la République, on plaçait aussi au milieu des verges une hache (securis), symbolisant la peine capitale ; mais, après le consulat de Publicola, aucun magistrat, excepté le dictateur n'eut le droit d'avoir les faisceaux avec une hache dans la ville de Rome, à l’intérieur du pomerium, d’où la peine de mort était exclue. Ils ne furent plus donnés qu'aux consuls à la tête de leurs armées et aux questeurs dans leurs provinces.
Strabon indique Tarquinia comme l'origine des faisceaux et des ornements consulaires. Selon Silius Italicus, l'usage viendrait de la cité de Vetulonia,.
Le faisceau de licteur, d'origine romaine, a été repris comme emblème à certaines époques par divers mouvements ou régimes politiques dans différents pays. En Europe, il figure dans les emblèmes de pays comme la Norvège, l'Autriche ou la Suisse (canton de Saint-Gall), souvent comme héritage romain de justice et d'autorité. En Espagne, l'emblème de la Garde civile est constitué d'un faisceau et d'une épée entrecroisés.
La Révolution française a utilisé des références à la République romaine antique dans son imagerie. Elle a réinterprété le symbole du faisceau de licteur : il perd son association avec la punition impériale pour symboliser l'union des citoyens défendant les idéaux révolutionnaires et représente l'union et la force des citoyens français réunis pour défendre la Liberté. L'Assemblée constituante impose en 1790 ces « antiques faisceaux » comme nouvel emblème de la France. Il représente la force unie du peuple, le pouvoir souverain, la justice et l'engagement pour la liberté. Le faisceau est rapidement adopté comme insigne de la nouvelle République. Il apparaît sur les sceaux officiels, les monnaies, les drapeaux et les armoiries de la Première République (1792-1804), souvent accompagné d'un bonnet phrygien ou d'une figure allégorique comme Marianne. Durant la Première République, surmonté du bonnet phrygien rouge, il est un hommage à la République romaine et signifie que le pouvoir appartient au peuple, et il symbolise l’union des quatre-vingt-trois départements français.
En 1848, puis après 1870, il figure sur le sceau de la République française, tenu par une figure allégorique de la Liberté. Il figure également sur les insignes des députés et sénateurs dits baromètres, que ceux-ci placent ostensiblement sur leurs véhicules. Assez souvent, la hache disparaît, remplacée par une pique.
Un faisceau de licteur est présent dans les armoiries de la République française.
Le président Valéry Giscard d'Estaing en a en outre placé un sur son drapeau présidentiel. En 2015, un logo représentant un faisceau stylisé est utilisé pour la communication sur internet de la présidence de la République française.
La symbolique officielle américaine utilise abondamment le faisceau, par exemple sur les sceaux du Sénat et du bureau de la Garde nationale, ou sur la statue d'Abraham Lincoln au Lincoln Memorial à Washington. Aux États-Unis, le faisceau prolifère dès le XIXe siècle comme symbole d'unité et de force, apparaissant dans l'architecture fédérale (Capitole, Maison-Blanche) et sur des monnaies comme la pièce de 10 cents de dollar américain Mercury (1916-1945).