Freedom Schools

Timbre commémorant l'arrêt rendu par la Cour suprême en 1954 dans l'affaire Brown c. Board of Education.

Les Freedom Schools sont d'anciennes écoles auto-gérées s'opposant à la ségrégation, dans le cadre du mouvement afro-américain des droits civiques, aux États-Unis dans le milieu des années 1960.

Les « Freedom Schools » sont des écoles temporaires, alternatives et gratuites destinées aux Afro-Américains et à d’autres minorités au milieu des années 1960. Particulièrement présentes dans le Sud des États-Unis, elles s’inscrivent alors dans un effort national, mené pendant le mouvement des droits civiques, visant à mobiliser les Afro-Américains pour parvenir à l’égalité sociale, politique et économique.

Ce mouvement consiste en une série de programmes visant à lutter contre les inégalités du système éducatif ségrégationniste du Sud, à transformer l’apprentissage en un outil de libération et d’autonomisation, et à transmettre des connaissances ainsi que des compétences de réflexion critique ; il continue d’influencer les mouvements éducatifs et sociaux. Leur programme scolaire diffère de celui des écoles publiques : allant au-delà de la lecture et de l’écriture, il explore l’histoire afro-américaine, l’engagement civique et la philosophie de la résistance non violente dans le contexte de son association avec le mouvement des droits civiques. Ces écoles encouragent les élèves à faire preuve d’esprit critique et à explorer leur créativité.

Près de 40 Freedom Schools ont été créées, accueillant plus de 2 500 élèves en un seul été ; parmi les élèves figurent également des parents et des grands-parents. Les cours se déroulent dans les sous-sols d’églises, dans des centres communautaires ou à domicile en raison des menaces pour la sécurité et du manque de ressources. La plupart des enseignants sont des militants, et tant les Afro-Américains que les Blancs contribuent au succès des Freedom Schools.

Origines

La décision de la Cour suprême de 1954 dans Brown v. Board of Education, mettant en cause les systèmes scolaires ségrégués, est une étape essentielle du mouvement luttant contre la ségrégation mais encore très théorique. Sa mise en application va nécessiter des mobilisations et des initiatives.

Le Mississippi conserve en effet au milieu des années 1960 des systèmes scolaires blancs et « colorés » séparés et inégaux. En moyenne, l'État dépense 81,66 $ pour éduquer un étudiant blanc contre seulement 21,77 $ pour un enfant noir. Le Mississippi est l'un des deux seuls États de l'Union à ne pas avoir de loi sur l'éducation obligatoire et de nombreux enfants des zones rurales sont envoyés travailler dans les champs et reçoivent peu d'éducation. Même le programme scolaire est différent entre un enfant blanc et un enfant noir. À titre d'exemple, le conseil scolaire blanc du comté de Bolivar exige que « ni les langues étrangères ni l'éducation civique ne soient enseignées dans les écoles noires. L'histoire américaine de 1860 à 1875 ne sera pas non plus enseignée ».

En 1963, Charles E. Cobb Jr, militant du Comité de coordination des étudiants non-violents (SNCC), propose à l'organisation de parrainer un réseau d'« écoles de la liberté », inspiré par des exemples du concept utilisé précédemment dans d'autres villes. Au cours de l'été 1963, le conseil scolaire du comté de Prince Edward en Virginie ferme les écoles publiques plutôt que de les intégrer, après avoir été poursuivi suite au Brown v. Board of Education. En réponse s'organisent les Freedom Schools et des manifestations. En , environ 3 000 étudiants participent à une manifestation Stay Out for Freedom à Boston, optant pour des écoles de la liberté organisées par la communauté. Le se déroule un évènement connu sous le nom de Freedom Day. Plus de 200 000 élèves boycottent les écoles publiques de Chicago pour protester contre la ségrégation et les mauvaises conditions scolaires. Par la suite, le , lors d'une manifestation similaire, plus de 400 000 élèves participent au boycott des écoles publiques de la ville de New York dans ce qui sera une des plus grandes manifestations des droits civiques des années 1960.

Mississippi

Les Mississippi Freedom Schools sont développées dans le cadre du projet des droits civiques de Freedom Summer 1964, un effort massif axé sur les campagnes d'inscription des électeurs et l'éducation des étudiants du Mississippi. Le Council of Federated Organizations(COFO), une organisation faîtière de défense des droits civiques composée de militants et de fonds provenant du SNCC, du CORE, du NAACP et du SCLC, entre autres, coordonne le Freedom Summer.

Références

  1. ↑ (en) Jon Hale, The Freedom Schools : Student Activists in the Mississippi Civil Rights Movement, Columbia University Press, (ISBN 9780231541824, EAN 9780231541824)
  2. ↑ (en) « Freedom Schools  », sur snccdigital.org, site du Student Nonviolent Coordinating Committee (consulté le )
  3. ↑ (en) « Exploring the History of Freedom Schools Voting Rights » (consulté le )
  4. ↑ (en) Doug McAdam, Freedom Summer, Oxford University Press, (ISBN 0-19-504367-7, lire en ligne).
  5. ↑ (en) Stokely Carmichael et Michael Thelwell, Ready for Revolution, Scribner, (ISBN 0-684-85003-6)
  6. ↑ « Archived copy » [archive du ] (consulté le ) Charles E. Cobb Jr. biography
  7. ↑ Blakemore, « Why MLK Encouraged 225,000 Chicago Kids to Cut Class in 1963 », History Channel, .
  8. ↑ Perlstein, « The dead end of despair: Bayard Rustin, the 1968 New York school crisis and the struggle for racial justice », The Official Website of the City of New York, (consulté le ).
  9. ↑ « Introduction to Freedom School Curriculum (A02) », www.educationanddemocracy.org.

Bibliographie

Liens externes