Georges Sursuvul (en bulgare : Георги Сурсувул ; en grec : Γεώργιος Σουρσουβούλης), également appelé Georges Sursubul, est un aristocrate et dignitaire du Premier Empire bulgare, actif au début du Xe siècle. Proche du tsar Siméon Ier, dont il est le beau-frère, il exerce la tutelle des enfants du souverain à la mort de celui-ci en 927 et joue un rôle prépondérant au début du règne de son successeur, Pierre Ier.
Principalement connu pour son rôle diplomatique, il contribue à la conclusion du traité de paix de 927 entre la Bulgarie et l'Empire byzantin, qui met fin à plusieurs décennies de conflits et consacre la reconnaissance du titre impérial du souverain bulgare par Constantinople. Son activité après cette date demeure inconnue.
Les origines familiales et la jeunesse de Georges Sursuvul sont inconnues. Il appartient à l'aristocratie du Premier Empire bulgare et apparaît dans les sources byzantines comme le frère de la seconde épouse de Siméon Ier, qui règne de 893 à 927. Il est ainsi l'oncle maternel de plusieurs fils du souverain, dont le futur Pierre Ier, ainsi que ses frères Ivan et Benjamin. Cette proximité avec la dynastie régnante lui assure une position privilégiée au sein de la cour de Preslav, capitale de l'Empire bulgare,.
Le rôle exact de Sursuvul sous le règne de Siméon demeure difficile à déterminer. Son influence paraît néanmoins suffisamment importante pour que le tsar lui confie, peu avant sa mort, la tutelle de ses enfants issus de son second mariage. Les chroniqueurs byzantins le désignent par le terme grec d’épitropos (ἐπίτροπος), qui peut désigner un tuteur ou un administrateur chargé de représenter les intérêts d'autrui. Cette fonction témoigne de la confiance que Siméon lui accorde et de la place qu'il occupe dans l'entourage immédiat de la famille impériale.
La nature de cette tutelle reste cependant discutée. Les fils de Siméon ne sont pas nécessairement mineurs à la mort de leur père, en particulier Pierre, qui pourrait être né au début du Xe siècle. Il est donc possible que la charge confiée à Sursuvul corresponde davantage à une fonction de protection politique et de conseil qu'à une régence au sens strict. Elle pourrait également prolonger des responsabilités exercées du vivant de Siméon, notamment pendant les nombreuses campagnes militaires du souverain.
La mort de Siméon Ier, le 27 mai 927, intervient dans un contexte de tensions militaires et diplomatiques. Depuis plusieurs décennies, la Bulgarie mène une politique expansionniste dans les Balkans et affronte régulièrement l'Empire byzantin. Les dernières années du règne de Siméon sont également marquées par un conflit avec les Croates, qui infligent une défaite aux forces bulgares en 926. La disparition du souverain fait craindre de nouvelles offensives de ses adversaires et fragilise la position internationale de la Bulgarie,.
Pierre Ier, fils de Siméon et de sa seconde épouse, succède à son père. Georges Sursuvul occupe alors une position centrale dans le gouvernement, en qualité de tuteur ou de conseiller du nouveau souverain. Il participe aux premières décisions politiques et militaires du règne, dans une période où la consolidation de l'autorité de Pierre apparaît comme une priorité.
Selon les chroniqueurs byzantins, Pierre et Sursuvul entreprennent une campagne militaire dans les territoires byzantins des Balkans, désignés dans certaines sources sous le nom de Macédoine. Les troupes bulgares y mènent des opérations de pillage. Cette offensive peut être interprétée comme une démonstration de force destinée à prévenir une attaque byzantine et à placer la Bulgarie dans une position favorable avant l'ouverture de négociations,.
Malgré cette initiative militaire, la nouvelle direction bulgare paraît disposée à rechercher un accord avec Constantinople. La poursuite de la guerre risquerait en effet d'aggraver les difficultés d'un État engagé depuis plusieurs années dans des affrontements coûteux. Le gouvernement de Pierre adopte ainsi une orientation diplomatique différente de celle qui caractérise les dernières années du règne de Siméon, sans pour autant renoncer aux principales revendications politiques de son prédécesseur.
Georges Sursuvul joue un rôle déterminant dans les négociations qui aboutissent à la paix entre la Bulgarie et l'Empire byzantin en 927. Alors que l'empereur Romain Ier Lécapène envisage une riposte aux opérations bulgares, Pierre et son conseiller prennent l'initiative d'une démarche diplomatique secrète.
Ils dépêchent à Constantinople un moine d'origine arménienne nommé Kalokyris, porteur d'un chrysobulle proposant la conclusion d'un traité de paix et d'une alliance matrimoniale entre les deux familles régnantes. Romain Ier accueille favorablement cette ouverture et envoie à son tour deux représentants, le moine Théodose Aboukès et le clerc Constantin Rhodios, chargés de poursuivre les discussions à Messembria, sur la côte de la mer Noire.
Les négociations se prolongent ensuite à Constantinople, où Georges Sursuvul se rend personnellement à la tête d'une importante délégation bulgare. Celle-ci comprend plusieurs représentants de l'aristocratie et de l'entourage du souverain, parmi lesquels un dignitaire nommé Siméon, ainsi que Stéphane le Bulgare. La présence de Sursuvul à la tête de cette ambassade confirme sa position éminente au sein du gouvernement de Pierre Ier,.
Les discussions débouchent sur un accord conclu à l'automne 927. Le traité met fin à la longue guerre entre les deux puissances et établit les bases d'une coexistence pacifique. L'empereur byzantin reconnaît le titre impérial du souverain bulgare, tandis que le statut patriarcal de l'Église bulgare est également reconnu. Les dispositions territoriales et financières de l'accord contribuent à stabiliser les relations entre les deux États.
L'accord est scellé par le mariage de Pierre Ier avec Marie Lécapène, fille du coempereur Christophe Lécapène et petite-fille de Romain Ier. La princesse reçoit le nom d'Irène, qui signifie « paix » en grec, afin de symboliser la réconciliation entre les deux empires. La cérémonie se déroule en octobre 927 dans l'église de la Source vivifiante, à proximité de Constantinople.
Georges Sursuvul assiste aux cérémonies et joue un rôle important dans leur organisation. Il figure notamment parmi les témoins du mariage du souverain bulgare. Sa participation aux négociations et aux célébrations souligne son importance dans la mise en œuvre du rapprochement entre les deux cours.
La documentation ne permet pas de retracer la carrière de Georges Sursuvul après la conclusion du traité de 927. Il disparaît des récits relatifs aux événements politiques ultérieurs du règne de Pierre Ier. La date et les circonstances de sa mort sont inconnues. L'historien Steven Runciman considère que Sursuvul abandonne probablement ses fonctions de tuteur après la conclusion de la paix et le mariage de Pierre. Cette interprétation reste toutefois hypothétique. Il est également envisageable qu'il conserve quelque temps une fonction de conseiller auprès du souverain, avant de se retirer de la vie politique,.