Le cœur de vos énergies |
| Fondation |
|---|
| Sigle |
NaTran |
|---|---|
| Forme juridique |
Société anonyme à conseil d'administration (s.a.i.) |
| Domaines d'activité |
Gaz naturel, biométhane, hydrogène, dioxyde de carbone, transports par conduites, transport d'énergie |
| Siège |
Bois-Colombes (92277, France) |
| Pays |
| Effectif |
3 330 employés |
|---|---|
| Directrice |
Sandrine Meunier (d) |
| Propriétaires |
Engie (60,8 %), salarié (0,6 %), Caisse des dépôts et consignations (38,6 %) |
| Organisation mère | |
| Organisme affilié | |
| Chiffre d'affaires |
2,11 milliards € (2025) |
| Résultat net |
396 millions € (2025) |
| Site web |
| SIREN | |
|---|---|
| OpenCorporates | |
| data.gouv.fr |
NaTran, anciennement GRTgaz, est une entreprise française gestionnaire de réseau de transport de gaz en France.
Elle reprend depuis le , les activités transport de Gaz de France. Elle est filiale à 61 % du groupe Engie.
La société est fondée le en application des directives européennes sur le marché européen de l’électricité et du gaz[réf. nécessaire].
Elle est une filiale de l'ancien groupe Gaz de France, fusionné avec l'ancien groupe Suez pour devenir GDF SUEZ, renommée Engie en .
NaTran agit dans le secteur régulé de l'énergie : les tarifs de ses prestations sont publics et décidés par l’État, et son action est contrôlée par la Commission de régulation de l'énergie.
Si l’activité de NaTran est un monopole naturel, la société ne gère pas l’ensemble du transport de gaz en France : Teréga, filiale d'un consortium Snam / GIC / EDF, est le gestionnaire du réseau de transport dans le quart sud-ouest de la France.
En 2017, GRTgaz acquiert 100 % du capital d’Elengy, filiale d’Engie opérant les principaux terminaux méthaniers français. Cette opération permet à GRTgaz, jusque‑là gestionnaire du réseau de transport de gaz, d’élargir son rôle en intégrant également l’exploitation d’infrastructures de gaz naturel liquéfié (GNL).
En 2018, GRTgaz unifie les zones de marché françaises du gaz françaises, qui sont cinq jusqu'alors, impliquant une différenciation des prix pouvant aller jusqu'à 50 % pour les clients industriels installés dans le nord du pays par rapport à ceux du sud. L'entreprise transporte à cette époque du gaz pour le compte de 131 expéditeurs et livre directement 764 grands industriels, dont 13 centrales de production d’électricité au gaz. Elle investit 700 millions d'euros dans ce projet d'unification des zones, et donc des prix, qui passe principalement par l'adaptation du réseau de transport de gaz.
Le , l'entreprise change de dénomination sociale pour NaTran.
NaTran exploite, entretient et développe un réseau de gazoducs faisant circuler du gaz naturel à haute pression et commercialise des capacités de transport auprès de ses clients, les expéditeurs de gaz naturel présents sur le marché français du gaz (157 à fin 2019).
NaTran offre aussi des prestations de raccordement au réseau de transport, et permet aux clients industriels (733 à fin 2019) d'accéder directement aux marchés de gros du gaz naturel, en choisissant librement leur fournisseur.
NaTran assure l’équilibre général du système entre les entrées et les sorties de gaz et remplit des missions de service public pour garantir la continuité d’acheminement (transport) de gaz naturel, y compris par grand froid.
La loi française prévoit en effet que, même en cas de froid exceptionnel, le réseau doit être en mesure de répondre au pic de la demande des consommateurs. Cette notion de froid exceptionnel est définie par la loi comme :
Début 2018, NaTran crée un centre de recherche et développement. Il reçoit les laboratoires d’analyses de la qualité du gaz existants et les anciennes activités « R&D infrastructures gazières » d’Engie Lab Crigen. Environ 150 personnes y travaillent cinq programmes :
Le centre est implanté dans un site à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), mais aussi à Alfortville (Val-de-Marne).
