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- |
| Fratrie |
Henry Scipio Reitlinger (d) |
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Friedrich Reitlinger (d) (cousin) |
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| Conflits |
The Final Solution: The Attempt to Exterminate the Jews of Europe, 1939–1945 (d) |
Gerald Roberts Reitlinger (1900-1978) est un historien de l'art britannique, spécialiste de la céramique asiatique et de l'évolution du goût artistique et du marché de l'art à travers l'histoire. Après la Seconde Guerre mondiale, il a publié trois ouvrages importants sur l'Allemagne nazie, en faisant l'un des premiers historiens du sujet. Il était également peintre et collectionneur, principalement de céramiques.
Parmi ses œuvres majeures figurent The Final Solution (1953), The SS: Alibi of a Nation (1956) et, entre 1961 et 1970, The Economics of Taste, en trois volumes.
Né à Londres, fils du banquier Albert Reitlinger et de son épouse Emma Brunner, Robert Reitlinger fait ses études à la Westminster School avant de s'engager brièvement dans le Middlesex Regiment à la fin de la Première Guerre mondiale. Il étudie ensuite l'histoire, se spécialisant en histoire de l'art, à Christ Church (Université d'Oxford), puis à la Slade School et à la Westminster School of Art. Durant cette période, il dirige la revue Drawing and Design, « consacrée à l'art en tant que patrimoine national », de 1927 à 1929. Il expose également ses propres peintures à Londres. Il apparaît sous les traits du personnage nommé « Reinecker » dans le récit de voyage de Robert Byron, The Station (1928).
Dans les années 1930, il participe à deux campagnes de fouilles archéologiques au Proche-Orient : la première, en 1930-1931, financée par le Field Museum de Chicago, à Kish (aujourd'hui en Irak) ; la seconde, en 1932, à Al-Hira, financée par Oxford, où il codirige les fouilles avec David Talbot Rice. Il s'en inspire pour son livre A Tower of Skulls : a Journey through Persia and Turkish Armenia publié en 1932. Il devient à partir de ce moment-là collectionneur de céramique islamique,.
Il voyage beaucoup et écrit en conséquences des ouvrages sur la Chine et le Proche-Orient. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert de nouveau dans l'armée britannique, dans une batterie antiaérienne. Il donne également des conférences aux troupes, avant d'être démobilisé pour raisons de santé. Après la guerre, il écrit des articles sur l'art pour des journaux et des revues spécialisées. Avec sa seconde épouse, Eileen Anne Graham Bell, il organise des réceptions pour la haute société londonienne.
Dans les années 1950, il écrit deux ouvrages sur la Shoah : The SS: Alibi of a Nation et The Final Solution, qui connaissent un grand succès. Dans ce dernier, il affirme que les chiffres soviétiques faisant état de 4 millions de morts à Auschwitz étaient « ridicules » et suggère un chiffre alternatif de 800 000 à 900 000 morts ; il estime qu'il y a eu entre 4,2 et 4,5 millions victimes juives de la Shoah au total. Les travaux universitaires ultérieurs, bénéficiant de davantage de sources et de recul, ont revu à la hausse les chiffres avancés par Reitlinger. Son livre était encore considéré en 1979, après correction des erreurs chiffrées, comme un ouvrage fondateur sur le sujet dans les milieux universitaires.
En 1961, il publia le premier des trois volumes de The Economics of Taste, un ouvrage sur le marché de l'art du XVIIIe siècle à nos jours, principalement en Grande-Bretagne et en France. Toutefois, le critique du Burlington Magazine du volume III déplore un « ton provocateur et désinvolte ». Les analyses ultérieures de ses ouvrages sur l'art ont par ailleurs pointés nombreuses inexactitudes,.
Reitlinger est un grand admirateur de l'œuvre de l'artiste londonien Austin Osman Spare et acquit l'unique exemplaire du carnet de croquis de Spare de 1924, intitulé The Book of Ugly Ectasy, qui contenait une série de créatures grotesques. Il confie plus tard à Frank Letchford (le biographe de Spare) que, s'il était volontiers disposé à vendre ses estampes d'Henri Matisse, il ne se séparerait jamais de ses dessins de Spare.
Reitlinger est décédé d'une hémorragie cérébrale à son domicile à Beckley, dans l'East Sussex. Sa collection de céramiques islamiques et de porcelaines japonaises et chinoises a été léguée en 1972 au musée Ashmolean d'Oxford, où une galerie porte son nom. Cette collection, soigneusement répertoriée, était conservée dans sa maison qu'il avait également donnée au musée. Il souhaitait que sa collection y soit exposée et avait posé la condition de pouvoir y vivre jusqu'à la fin de ses jours. Cependant, la maison a été gravement endommagée par un incendie en février 1978, quelques mois avant sa mort, mais la majeure partie de la collection a pu être sauvée.