Fort de Dave

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Fort de Dave
Image illustrative de l’article Fort de Dave

Lieu Dave
Drapeau de la Belgique Belgique
Fait partie de Position fortifiée de Namur
Type d’ouvrage Fort
Construction 1888-1892
Matériaux utilisés béton non-armé
Utilisation Défense de Namur
Ouvert au public  Non
Appartient à Drapeau de la Belgique Belgique
Contrôlé par Armée belge
Guerres et batailles Siège de Namur
Campagne des 18 jours
Coordonnées 50° 25′ 17″ nord, 4° 53′ 25″ est
Géolocalisation sur la carte : Belgique
(Voir situation sur carte : Belgique)
Fort de Dave

Le fort de Dave est un des neuf forts semi-enterrés composant la position fortifiée de Namur établie à la fin du XIXe siècle en Belgique. Ce fort est construit de 1888 à 1892 selon les plans du général Brialmont. Contrairement aux forts français construits à la même époque par Séré de Rivières, ce fort était en béton non-armé, nouveau matériau pour l'époque, au lieu de maçonnerie. Lors du siège de Namur, en , le fort est lourdement bombardé par l'artillerie allemande. Il est remis à niveau en 1930 dans l'espoir de prévenir ou ralentir une, alors hypothétique, attaque allemande. En 1940, il est attaqué le et est capturé 9 jours plus tard. Actuellement, le fort est à l'abandon.

Description

Le fort de Dave est situé à 5 km au sud de Namur. C'est un des petits forts Brialmont de la position fortifiée de Namur. Les petits forts de Namur sont en raison de leur taille inférieure moins bien pourvus en artillerie, en artilleurs et en fantassins. Ce personnel fait partie des troupes de forteresse relevant de l'armée d'active. Le fort surplombe d'un côté un plateau agricole vallonné et de l'autre la vallée accidentée de la Meuse. Les trois forts de la position situés sur la rive droite de la Meuse étaient reliés par une voie ferrée militaire. Il est intercalé entre le fort d'Andoy au nord-est et le fort de Saint-Héribert à l'ouest.

Le fort a une forme triangulaire. Un massif central en béton protège le bureau de tir (centre nerveux du fort) ainsi que les magasins et les coupoles de tir. Au sommet du massif central, le massif dispose d'un phare à éclipse susceptible de transmettre aux forts voisins des signaux lumineux en morse,. L'armement du fort de Dave inclut une coupole rotative avec un canon de 210 mm, une coupole avec deux canons de 150 mm et deux coupoles avec un canon de 120 mm. Il possède également trois tourelles rétractables équipées de canons de 57 mm pour la défense rapprochée. Six canons de 57 mm à cadence rapide ainsi que deux canons mobiles équipent les casemates pour la défense des fossés et de la poterne,. L'artillerie lourde du fort est de fabrication allemande (Krupp) alors que les mécanismes des tourelles sont d'origines diverses. Il est entouré de fossés profonds de 6 mètres et larges de 8 et qui sont défendus en enfilade par des canons de 57 mm rassemblés dans des casemates situées dans la contrescarpe.

La communication entre les forts voisins se font au moyen de signaux lumineux. Les canons utilisent la poudre noire, ce qui produit des gaz asphyxiants dans les espaces confinés et qui se propagent dans le fort.

Les forts belges faisant peu de provisions par rapport aux besoins quotidiens d'une garnison en temps de guerre et les latrines, douches, cuisines et morgue se retrouvant dans la contrescarpe, les rendent intenables pendant des combats. Cela aura des conséquences importantes sur la capacité des forts à résister à un assaut de longue durée. La zone de service est placée en face des baraquements qui donnaient sur le fossé à l'arrière du fort (dans ce cas, en direction de Namur) et qui bénéficient d'une protection moindre que le front ou les saillants. Les forts conçus par Brialmont possèdent le côté arrière plus faiblement défendu pour permettre une recapture par les forces belges. Commodités et baraquements sont localisés dans cette partie du fort, le fossé apportant lumière et ventilation aux espaces de vie. Au combat, les bombardements intenses rendent le fossé arrière intenable et les forces allemandes ont su profiter de cette faiblesse après avoir franchi l'espace entre deux forts. Les forts Brialmont sont cependant conçus pour résister à un bombardement de canons de 210 mm. Le sommet du massif central est épais de 4 m de béton non-armé alors que les murs de la caserne, jugés moins exposés, n'en font que 1,5 m.

