| Fort de Chillon (A390) | |||
Le fort de Chillon est situé en face du château dans la paroi rocheuse et la pente au-delà du viaduc. | |||
| Lieu | Veytaux | ||
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| Fait partie de | Fortifications de Saint-Maurice (de) | ||
| Type d’ouvrage | Fort d'artillerie d’arrêt puis fort d'infanterie | ||
| Construction | 1941-1942 | ||
| Matériaux utilisés | Creusé dans la roche, béton, acier | ||
| Utilisation | 1942-1994 | ||
| Utilisation actuelle | Musée | ||
| Ouvert au public | oui | ||
| Contrôlé par | |||
| Garnison | 1942 : cp art fort 9 devenue en 1943 la cp art fort II/4, groupe fort 4, rgt fort 19, br fort 10 1978 : cp ouv 55 |
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| Effectifs | 131 | ||
| Site internet | fortdechillon.ch | ||
| Coordonnées | 46° 24′ 55″ nord, 6° 55′ 45″ est | ||
| Géolocalisation sur la carte : Suisse
Géolocalisation sur la carte : canton de Vaud
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Le fort de Chillon est un ouvrage militaire situé sur la Riviera vaudoise en face du château de Chillon en Suisse. Construit entre 1941 et 1942 comme fort d'artillerie et d'infanterie, il perdit sa mission d'artillerie en 1978 et ne servit plus qu'à interdire l’étroit passage entre le Léman et le versant abrupt des Préalpes vaudoises afin de protéger l'accès au Chablais depuis le plateau (et inversement). Implantée sur un « passage obligé », la position de barrage de Chillon « constitue probablement en Suisse un des exemples les plus frappants de la continuité historique en matière de renforcement de terrain ». Outre le fort, une douzaine d'ouvrages d’infanterie, une dizaine de barricades routières et obstacles antichars ainsi que plusieurs ouvrages minés (de) constituent cette position de barrage. Un musée interactif et immersif est ouvert dans le fort depuis .
Dans une étude datant de 1882 le colonel Aubert proposait de barrer l’axe du Simplon à Chillon. En 1939, les premières fortifications de campagnes sont érigées dans les jardins du château de Chillon.
Construit comme fort d'artillerie et d'infanterie dans la première moitié de l'année 1941, l'ouvrage est remis à l'armée suisse en 1942 et occupé pour la première fois en août. Dès 1942, le fort de Champillon couvre de son artillerie la position de barrage de Chillon. Le fort sera transformé et agrandi en 1960, l'entrée en bordure de route est déplacée plus au Sud (arrêt du bus) et un magasin à munitions est réalisé selon les nouvelles normes. En 1978, il perd sa fonction d'artillerie et conserve uniquement son rôle de fort d'infanterie. Il est utilisé comme fortification militaire jusqu'en 1994 et fut déclassé « secret défense » le .

En 2004, l'État de Vaud renonce à racheter le fort, tout comme la commune de Veytaux une année plus tard. C'est finalement un groupe privé qui le rachète en 2010 et le transforme pour accueillir des caves à vin privées. Des évènements culturels sont également organisés sur les lieux, tout comme des visites guidées, éventuellement couplées à celles du Château de Chillon situé de l'autre côté de la route.
En est créée la société Fort de Chillon. En 2018, elle obtient l’obtention du permis de construire d'un musée, permettant le lancement du projet d'un coût global de 9 millions. Le musée du Fort de Chillon ouvre en .
En 1942 l’ouvrage d’artillerie est d'abord occupé par la compagnie d'artillerie de forteresse 9 (cp art fort 9) devenue en 1943 la compagnie d'artillerie de forteresse II/4 (cp art fort II/4) subordonnée au groupe fort 4 dont l’état-major occupait le fort de Champillon en dessus d’Aigle, lui-même subordonné administrativement au régiment de forteresse 19 (rgt fort 19) qui occupait tous les ouvrages de la compagnie garde-forts 10 (cp GF 10), soit Champillon (A365), Petit-Mont (A130), Toveyres (A140), Savatan (A200), Dailly (A250), Scex (de)/Ermitage (A160), Cindey (A155), Les Follatères (de) (A66), Vernayaz (A68/69), Champex (de) (A46) et Commeire (de) (A27). La subordination tactique de la garnison du fort était l’affaire du régiment d'infanterie 88 (rgt inf 88), ce régiment, comme le régiment de forteresse 19, était subordonné à la brigade de forteresse 10 (br fort 10), elle-même subordonnée à la division de montagne 10 (div mont 10) du corps d'armée de montagne 3 (de). La cp art fort II/4 occupait également deux ouvrages et cinq fortins d'infanterie entourant le fort, ainsi que les ouvrages de Fenalet (St-Gingolph), sur la rive opposée du lac, et de la Porte du Scex. La défense extérieure était assurée par une section du régiment d'infanterie 88 (rgt inf 88), lui aussi subordonné à la brigade de forteresse 10. Elle occupait un ouvrage d’infanterie situé au-dessus du fort.
