Le Chat sauvage de Crète est une population de petits félins sauvages du genre Felis qui peuplent l'île méditerranéenne de Crète, en Grèce. Son statut taxonomique demeure incertain : plusieurs biologistes le considèrent comme une forme introduite, comme un représentant du Chat sauvage d'Europe (Felis silvestris silvestris) ou encore comme un hybride entre ce dernier et le chat domestique (Felis catus). Il a longtemps été considéré comme une sous-espèce distincte du chat sauvage sous le nom de Felis silvestris cretensis.
Le Chat sauvage de Crète est initialement décrit en 1905 par Dorothea Bate sous le nom trinomial Felis ocreata agrius. Ce statut est contesté dès 1907 par Reginald Innes Pocock, qui soutient que la peau correspond à celle d'un chat haret. En 1912, Gerrit Smith Miller Jr. l'élève au rang d'espèce distincte sous le nom de Felis agrius. Pocock examine à nouveau le spécimen type dans les années 1940 et maintient qu'il s'agit d'un simple chat domestique.
En 1953, le zoologiste Theodor Haltenorth propose le nom de Felis silvestris cretensis pour un second spécimen collecté en même temps que le premier, soulignant que cette dépouille ressemble à celle d'un chat sauvage d'Afrique mais présente la queue touffue caractéristique du Chat sauvage d'Europe. Plusieurs auteurs ultérieurs ont plutôt envisagé de le rattacher au Chat ganté sous la combinaison Felis lybica cretensis,.
Au cours des années 1980, le taxonomiste Colin Groves procède à l'examen morphométrique de plusieurs spécimens de chats originaires des îles méditerranéennes et conclut que les deux peaux collectées en Crète s'écartent des caractéristiques des véritables chats sauvages, devant être regardées comme issues de chats harets. Cette interprétation a été provisoirement retenue par le groupe de classification des félidés de l'UICN lors de sa révision de 2017.
L'île de Crète est isolée du continent depuis environ six millions d'années. Les données paléontologiques révèlent que l'île a été colonisée au cours du Pléistocène par des taxons de mammifères capables de traverser les étendues marines à la nage. La faune mammalienne endémique du Pléistocène crétois regroupait des rongeurs et des herbivores, sans qu'aucun vestige de prédateur n'ait été découvert, et ces mammifères du pléistocènes ont disparu avant le début de l'Holocène. Plus de 9 000 ossements d'animaux datés de la fin de la période géométrique (vers le VIIIe siècle av. J.-C.) ont été mis au jour à la fin des années 1980 sur le site archéologique de Kavousi Kastro, dans l'est de l'île ; ces restes comprenaient un spécimen identifié comme un chat domestique. Des fragments osseux de chat domestique datant des VIe siècle et VIIe siècle siècles ont également été identifiés sur le site archéologique de Gortyne.
En octobre 2017, la presse grecque a relayé la capture d'un félin sauvage par un éleveur d'ovins sur le plateau d'Omalós, après la pose de pièges destinés à capturer un prédateur s'attaquant à de jeunes agneaux. Cette capture a été documentée par des photographies et des séquences vidéo de l'animal captif,,,.