Dans une narration, une prolepse (en anglais flashforward, saut en avant) intervient lorsque le spectateur est informé d'un élément du récit qui est censé se dérouler dans un temps futur par rapport au temps principal du récit, figure que l'on peut opposer au flashback. Il s'agit d'une inversion, d'un anachronisme, la prolepse cinématographique étant l'équivalent de la prolepse en littérature.
Les prolepses sont généralement très courtes, réduites à une séquence, elle-même le plus souvent réduite à un seul plan. Elles peuvent apporter une information nécessaire aux spectateurs pour comprendre l'histoire ou alimenter le suspense.
Une prolepse doit être suivie d'un retour au temps initial : dans le cas contraire, il s'agit d'une ellipse narrative, c'est-à-dire un saut temporel sans modification de la chronologie. Les prolepses sont souvent présentées sous la forme d'une prémonition, ou plutôt d'une précognition d'un personnage.
Les prolepses présentent un avenir pouvant soit être modifié, soit inciter les spectateurs à s'interroger sur les tenants et aboutissants conduisant à celui-ci.
La première prolepse de l'histoire du cinéma apparaît dans le film Life of an American Fireman, sorti en 1903, au début duquel le réalisateur Edwin S. Porter montre un pompier somnolent, visité par une vision logée dans une image circulaire impressionnée au bord du plan, révélant à cet homme qu'un incendie est sur le point de se déclarer, mettant en danger la vie d'une jeune femme et de sa fille. Depuis, le procédé a été oublié, les cinéastes préférant le rêve ou le cauchemar prémonitoires.
Il sera utilisé plus tard dans les films suivants :