Giovanni Maria Angiolello

Giovanni Maria Angiolello
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Giovanni Maria Angiolello (Vicence, 1451 – Vicence, 1525) est un voyageur aventurier et marchand de la république de Venise, auteur d'un récit historique sur les Aq Qoyunlu et la Perse des débuts de l'époque séfévide.

Il participa à la défense de Négropont, mais fut capturé et déporté à Constantinople, d'où il se dirigea vers la péninsule balkanique.

De retour dans son Cité natale en 1483, il en repartit en 1499 pour l'Orient, d'où il revint en 1515.

Biographie

La biographie et l'œuvre littéraire d'Angiolello suscitent de nombreuses controverses, car peu d'éléments sont établis avec certitude. Issu d'une famille noble, il participa, durant sa jeunesse, à la défense de Négrepont, alors assiégée par l'empereur ottoman Mehmed II. À l'été 1470, il fut capturé et réduit en esclavage par les Turcs, puis transféré à Constantinople. En 1472, il fut affecté au service de Mustafa Çelebi, second fils du sultan et commandant des troupes ottomanes engagées dans la guerre contre Ouzoun Hassan, souverain des Aq Qoyunlū alors allié à la république de Venise. Après la mort de Mustafa Çelebi en 1474, Angiolello devint trésorier (defterdar) de Mehmed II ; il figura parmi les officiers de sa suite, tant au palais de Constantinople que lors de diverses campagnes militaires. Il entra par la suite au service du sultan suivant, Bayézid II. Après les années 1483, le parcours d'Angiolello est mal connu. Il est toutefois établi qu'il retourna dans sa ville natale de Vicence, où il se maria et exerça des fonctions administratives. Il est possible qu'il ait accompli deux missions (peut-être pour le compte de la république de Venise) ou qu'il ait séjourné en Perse — en qualité d'agent ou de marchand — vers 1482 (après la mort du sultan Mehmed), puis entre 1499 et 1515.

L'ouvrage principal attribué à Angiolello est l'Historia turchesca (« Histoire turque »), une source remarquable pour l'étude de l'histoire ottomane. Une part considérable de cet ensemble est constituée par la Breve narratione della vita et fatti del signor Ussuncassano (« Brève narration de la vie et des faits du souverain Uzun Ḥasan »), publiée pour la première fois à Vicence par l'imprimeur Léonard de Bâle en octobre 1490 ; aucun exemplaire ne nous est parvenu), puis reprise par Giovanni Battista Ramusio dans le deuxième volume de son célèbre recueil Navigationi et Viaggi (Venise, 1559). Cette version inclut une suite traitant de l'histoire perse jusqu'au début du règne du Shah Tahmasp (930/1524). L'authenticité de ce récit — qui s'apparente manifestement à une chronique de première main — fait débat, et aucune édition moderne n'en a été réalisée. La première partie semble en partie fondée sur le récit que Giosafat Barbaro a fait de sa propre mission en Perse (publié pour la première fois à Venise en 1487), tandis que le texte et le contenu historique de la seconde partie restent à soumettre à une vérification critique.

Ce récit constitue, pour l'essentiel, une chronique rédigée à la première personne relatant les événements politiques et militaires survenus en Perse entre 1467 et 1524, avec une attention particulière portée aux guerres turco-perses. Il décrit Ouzoun Ḥassan et sa famille ; la campagne de Caramanie (1467-1473) contre les Ottomans, qui se solda par une défaite des forces Aq Qoyunlu ; la contre-offensive turque (1474), à laquelle l'auteur prit part (il en livre une description détaillée des deux armées en présence) ; la campagne perse en Géorgie (1477-1480) ; ainsi que la mort d'Ouzoun Hassan (1478). La seconde partie, composée de vingt-trois chapitres, porte sur les débuts de l'ascension des Séfévides : la succession d'Ouzoun Ḥassan par Yaʿqūb Pādšāh , ainsi que la lutte menée par le cheikh Ḥaydar et ses « Sofians » contre Rostam,.

La mort de Cheikh Heidar ; la naissance, l'éducation, le caractère et l'ascension d'Ismaïl Ier ; sa conquête de l'Irak (1500-1503) et les campagnes qu'il mena par la suite contre les Ottomans et les Ouzbeks (1505-1515) ; sa campagne au Šīrvān et la conquête de Šamāḵī (1510) ; ainsi que la campagne ottomane en Égypte et la conquête du Caire (1516-1517). Le récit s’achève sur une dernière note (apocryphe ?) concernant la mort du « Sophy » (c'est-à-dire le chah Ismaïl Ier, en 1524) et l'avènement de Ṭahmāsp,.

Paolo Giovio a utilisé ce récit comme source pour dresser les portraits de ces deux souverains séfévides dans son recueil biographique Gli elogi, vite brevemente scritte d'uomini illustri, publié à Venise en 1559,.

Publication

Il est l'auteur de Historia Turchesca.

Bibliographie

Notes et références

  1. 1 2 3 4 (it) Franz Babinger, « Angiolello, Giovanni Maria - Enciclopedia », sur Dizionario-Biografico Treccani (consulté le )
  2. 1 2 3 4 (it) Giuseppe Caraci, « Angiolello, Giovanni Maria - Enciclopedia », sur Enciclopedia-Italiana, Treccani (consulté le )
  3. ↑ (it) « Angiolèllo, Giovanni Maria - Enciclopedia », sur Treccani (consulté le )

Liens externes