Histoire

Construction

Les trois forts situés sur la rive droite de la Meuse (Maizeret, Andoy et Dave) étaient reliés par un chemin de fer militaire avec une réserve de matériaux (galets et sable) à Maizeret. Les matériaux étaient délivrés par voie d'eau via la Meuse à Samson et étaient remonté jusqu'au fort par un plan incliné.

Première Guerre mondiale

En 1914, le fort est servi par 269 artilleurs et 82 soldats des troupes de forteresse sous les ordres du capitaine-commandant Eugène Manteau.

Le fort est bombardé le de 14 h 30 sans grands résultats. Le au lever du jour, le bombardement devient intense. Vers 13 h, des batteries allemandes atteignent le fort par la gorge ; l'escarpe devient intenable. Le fort se rend le à 15 h,.

Entre-deux-guerres

En 1930, l'armement du fort est amélioré dans le but de dissuader une éventuelle incursion allemande. La coupole de 150 mm est remplacée par une tourelle de 75 mm à longue portée. Les trois tourelles rétractables de 57 mm sont quant à elles échangées contre des tourelles, également éclipsables, de 75 mm. Les deux coupoles de 120 mm sont rééquipées, l'une avec deux mitrailleuses et l'autre avec un lance-grenade. L'entrée est dotée de deux positions de mitrailleuses et d'un lance-grenade. La protection est substantiellement améliorée ainsi que la ventilation, les commodités et la communication notamment par l'installation de l'électricité. La zone entourant le fort est renforcée de deux larges bunkers, appelés abri de la Relève et abri du Troonois. L'abri de la Relève est armé de deux postes de mitrailleuses et d'une cloche d'observation et l'abri du Troonois par deux mitrailleuses et un canon anti-char de 60 mm. La nouvelle prise d'air est camouflée dans la falaise surplombant la Meuse à 860 m au nord-ouest du fort. Elle fournissait également un accès direct aux deux abris.

Seconde Guerre mondiale

En 1940, durant la bataille de France, le fort est commandé par le capitaine-commandant Noël. Il est attaqué le et se rend le en ne comptant qu'une seule victime.

Situation actuelle

L'accès est interdit au public et reste une propriété domaniale. La plupart des pièces métalliques ont été pillées et le fort a servi à des tests d'explosifs par la 67ème Compagnie du Génie de Combat d'Amay et par l'École du génie de Jambes,. Il n'a jamais été réparé ou réhabilité après la Seconde Guerre Mondiale.

Références

  1. ↑ Michel Halon, « Historique du Fort de Maizeret: Avant 1914 »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), Village du Maizeret (consulté le )
  2. ↑ Luc Malchair, Les Oubliés de Marchovelette, ASBL Comité de sauvegarde du patrimoine historique du fort de Hollogne,
  3. 1 2 (en) Clayton Donnell, The Forts of the Meuse in World War I, Oxford, Osprey, , 64 p., poche (ISBN 978-1-84603-114-4, LCCN 2007275453)
  4. 1 2 3 Donnell, p. 17
  5. 1 2 3 4 5 Jean Puelinckx, « Malonne (fort de) », Index des fortifications belges, fortiff.be
  6. ↑ Donnell, p. 36
  7. ↑ Donnell, p. 52
  8. ↑ Donnell, p. 12
  9. ↑ Colonel Michel Halon, « Histoire du Fort de Maizeret », sur www.maizeret.be
  10. ↑ Les forts d'Emines et de Cognelée, La Bruyère, Maison de la mémoire rurale. Syndicat d'initiative de La Bruyère, , p. 58
  11. ↑ Donnell, p. 55-56
  12. ↑ Andre Lessire, « Circuit de la Position Fortifiée de Namur » (consulté le )
  13. ↑ Jean Puelinckx, « Conservation de Dave », Index des fortifications belges, fortiff.be
  14. ↑ Donnell, p. 59

Annexes

Articles connexes

Liens externes