
La maintenance vise à maintenir ou à rétablir un bien dans un état dans lequel il peut accomplir la fonction requise.
La maintenance regroupe ainsi les actions de contrôle, de vérification, de réglage, de nettoyage, de révision, de dépannage et de réparation des biens immobiliers ou matériels (machines, véhicules, bâtiments, objets manufacturés, etc.) ou même immatériels (logiciels) ; ainsi que l'organisation connexe de ces actions, managériale ou administrative.
Le secteur de la maintenance emploie en France en 2024 plus de 400 000 personnes dans l'industrie, l'immobilier et le tertiaire. Un service de maintenance peut également être amené à participer à des études d'amélioration du processus industriel, et doit, comme d'autres services de l'entreprise, prendre en considération de nombreuses contraintes comme la qualité, la sécurité, l'environnement, le coût, etc.

Le mot maintenance est d'origine latine, construit à partir de manus et tenere. Il est identifié dans la langue française au XIIe siècle (plus exactement dans un dialecte de l'ancien français, l'anglo-normand), dans le Roman de Brut où Wace l'écrit mainteneor (celui qui soutient). Cette forme archaïque a un sens apparenté à l'usage moderne :
«
Cil furent sans maintenéor,
Comme nès sans governor,
Cui vanz quel part qu'il vialt l’an point,»
«
Ceux-ci se retrouvèrent sans mainteneur (chef / protecteur),
Comme une nef sans gouverneur (pilote),
Que le vent pousse là où il veut,»
En français, au XIVe siècle, le mot « maintenance » signifie « action de conserver une possession ». C'est ainsi que Rabelais évoque, vers 1533, la « maintenance de ta loy» dans Pantagruel, où son sens se réfère uniquement à la mise en application. Pendant le XVIe siècle, le sens évolue vers « action de maintenir, maintien, soutien, ».
Le terme est emprunté outre-Manche vers la même époque, dans le sens de « tenue », « comportement », évoluant, au début du XVe siècle, vers celui de « maintenir ou garder en vie ».
Dans son acception actuelle, le terme de « maintenance » est un anglicisme partiel. Il est donné comme « réemprunt intégré » par le linguiste Jean Tournier dans Les Mots anglais du français : « maintenance (...) (mintt-nanss), n. f. a) 1953. Maintien numérique des effectifs et du matériel d'une troupe au combat ; b) 1962, plus généralement, ensemble des opérations d'entretien du matériel. Du moyen français maintenance « protection ». Réemprunt intégré. Admis au J. O. au sens b) dans différents domaines (18.01.73, 19.02.84, 21.03.86) ».
La notion contemporaine de la maintenance et sa mise en œuvre apparaissent dans la seconde moitié du XXe siècle, à la fois comme une évolution et une rupture avec les pratiques traditionnelles de l'entretien et de la réparation, dont les premiers actes connus datent de la préhistoire, tels que l'entretien du tranchant des outils lithiques servant de grattoirs ou encore la réparation d'objets en céramique cassés par suture ou collage.
L'ouvrage De Aquis urbis Romœ est un traité dans lequel le consul romain Frontin décrit au Ier siècle l'entretien des aqueducs de Rome, il y détaille, selon l'ingénieur Bernard Mechin, « les concepts de la maintenance moderne : entretien préventif, programmation des grands arrêts, planification des tâches, documentation technique et historique, suivi des coûts d’entretien, standardisation des pièces de rechange, implication des exploitants dans la maintenance de leurs installations, relations contractuelles »,,.
Au début de l'ère industrielle les services entretien sont une sous-fonction de la production, ils emploient des mécaniciens ou des graisseurs pour maintenir les biens en bon état de fonctionnement ; la majorité des interventions étant alors des actions de nettoyage, lubrification et graissage, puis de réparation lorsque la panne survient,.
L'industrialisation et le taylorisme sont à l'origine, au début du XXe siècle, d'une séparation des services de production et des services d'entretien.
La rationalisation industrielle entamée dans l'entre-deux guerres se poursuit durant les Trente Glorieuses et s'applique à l'entretien : dans les années à la mise en œuvre de pratiques d'entretien préventif systématique visant à diminuer la fréquence des pannes est accompagnée de l'apparition de fiches de procédures et de traçabilité ; les services « entretien » se structurent et commencent à apparaître comme un secteur d'activité.
L'optimisation des méthodes de travail et l'adaptation aux nouvelles techniques de l'automatisation se poursuivent durant les années et , le terme maintenance remplace progressivement celui d'entretien à partir de ,.
Une première définition normative de la maintenance est donnée par l'AFNOR en 1985 (norme NFX 60-000), à savoir « l'ensemble des actions permettant de maintenir ou de rétablir un bien dans un état spécifié ou en mesure d’assurer un service déterminé ». Depuis 2001, elle a été remplacée par une nouvelle définition, désormais européenne (NF EN 13306 X 60-319) : « Ensemble de toutes les actions techniques, administratives et de management durant le cycle de vie d'un bien, destinées à le maintenir ou à le rétablir dans un état dans lequel il peut accomplir la fonction requise. »
La Fédération européenne des sociétés nationales de maintenance (en anglais European Federation of National Maintenance Societies ou EFNMS) propose une définition similaire en anglais : « All actions which have the objective of retaining or restoring an item in or to a state in which it can perform its required function. The actions include the combination of all technical and corresponding administrative, managerial, and supervision actions » (littéralement : « Toutes les actions qui ont pour objectif de garder ou de remettre une chose en état de remplir la fonction qu’on exige d’elle. Ces actions regroupent toutes les actions techniques et toutes les actions d’administration, de direction et de supervision correspondantes »).