NaTran gère un réseau de 32 000 km de gazoducs reliés à l'Europe, qui transporte aujourd'hui principalement du gaz naturel à haute pression, activité historique de l'entreprise, mais qui est amené à évoluer pour transporter d'autres gaz, dans le cadre du projet national et européen de décarbonation à l'horizon 2050. Toutes les industries ne pouvant être électrifiées, certaines molécules comme l'hydrogène auront un rôle déterminant dans la transition énergétique. NaTran travaille donc actuellement à adapter le réseau historique de transport de gaz à ces nouvelles molécules. Dans le cas du biométhane par exemple, un gaz résultant de la méthanisation de déchets organiques issus des collectivités ou des exploitations agricoles, il faut pouvoir raccorder les méthaniseurs au réseau principal.
Les gazoducs sont en France quasi-systématiquement enterrés. Ils sont principalement situés dans les zones rurales (90 %) et sont repérables par des bornes et balises jaunes, en surface, qui signalent leur proximité ; une bande de servitude, de 5 à 20 mètres de large, sur laquelle aucune végétation haute ne doit pousser et aucune construction ne doit être implantée, permet également d'en deviner la présence en zone boisée. C’est donc en forêt que le passage des gazoducs est le plus « visible », car leur tracé constitue une bande dépourvue d'arbres hauts, dits de « haute tige ».
Certaines de ces canalisations pourront servir au transport d’hydrogène. NaTran a annoncé le développement d’une infrastructure de transport d’hydrogène de 1 200 km en France à horizon 2030. Lancé en 2022 par NaTran, Teréga, Enagás et Redes Energéticas Nacionais, le projet H2med correspond à un couloir européen de l'hydrogène reliant le Portugal, l'Espagne et la France au réseau énergétique de l'Union européenne.
Le gaz circulant dans ces canalisations perd de la vitesse et de la pression au fur et à mesure de son parcours ; il faut donc le re-comprimer à intervalles réguliers. Tous les 150 à 200 km environ, des compresseurs sont rassemblés dans une station de compression (le réseau NaTran en compte 26 à fin 2019), pour redonner de l'énergie cinétique au gaz. En outre, des stations d’interconnexion permettent d’orienter le gaz dans telle ou telle canalisation, à l'image d'un réseau de distribution d'eau.
Les gazoducs et les stations de compression sont les principaux composants du réseau de transport de gaz naturel ; ils sont complétés par les stations d’interconnexion, les postes de sectionnement ou de coupure (4 812 à fin 2019) et les postes de détente-livraison (4 368 à fin 2019). Des stations d'odorisation (31 à fin 2019) permettent d'injecter dans le réseau de transport un produit odorant, le tétrahydrothiophène (THT), destiné à mettre en évidence d'éventuelles fuites notamment sur les réseaux avals de distribution.
Depuis 2015, NaTran injecte du biométhane dans son réseau. La filière française du biométhane connait une croissance forte avec une augmentation de 64 % de la capacité de production annuelle (6,4 TWh fin 2021).
Depuis 2019, NaTran met en service des postes de rebours, permettant de comprimer le gaz et le faire circuler du réseau de distribution vers le réseau de transport, c’est-à-dire dans le sens inverse au sens habituel. Lorsque le biométhane produit localement et injecté dans le réseau de distribution devient supérieur à sa consommation sur le territoire, l’installation de rebours fonctionne. Le biométhane excédentaire est alors injecté sur le réseau de transport et acheminé vers les territoires voisins pour être consommé, ou vers des stockages souterrains pour une consommation future.
NaTran développe des projets de transport pour acheminer le CO2 capté par les industriels en vue de son stockage géologique.
NaTran a un programme d’investissements sur dix ans, pour développer et optimiser son outil industriel. Les finalités de ce programme sont :
En 2015, l'entreprise investit 624 millions d'euros, pour la maintenance et le développement des installations, dont 16,7 % dédiés aux gaz renouvelables et à la trajectoire carbone.
