| Règne | Animalia |
|---|---|
| Classe | Mammalia |
| Sous-classe | Theria |
| Infra-classe | Eutheria |
| Ordre | Carnivora |
| Sous-ordre | Feliformia |
| Famille | Felidae |
| Sous-famille | Felinae |
| Genre | Felis |
| Espèce | Felis lybica |
Le Chat sauvage de Corse, également connu sous le nom de Chat-renard, du corse ghjattuvolpe, est une population de petits félins sauvages du genre Felis vivant isolés sur l’île méditerranéenne de Corse, en France.
À l'occasion de ses recherches sur l'hypothétique « Lynx de Corse », une nouvelle espèce de Chat sauvage, Felis reyi, est décrite en 1929 par Louis Lavauden (1881-1935) et nommée ainsi en hommage à Monsieur Rey-Jouvin, professeur au Lycée de Bastia, qui lui avait apporté le crâne et la peau d'un félin de taille relativement faible (85 cm en tout), à queue plutôt courte.
Cette nouvelle espèce est reléguée au rang de sous-espèce de Felis lybica par Pocock (1934) et Ellerman et Morrison-Scott (1951), c'est-à-dire Felis lybica reyi, puis de Felis silvestris par Haltenorth (1957), c'est-à-dire Felis sylvestris reyi.
En 2017, la sous-espèce, renommée sous le nom de Felis lybica reyi a été retirée de la liste des taxons valides par la Cat Specialist Group de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la raison étant l’insuffisance de donnée moléculaires, mais surtout son introduction probable par l’Homme sur l’île. Le nom Felis silvestris reyi, est considéré comme un synonyme junior, et donc invalide dans la base de données du Système d'information taxonomique intégré , entre autres…
Cependant, en 2023, une étude de génomique des populations publiée dans la revue Molecular Ecology a apporté les premières preuves moléculaires de la singularité du chat sauvage de Corse : en utilisant le séquençage ddRADseq sur 3 671 polymorphismes nucléotidiques simples, les chercheurs ont démontré que les individus présentant le phénotype corse forment une unité génétique homogène et distincte des chats forestiers d’Europe (Felis silvestris silvestris) et des chats domestiques (Felis silvestris catus) de Corse et du continent. L'analyse révèle que le chat sauvage corse est génétiquement plus proche des populations de Sardaigne que des chats domestiques, suggérant une origine liée à l'introduction de spécimens du Proche-Orient (Felis silvestris lybica) lors des migrations humaines vers la Méditerranée au néolithiques. Les auteurs concluent que cette lignée représente une Unité de Gestion (MU) unique et préconisent sa reconnaissance en tant que sous-espèce distincte au sein du complexe Felis silvestris afin de garantir sa protection légale face aux menaces d'extinction et d'hybridation.
Le nom de chat-renard, serait dû à la longueur de l'animal et celle de sa queue,. D'après l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), l'apparence de l'animal est différente de celle d'autres chats sauvages : 90 cm de la tête au bout de la queue, pavillon des oreilles très larges, courtes moustaches, canines très développées. Tarses des pattes postérieures toujours très noirs, couleur rousse-rouille sur le ventre, densité de poil très importante qui le préserve des puces, poux ou tiques. Queue très fournie avec entre 2 et 4 anneaux et toujours un manchon terminal bien noir, zébrures sur les pattes antérieures très caractéristiques,.
Le chat-renard a une aire de répartition limitée à la Corse. Il est particulièrement présent dans la vallée d'Asco en Haute-Corse.
En Corse, le chat-renard a été observé aussi bien en plaine qu'en altitude et il a été démontré, grâce aux colliers GPS placés sur plusieurs individus capturés puis relâchés, qu'il est un grand voyageur.
Le ghjattuvolpe est un animal plus ou moins mythique en Corse, évoqué dans les récits des habitants.
Cette population de chats sauvages était traditionnellement reconnue comme distincte des chat harets,, mais pas recensée officiellement, car très discrète et de mœurs nocturnes. Si sa présence historique était attestée, sa survie sur l'île était contestée jusqu'aux années 1980, malgré les données historiques et les témoignages de chasseurs ou de bergers.
La population du chat-renard est actuellement menacée.
Cependant, à partir de 2008, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) étudie l'animal à la suite de la capture inopinée d'un chat dans un poulailler d'Olcani, dans le Cap Corse.
Le chef-technicien de l'ONCFS obtient en 2019 des moyens importants pour lancer un programme de recherche, ce qui lui permet de prétendre révéler l'existence de cette population qu'il étudie depuis plus d'une dizaine d'années,. Un animal vivant est présenté aux médias début 2019. Cette population sauvage de félins corses était déjà connue depuis de nombreuses décennies, mais en les données sont encore insuffisantes pour déterminer sa position taxinomique et un garde de l'ONCFS relayé par la presse généraliste, se demande s'il peut s'agir d'une sous-espèce ou même d'une nouvelle espèce de chat,,,.