En 1978, l’ordre de bataille changea et la compagnie d'ouvrage 55 (cp ouv 55) fut créée, elle était subordonnée au régiment d'infanterie de montagne 5 (rgt inf mont 5), elle-même subordonnée à la brigade de forteresse 10 (br fort 10). Elle occupait alors le fort d'infanterie de Chillon, les ouvrages précédemment cités et neuf fortins d'infanterie du point d'appui Grande Eau. Durant cette période, les ouvrages minés (OMI) étaient préparés par la compagnie de minage 50 (cp mi 50). La compagnie d'ouvrage 55 occupa le fort jusqu'au plan directeur Armée 95 qui condamna partiellement l’ouvrage. Le dernier cour de répétition de la compagnie eut lieu en 1994.

Le fort avait sous sa responsabilité la position de barrage de Chillon sur l'axe Riviera - Chablais vaudois et les positions de barrage du Fenalet et de la Porte du Scex sur l'axe France - Saint-Gingolph - Chablais valaisan auxquelles le fort apportait un soutien d'artillerie.
Les barrages sont constitués ici d'obstacles antichars permanents (toblerones,, réseau de rails plantée dans le sol), de barricades antichars routières (rails enfilés à la verticale dans des puits préparés dans la route) et d'ouvrages minés OMI (ici routes, voies ferrées et viaduc) préparées à la destruction) battus par des positions armées protégées (ouvrage sous roc, fortin).
Les ouvrages minés (Omi) (Sprengobjekt (de) SprO) étaient préparés par la cp mi 50. Du nord au sud :
Premier barrage sur la rive sud du Léman pour l'accès au Chablais valaisan, le barrage du Fenalet est situé à la sortie de Saint-Gingolph en direction du Bouveret entre le lac et la base du Grammont. Le fort de Chillon, situé sur la rive opposée du lac à environ 9 400 mètres de distance, assura la couverture d'artillerie de 1942 à 1978, année de la fin de la fonction artillerie du fort. Le fort de Champillon couvrait le barrage de son artillerie de 1943 à sa mise hors service en 1994.
Il était constitué d'une barricade antichar sur la route principale entre le mur de soutènement de la ligne de chemin de fer et un bâtiment au bord du lac. Il était sous le feu d'un ouvrage d'infanterie souterrain et creusé dans le roc placé quelques centaines de mètres en retrait dans une butte entre la route et la voie ferrée. À sa construction l’armement comprenait un canon antichars Pak 41 de 4,7 cm, remplacé plus tard par un Pak 50/57 (de) de 9 cm sur affût à pivot, et une mitrailleuse. En outre la route et le mur de soutènement de la voie de chemin de fer, qui constituaient ici des ouvrages minés (OMI), pouvaient d'être détruits sur plusieurs dizaines de mètres.
Le barrage de la Porte du Scex, prévu dès 1937, est le premier barrage de la rive gauche du Rhône et donc le second sur l'axe Saint-Gingolph - Saint-Maurice. Jusqu'à l'ouverture en 2012 du pont de la nouvelle H144 en aval, le pont routier construit en 1909 juste en amont du château de la Porte du Scex constituait le premier pont routier traversant le Rhône en venant depuis le Léman en direction du sud. La couverture d'artillerie était assuré par le fort de Chillon de 1942 à 1978 et par le fort de Champillon de 1943 à 1994.
Une ligne de toblerones en avant du château entre la paroi rocheuse (le Scex), le canal Stockalper et le Rhône constituait le barrage. Des barricades antichar mobiles (puits verticaux pour rails) était implantée sur la route principale et la voie ferrée. Le pont sur le Rhône était miné (OMI). Un ouvrage d'infanterie (A370) situé dans le rocher (scex) battait le barrage. Il était constitué d'une casemate avec mitrailleuse, d'une casemate observatoire/tir fusil mitrailleur (puis remplacé par le Fass 57), d'une casemate avec canon antichar de 9 cm, ainsi que d'un cantonnement étanche aux gaz avec un central de transmission (Central TF) et d'un local de matériel. L'entrée se trouve au sud du rocher.
En raison de la stratification des phases de fortifications de la Porte du Scex, la position est reconnue de valeur historique nationale. Elle représente « un exemple particulièrement marquant de permanence dans un passage déjà tactiquement fort géographiquement parlant ».
En est créée la société Fort de Chillon. En 2018, elle obtient l’obtention du permis de construire d'un musée, permettant le lancement du projet d'un coût global de 9 millions. Le musée ouvre en . Plus de 2 000 m2 et quelque 20 pièces sont maintenant visitables au public. Outre la visite du fort, le musée intègre les enjeux du réduit national, propose une simulation de la vie quotidienne de la garnison ainsi qu'une salle de jeux de stratégie en réalité augmentée et 3D sur l’histoire et la géographie sous un angle interactif.
Au-delà de la dimension historique, le musée propose également des technologies de réalité virtuelle, des quiz et des jeux de stratégie.