NaTran investit plus de deux milliards d'euros entre 2013 et 2015, notamment dans le développement des projets « Hauts de France II » et « Arc de Dierrey » (180 km) pour raccorder le nouveau terminal méthanier de Dunkerque, ou dans le développement des interconnexions avec la Belgique, l’Allemagne et l’Espagne.
NaTran est responsable de l'entretien régulier de la signalétique associée à son réseau.
NaTran débute en 2007 un projet de gazoduc baptisé Eridan, de 220 km entre les Bouches-du-Rhône et la Drôme, pour augmenter les capacités de transport de gaz naturel dans le Sud-Est français. Ce projet fait l’objet d’études approfondies pour trouver les solutions de moindre impact, associées à une politique de concertation sur plus de cinq ans[style à revoir], avec un débat public organisé sous l’égide de la Commission nationale du débat public en 2009, une enquête publique en 2013 et de nombreuses réunions publiques.
Eridan sucite plusieurs critiques[Lesquelles ?], notamment de la part des exploitants agricoles et des associations de riverains en raison :
Les négociations avec les parties prenantes locales conduisent NaTran à faire évoluer le tracé du projet,.
Le projet reçoit l'accord du gouvernement[Lequel ?] et est déclaré d'utilité publique par arrêté interpréfectoral le , mais un recours en annulation est porté par des associations et communes. NaTran obtient l’autorisation ministérielle de construire et d’exploiter l’ouvrage le (arrêté publié au Journal officiel le ).
Si Eridan s'inscrivait dans le plan décennal de développement 2015-2024 de NaTran, le projet est abandonné[pourquoi ?] en .
NaTran participe à la filière dite « gaz renouvelable » (biométhane et hydrogène bas-carbone)[Comment ?].
NaTran permet l'injection dans le réseau de transport du biométhane issu du biogaz produit par méthanisation d'ordures ménagères, de biomasse-énergie ou de boues de stations d'épuration. Le biométhane ainsi produit est injecté dans le réseau de distribution, ou directement dans le réseau de transport. Il alimente les clients en gaz renouvelables.
Le premier poste de raccordement de biométhane au réseau de transport français est mis en service à Chagny (Saône-et-Loire) en 2015. 63 sites de méthanisation sont raccordés sur le réseau NaTran et 12 rebours sont en fonctionnement depuis 2022[réf. nécessaire].
La gazéification hydrothermale permet de traiter des déchets et résidus de biomasses humides comme les boues de station d'épuration, les nombreux effluents d'activités industrielles (agroalimentaire, papeterie, chimie...), les effluents agricoles dont ceux d'élevage et enfin les digestats issus d'unités de méthanisation. La gazéification hydrothermale consiste à comprimer ces biomasses (entre 210 et 350 bar) et les chauffer (entre 360 et 700°C) dans un réacteur pour les convertir en un gaz renouvelable, riche en méthane, contenant également de l'hydrogène.
Cette technologie réduit fortement (jusqu'à 99 %) le volume de déchets, sépare et récupère des sels minéraux (comme le phosphore ou le potassium), de l'azote et de l'eau. Elle élimine toute trace de produits pathogènes, bactéries, virus et sait également convertir des microplastiques en gaz.
La pyrogazéification transforme en gaz injectable dans les réseaux des déchets solides peu ou mal valorisés comme les résidus de biomasse, pneus, plastiques en les chauffant à très haute température (entre 800 et 1 500°C) avec peu ou pas d’oxygène.
La pyrogazéification pour injection permettra de réduire les émissions de CO2 d’un million de tonnes par an d’ici 2030.

NaTran investit également dans la conversion d'électricité en gaz (ou power to gas), qui permet d’utiliser conjointement les surplus d’électricité d’origine renouvelable excédentaire (éolienne et solaire) et de recycler les émissions de CO2 industrielles. Le méthane de synthèse ainsi produit par méthanation peut ensuite être injecté dans le réseau de transport de gaz. Décidé en 2015, le premier pilote industriel de ce type, Jupiter 1000, coordonné par NaTran, est en service depuis début 2020 à Fos-sur-Mer, en collaboration avec le Grand port maritime de Marseille.
