Fausto Pirandello

Fausto Pirandello
Fausto Pirandello (à droite) avec son père Luigi et son frère Stefano, en 1931.
Naissance
Décès
(à 76 ans)
Rome (Italie)
Nom de naissance
Calogero Fausto Pirandello
Nationalité
Italienne
Activité
Maître
Sigmund Lipinsky, Felice Carena
Lieu de travail
Mouvement
École romaine
Père
Mère
Maria Antonietta Portulano (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Stefano Pirandello (en)
Rosalia Pirandello (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Calogero Fausto Pirandello, dit Fausto Pirandello, né le à Rome et mort dans la même ville le , est un peintre italien rattaché au mouvement de l'école romaine,.

Troisième enfant du dramaturge Luigi Pirandello et de Maria Antonietta Portolano, il passe son enfance au gré des déplacements de ses parents entre Rome et la Sicile. Il se forme d'abord à la sculpture dans l'atelier du graveur Sigmund Lipinsky, puis à la peinture, à partir du début des années 1920, à l'école ouverte par Felice Carena et Attilio Selva, où il a pour condisciples Emanuele Cavalli et Giuseppe Capogrossi.

Son séjour parisien, à la fin des années 1920, le met au contact des œuvres de Cézanne, de Braque et des peintres de l'École de Paris. De retour à Rome en 1930, il se rapproche de l'école romaine et de la galerie La Cometa, avant de développer un langage personnel, anticlassique et matiériste, appliqué aux sujets de la vie quotidienne : natures mortes, intérieurs, vues urbaines et nus.

Élu académicien de Saint-Luc en 1947, lauréat du premier prix de la Quadriennale de Rome au début des années 1950, il reçoit ensuite le prix du Fiorino, le prix Michetti et le prix Villa. Le romancier Corrado Alvaro le désignait en 1938 comme un « peintre des drames ».

La Galerie nationale d'art moderne de Rome lui consacre sa première grande rétrospective en 1976, et l'Institut culturel italien de Paris une rétrospective pour le cinquantenaire de sa mort.

Biographie

Enfance et formation

Calogero Fausto Pirandello naît à Rome le , troisième enfant de Luigi Pirandello et de Maria Antonietta Portolano, après Stefano, né en 1895, et Lietta, née en 1897,,.

Il vit son enfance et son adolescence en suivant ses parents dans leurs déplacements entre Rome, Girgenti — aujourd'hui Agrigente —, Favara, Soriano nel Cimino et Porto Empedocle, où il passe de longues périodes chez son grand-père maternel. Après 1903, à la suite des difficultés économiques qui frappent les activités familiales, il grandit dans un climat domestique tendu, marqué par la santé fragile de sa mère. Après ses études au convitto nazionale de Rome, il s'inscrit au lycée classique Torquato-Tasso, qu'il ne fréquente que deux années.

Il choisit tôt la peinture, après une première approche de la sculpture interrompue pour raisons de santé,,.

Appelé sous les drapeaux pendant la Première Guerre mondiale, il demeure en Italie pour raisons de santé, tandis que son frère Stefano est envoyé au front,.

Au sortir de la guerre, il se consacre au dessin et à la sculpture en fréquentant l'atelier du graveur Sigmund Lipinsky, puis, en 1919, les cours de l'École libre du nu,. En 1922, Felice Carena ouvre avec le sculpteur Attilio Selva une école d'art qui attire de jeunes artistes romains : Pirandello et Emanuele Cavalli comptent parmi les premiers inscrits, rejoints par Giuseppe Capogrossi en 1923,.

Ses recherches portent alors sur les élaborations chromatiques et formelles de Cézanne ainsi que sur l'expressionnisme allemand. Il expose à la Biennale de Venise de 1926 une Composizione encore cézannienne, qui le fait remarquer de la critique,.

Séjour parisien

Pirandello se rend à Paris, où il établit un atelier à Montrouge, et y complète sa formation au contact des œuvres de Cézanne, des cubistes, des surréalistes et des peintres de l'École de Paris,,.

L'Enciclopedia Treccani précise qu'il y étudie en particulier Cézanne et Braque, et rattache à ce séjour la Natura morta con molle de 1928, conservée à la Galerie nationale d'art moderne de Rome.