Le domaine d'application de la norme NFX 60-000 sur la maintenance exclut explicitement la maintenance des biens immatériels tels que les logiciels.

Les actions de maintenance sont organisées de deux façons complémentaires : la maintenance préventive et la maintenance corrective.
La maintenance préventive consiste à intervenir sur un équipement avant que celui-ci ne soit défaillant, afin de tenter de prévenir toute panne. On interviendra de manière préventive soit pour des raisons de sûreté de fonctionnement (les conséquences d'une défaillance étant inacceptables), soit pour des raisons économiques (cela revient moins cher) ou parfois pratiques (l'équipement n'est disponible pour la maintenance qu'à certains moments précis). La maintenance préventive se subdivise en :
La maintenance corrective consiste à intervenir sur un équipement lorsque celui-ci est défaillant ; elle se subdivise en :
Diverses méthodes permettent d'organiser la planification et l'ordonnancement des actions de maintenance : le réseau PERT, le diagramme de Gantt, la méthode MÉRIDE, l'analyse AMDEC.
Il existe des méthodes (par exemple, la méthode Maxer) et des logiciels de gestion de maintenance assistée par ordinateur (GMAO), spécialement conçus pour assister les services de maintenance dans leurs activités.
En informatique logicielle, on divise la maintenance en plusieurs types :
La maintenance évolutive consiste à faire évoluer l'application en l'enrichissant de fonctions ou de modules supplémentaires, ou en remplaçant une fonction existante par une autre, voire en proposant une approche différente.
La norme NF X 60-000 () définit, à titre indicatif, cinq « niveaux de maintenance » qui permettent de classer les interventions selon leur complexité et les moyens à mettre en œuvre.
| Travaux | Personnel | Exemple | |
|---|---|---|---|
| Niveau 1 | Actions simples nécessaires à l'exploitation et réalisées sur des éléments facilement accessibles en toute sécurité sans autre outillage que celui intégré au bien. Aucune maintenance corrective ne relève du niveau 1 | Exploitant du bien ou agent de maintenance | Test de lampes, graissage, purge de filtres, contrôles d'encrassement. |
| Niveau 2 | Opérations de maintenance courante effectuées par un personnel qualifié avec des procédures détaillées et un outillage individuel léger | Personnel qualifié | Remplacement d'interrupteurs, de fusibles, filtre à air, ou pièces d'usure accessibles - réenclenchement de disjoncteur |
| Niveau 3 | Actions qui nécessitent des instructions complexes et/ou des équipements de soutien portatifs, d'utilisation ou de mise en œuvre complexes. | Technicien qualifié | Maintenance préventive intrusive ou nécessitant des appareils de mesures, maintenance corrective nécessitant une action structurée de diagnostic |
| Niveau 4 | Actions dont les instructions impliquent la maîtrise d'une technique ou technologie particulière et/ou la mise en œuvre d'équipements de soutien spécialisés. | Technicien ou équipe spécialisés | Révisions partielles ou générales ne nécessitant pas le démontage complet de la machine. Analyses vibratoires. Réparations de fissures ou défauts d'étanchéité |
| Niveau 5 | Actions dont les instructions impliquent un savoir-faire, faisant appel à des techniques ou technologies particulières, des processus et/ou des équipements de soutien industriels. | Constructeur du bien ou société spécialisée | Révisions générales avec démontage complet. Reprises dimensionnelles et géométriques. Réfection d'une chaussée ou d'un réseau. Reprise complète d'un revêtement |
Il convient d'associer, dans la détermination des niveaux, la documentation et le matériel nécessaires, ainsi que les habilitations des intervenants. Le lieu de réalisation de l'opération de maintenance n'est pas un critère de définition de niveau.
La réparation peut être effectuée par des professionnels qualifiés, certifiés, ou diplômés, à domicile chez des particuliers, ou dans leurs propres locaux, conçus à cet effet (ex. : garage automobile) ; ou par des particuliers même sans connaissances ou certifications particulières liées au domaine de l'équipement concerné. Ces particuliers peuvent, le cas échéant, être assistés sur place dans des ateliers ou des locaux ad-hoc, ou en distanciel et en ligne, par des professionnels de la réparation.
De même que le mot et le concept, les nombreux sigles de la maintenance sont d'origine anglo-saxonne. Toute une néologie a vu le jour, dont l'élément le plus spectaculaire est la kyrielle des sigles commençant par « MT » (initiales de « mean time », littéralement « temps moyen » (anglicisme), c'est-à-dire durée moyenne, intervalle de temps moyen, et par voie de conséquence, moyenne des temps). Quelques sigles à titre d'exemples, assortis de leur traduction plus ou moins littérale :
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