En matière de mobilité, NaTran contribue à développer le réseau d’avitaillement des véhicules roulant au gaz naturel pour véhicules (GNV), carburant contribuant à réduire les gaz à effet de serre — de 25 % de CO2 par rapport à l’essence et – 10 % de CO2 par rapport au diesel —. Lorsqu’il est issu du biométhane (bioGNV), le GNV est 100 % renouvelable. En 2022, 253 points d'avitaillement en gaz naturel comprimé ou en gaz naturel liquéfié sont ouverts au public et 81 sont en projet.
Dans le domaine de l'innovation technologique, NaTran fait notamment usage de drones pour la surveillance de son réseau et l'entretien de ses bandes de servitude[réf. nécessaire], pour une meilleure prévention des risques naturels et humains, en complément des dispositifs traditionnels (survols en avion ou hélicoptère, inspections terrestres, centres de contrôle).
La récupération d'énergie thermique sur les postes de détente pour produire de l'électricité fait l'objet d'un projet avec le fabricant de turbines Enertime.
La réalité virtuelle est en outre utilisée par la société pour la formation des techniciens de maintenance : un casque immersif leur permet de simuler des actions de maintenance peu fréquentes, sans pénaliser le fonctionnement courant du réseau.
Une plateforme d’open data, ODRE[Quoi ?], donne un accès libre à des données numériques multi-énergies. Cela permet aux collectivités territoriales d’affiner la connaissance énergétique de leur territoire et aux entreprises de développer de nouveaux services basés sur l’exploitation de ces données.
Des capteurs connectés sont utilisés sur des postes isolés pour permettre de remonter l’ensemble des données nécessaires à l’exploitation et au pilotage du réseau de transport.
NaTran communique en 2022 sur un dispositif de sobriété énergétique national, nommé Ecogaz, en partenariat avec l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) et Teréga. Le service permet aux consommateurs d’avoir une visibilité sur les tensions d'approvisionnement du réseau en gaz, dans le contexte énergétique lié à la guerre en Ukraine. Il permet de visualiser les prévisions de consommation des prochains jours et l’équilibre sur le réseau.
Son conseil d'administration comprend des représentants du groupe Engie, des salariés, un administrateur indépendant et d'autres actionnaires.
NaTran est une filiale du groupe industriel ENGIE pour 60,9 % (75 % précédemment[Quand ?]) et d'un consortium public du groupe Caisse des dépôts et consignations, nommé Société d'infrastructures gazières (SIG), pour 38,6 % (25 % avant la montée au capital en ) ; ce consortium est composé de :
Le , une ouverture et augmentation du capital de NaTran à hauteur de 25 % - impliquant un consortium public – pour 1,1 milliard d'euros, est finalisée[réf. souhaitée].
En , Engie annonce la vente de sa participation de 11,5 % de GRTgaz au consortium public SIG, regroupant le groupe Caisse des dépôts et consignations et CNP Assurances, pour une valorisation de l’entreprise s'élevant à 14,6 milliards d’euros,. Cette nouvelle structure du capital est effective le , date du closing (en)[réf. souhaitée].
NaTran possède également une filiale en Allemagne, GRTgaz Deutschland (37 salariés), qui exploite en collaboration avec Open Grid Europe le gazoduc MEGAL reliant la Tchéquie, l’Allemagne, l’Autriche et la France. Cette canalisation assure notamment l'approvisionnement en gaz naturel du sud de l’Allemagne et de la France.
L'entreprise est nommée GRTgaz de 2005 à 2025. Elle est dénommée NaTran depuis 2025. Ce nom est tiré de l'association des abréviations des mots “National” et “Transport”, mais aussi des mots "Nature" et "Transports" et vise à illustrer l’engagement de l'entreprise dans la transition énergétique.


En 2021, NaTran adopte pour raison d'être : « Ensemble, rendre possible un avenir énergétique sûr, abordable et neutre pour le climat » ».