Il y fréquente le groupe des « Italiens de Paris », réunissant Giorgio De Chirico, Alberto Savinio et Filippo De Pisis, au contact duquel son travail prend des accents surréalisants. Sa première exposition parisienne a lieu chez la comtesse Castellazzy-Bovy, suivie en 1929 de sa première exposition personnelle, à la galerie Vildrac,.

De son union avec Pompilia D'Aprile, modèle originaire d'Anticoli Corrado, naît à Paris en 1928 son fils Pierluigi.

Retour à Rome

Rentré en Italie en 1930, Pirandello entre en contact avec l'école romaine et avec la galerie La Cometa. Il installe un atelier via Valenziani et continue de passer ses étés à Anticoli Corrado.

En 1931, la Galleria di Roma accueille sa première exposition personnelle italienne, où il présente aussi bien des œuvres réalisées à Paris que ses travaux romains les plus récents.

Après une phase tonale proche de l'école romaine, et en particulier de Mafai et de Scipione, sa peinture des années 1930 évolue de manière autonome, dans une réélaboration personnelle des suggestions européennes et de la tradition ancienne, avec des œuvres anticlassiques, à forte composante matiériste et à la mise en page originale.

Il expose à la Biennale de Venise de 1934 La scala, œuvre de grandes dimensions qui déconcerte les visiteurs, et présente à la Quadriennale de 1935 une exposition personnelle de dix-sept œuvres, première reconnaissance critique d'importance,,.

À partir de 1937, il s'attache à la galerie La Cometa de Rome et participe à l'exposition inaugurale de son antenne new-yorkaise. En 1939, il prend part aux manifestations du groupe antifasciste Corrente, à Milan, ainsi qu'à l'Exposition universelle de New York.

En 1940, il présente trois œuvres à la XXIIe Biennale de Venise, mais demeure déçu de l'espace qui lui est accordé.

Reconnaissance

En 1947, Pirandello est élu académicien de l'Académie de Saint-Luc en même temps que Giorgio De Chirico. En 1949 paraît la notice que lui consacre le poète Emilio Villa dans l'Enciclopedia Italiana de Treccani.

Il obtient le premier prix de la Quadriennale de Rome,, puis, dans la seconde moitié des années 1950 et les deux décennies suivantes, expose en Italie et à l'étranger, accompagné par les jugements critiques de Virgilio Guzzi, Fortunato Bellonzi, Lionello Venturi, Nello Ponente, Raffaele Carrieri et Antonello Trombadori.

Dernières années

En 1972, la galerie La Vetrata de Rome accueille sa dernière exposition personnelle, où il présente non seulement des huiles mais aussi des pastels et des lithographies. La même année, il participe une dernière fois à la Quadriennale romaine, refermant ainsi son parcours dans la manifestation même qui l'avait fait connaître en 1935.

Son tempérament timide et isolé s'accentue durant ces dernières années, qu'il passe dans sa maison de la via degli Scialoja. Interrogé en 1969 par un journaliste qui relevait dans ses derniers tableaux un retour à la réalité objective, il répondait ne s'être jamais écarté d'une référence au réel, précisément parce que la réalité est l'invention que chacun fait du monde qu'il perçoit.

Il meurt à Rome le , d'un emphysème pulmonaire,.

Œuvre

Caractères

Pirandello s'attache aux aspects de la vie quotidienne et de la solitude, peignant sans emphase célébrative des vues de ville, des intérieurs et des natures mortes. Il exécute également des portraits de technique expressionniste, avant de se tourner vers l'abstraction, entendue comme élimination de tout élément naturaliste et recherche sur la matière et la couleur.

Dans la notice qu'il lui consacre en 1949, Emilio Villa décrit une vision minutieuse, presque terre à terre, de l'objet : cherchant à le clarifier et à le définir, le peintre l'assombrit ou le torture. De là naissent une rudesse opaque, un reflet sableux et hallucinatoire de la matière, et une obsession du monochrome à peine varié par l'intensité et l'épaisseur de la pâte.

La Estorick Collection de Londres décrit une peinture exprimant une vision de la réalité crue et charnelle. L'accent mis sur la physicalité du corps humain, plutôt que sur sa présence psychologique, caractérise des compositions énigmatiques, marquées par leur ambiguïté spatiale, l'absence de significations immédiatement identifiables, une monumentalité silencieuse et un sentiment de drame existentiel.

Larousse voit dans sa série de nus féminins l'expression la plus achevée de son réalisme magique, où une matière dense et épaisse traduit la réalité physique des corps.

