
Le Free cinema (littéralement « cinéma libre ») est un courant du cinéma britannique apparu au milieu des années 1950 et caractérisé par une approche documentaire sans compromis.
Les films réalisés à l'époque du Free Cinema dépeignent les conditions de vie de la classe ouvrière d'un manière réaliste et sans filtre.
Le travail documentaire de réalisateurs tels que Lindsay Anderson, Tony Richardson, et Karel Reisz, a conduit à des collaborations avec des scénaristes issus du mouvement des Angry young men, donnant naissance à des longs métrages, une « Nouvelle vague britannique », souvent comparée à la Nouvelle Vague, l'école esthétique française qui s'est développée au tournant des années 1960.
Aux origines de ce courant — le terme « mouvement » sera réfuté par les fondateurs — on trouve la revue trimestrielle de cinéma Sequence — appelée originellement Film Society Magazine —, lancée en 1947, où Lindsay Anderson, Peter Ericsson, Gavin Lambert (en) et Karel Reisz, alors étudiants, rédigeaient des critiques, dans le cadre de la Oxford Film Society. La revue qui s'interrompt en 1952, compte 14 numéros. Dès la deuxième livraison, elle prend son indépendance, s'installe à Londres, et attaque le conservatisme du cinéma britannique ; certains comme Lambert prennent dès 1949 les commandes de Sight and Sound ; Anderson de son côté commence à réaliser des documentaires dès 1947 (Meet the Pioneers). En 1955, le British Film Institute cofinance le premier documentaire de Tony Richardson et Karel Reisz, Momma Don't Allow (en), portant sur le jazzman Chris Barber. Parmi les quotidiens qui soutiennent ce nouveau genre de films, on compte New Statesman.
L'année suivante, le 5 février 1956, Lindsay Anderson, Richardson, Reisz et Lorenza Mazzetti signent le manifeste du British Free Cinema qu'ils impriment et distribuent au National Film Theatre (en) (Londres), ouvrant à une première séance de programmation de films documentaires. Il y aura six séances en tout, jusqu'en mars 1959.
Les programmes 1, 3 (Look at Britain), et 6 (The Last Free Cinema) sont uniquement composés de réalisateurs britanniques et constituent à la fois l'événement culturel à l'origine du mouvement et son axe central.
La deuxième séance de programmation () présenta des œuvres de Georges Franju (Le Sang des bêtes), Norman McLaren (Neighbours) et Lionel Rogosin (On the Bowery).
La quatrième, (Polish Voices, ), fit découvrir au public londonien les œuvres phares de la nouvelle école polonaise (on y trouve Roman Polanski et Walerian Borowczyk).
Dans la cinquième programmation, intitulée French Renewal (), étaient présentes les toutes premières œuvres de ce qui n'était pas encore appelée par la critique, la Nouvelle Vague : Le Beau Serge de Claude Chabrol et Les Mistons de François Truffaut.
Les signataires s'inscrivent dans la lignée du réalisateur et théoricien britannique John Grierson. Au moment de passer à la réalisation de longs métrages, ils durent faire certaines concessions, mais l'esprit demeura dans un certain nombres de films britanniques produits au début des années 1960.
Ce courant cinématographique va de pair avec le courant littéraire des Angry Young Men (« jeunes gens en colère »), dont certains réalisateurs proches du mouvement ont adapté quelques œuvres majeures : La Solitude du coureur de fond et Samedi soir, dimanche matin d'Alan Sillitoe, par exemple.
Le manifeste distribué et lu le 6 février 1956 était :
« These films were not made together; nor with the
idea of showing them together. But when they came
together, we felt they had an attitude in common.
Implicit in this attitude is a belief in freedom,
in the importance of people and the significance of
the everyday.
As filmmakers we believe that
No film can be too personal.
The image speaks. Sound amplifies and comments.
Size is irrelevant. Perfection is not an aim.
An attitude means a style. A style means an attitude. »
En 1960, Jonas Mekas écrit : « Bien que parfois encore trop liés au théâtre et non totalement exempts de clichés, les films du free cinema ont conduit au rajeunissement du cinéma commercial britannique et creusé un large fossé entre l'ancien et le nouveau ».
Certains de ces réalisateurs ont avec leurs premières œuvres suivi les principes énoncés dans le manifeste de 1956 :
Par ordre chronologique :