Œuvres principales

Sélection
AnnéeTitreConservation ou exposition
1923Composizione con nudi e pantofole gialle
1928Natura morta con molleRome, Galerie nationale d'art moderne
1930Donne con salamandra
1930-1931Ritratto di LiettaRome, Institut d'études pirandelliennes
1933Oggetti
1934La scalaBiennale de Venise de 1934 ; collection Gualino,,
1934Interno di mattinaBiennale de Venise de 1934 ; collection Gualino,
1934Il bagno
1934-1935Tetti
1935Crocifissione laica
vers 1938SiccitàRome, Galerie nationale d'art moderne
1939Spiaggia affollata
1948Natura mortaTurin, Galerie civique d'art moderne

Distinctions

Réception

Le romancier Corrado Alvaro le définissait en 1938 comme un « peintre des drames », formule que la critique a conservée.

La Estorick Collection le tient pour l'un des peintres les plus influents actifs en Italie entre les années 1930 et les années 1950, et indique que son travail constitua un exemple pour Renato Guttuso ainsi que pour des peintres italiens cherchant, durant la Seconde Guerre mondiale, une intensité expressive adaptée à l'urgence de l'époque.

Selon Finestre sull'Arte, il demeure un acteur actif mais souvent solitaire de la scène italienne d'après-guerre, pris entre les camps opposés de la figuration et de l'abstraction, et cherche entre ces deux langages une synthèse laborieuse.

L'Institut culturel italien de Paris le présente comme un artiste dont la recherche solitaire et introspective anticipe certaines tensions de la peinture du XXe siècle, de Lucian Freud aux figuratifs contemporains.

Expositions posthumes

En 1976, la Galerie nationale d'art moderne de Rome organise la première grande rétrospective de son œuvre,.

Une exposition anthologique en deux volets, Fausto Pirandello, la magia del quotidiano, est confiée à Fabio Benzi et Flavia Matitti. Elle porte principalement sur les trente dernières années d'activité du peintre et associe la fondation et l'association qui portent son nom ainsi que l'Institut d'études pirandelliennes consacré à son père.

L'Institut culturel italien de Paris présente Fausto Pirandello. La peinture et la condition humaine, rétrospective organisée pour le cinquantenaire de sa mort,.

Notes et références

Notes

  1. ↑ La notice de Larousse indique par erreur 1889 comme année de naissance du peintre.
  2. 1 2 3 4 Ces notices émanent de galeries ou de services d'expertise présentant par ailleurs des œuvres de l'artiste.
  3. ↑ Les sources divergent sur les bornes de ce séjour : l'Enciclopedia Treccani le fait débuter en 1927, en compagnie de Giuseppe Capogrossi, tandis que la plupart des notices retiennent 1928-1930.
  4. 1 2 Les sources divergent sur l'année : 1952 selon la notice d'AITART, 1951 selon le Dictionnaire Bénézit repris par la version antérieure de l'article.
  5. 1 2 3 4 5 Ces titres figuraient dans la version antérieure de l'article ; ils demandent à être appuyés sur le catalogue général établi par Claudia Gian Ferrari.
  6. ↑ La datation varie : 1933 selon la version antérieure de l'article, 1934 selon la Fondation Fausto-Pirandello.

Références

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  2. ↑ « Fausto Pirandello (Calogero Fausto Pirandello, dit) », sur Centre Pompidou (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (it) « Biografia », sur Fondazione Fausto Pirandello (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 (it) « Biografia », sur Associazione Culturale Fausto Pirandello (consulté le ).
  5. 1 2 3 « Fausto Pirandello. La peinture et la condition humaine », sur Istituto Italiano di Cultura di Parigi (consulté le ).
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  12. 1 2 3 (en) « Fausto Pirandello : 1899-1975 », sur Estorick Collection of Modern Italian Art (consulté le ).
  13. 1 2 3 4 « Fausto Pirandello », sur Egidi MadeinItaly (consulté le ).
  14. ↑ (it) Emilio Villa, « Pirandello, Fausto », sur Enciclopedia Italiana, Treccani, (consulté le ).
  15. 1 2 3 (en) « Fausto Pirandello, the drama painter who challenged figuration and abstraction », sur Finestre sull'Arte (consulté le ).
  16. ↑ « Exposition Fausto Pirandello. La peinture et la condition humaine », sur L'Officiel des spectacles (consulté le ).

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes