
Le glissando, ou glissato, est un glissement d'une note à une autre.
Il consiste dans l'élévation ou l'abaissement constant et progressif de la hauteur d'un son, obtenu de diverses manières, soit de façon linéaire soit par paliers successifs selon les instruments.
Le glissando proprement dit est celui que peuvent produire la voix humaine, les instruments à cordes au manche sans barrettes, tels le violon ou la guitare basse fretless (en faisant traîner le doigt de la main qui tient le manche sur la corde active) ou encore le trombone à coulisse ; dans ce cas le changement de hauteur se fait de façon linéaire, sans paliers perceptibles. On parle alors de portamento. Les instruments de musique pouvant tenir la note de façon continue, comme le trombone, sont capables d'effectuer des glissandos d'une grande amplitude.
Le glissando s'applique également à des effets avoisinants (passage rapide d'une note à l'autre par l'ensemble des notes intermédiaires) comme ceux réalisables par la majeure partie des cuivres, les instruments à cordes frappées (avec ou sans clavier), certains instruments de percussion chromatiques (tel le vibraphone), l'orgue, le clavecin, la harpe et les instruments à cordes (pincées ou frottées) au manche muni de barrettes.
Les instruments de musique électronique permettent quant à eux toutes sortes de glissandos et de portamentos.
Le glissando, dans le sens d'une transition continue entre deux ou plusieurs notes, est facilement réalisable par la voix humaine et particulièrement utilisé dans le portamento, effet que l'on retrouve souvent en art lyrique, dans la musique populaire et parfois dans le blues, le jazz, plus occasionnellement dans la musique pop.
Parmi les percussions idiophones le glissato est couramment utilisé par les instruments à clavier (célesta, glockenspiel, xylophone, vibraphone, marimba et autres) en faisant traîner la main ou les mailloches le long du clavier.
Il est possible d'obtenir un glissato audible et expressif des timbales, en actionnant les pédales de réglage de la hauteur aussitôt après avoir frappé la peau de la timbale sans en atténuer le son. De la même manière, on peut tirer des effets de glissando en tournant le rototom.
Dans les tambours, un effet similaire au glissando peut être obtenu en pressant (avec la main, le coude, une autre partie du corps ou encore avec l'une des baguettes) puis en relâchant, après l'avoir frappée, la peau du tambour. Il existe une multitude d'autres effets similaires que l'on obtient différemment selon la nature des percussions (tôles infléchies après avoir été percutées, disques métalliques tournés rapidement, etc). Naturellement, dans ces cas l'étendue de l'effet est approximative ou complètement indéterminée.
Le glissando est constamment inclus dans les instruments électroniques comme les ondes Martenot, le Theremin, le Telharmonium, le Moog, dans l'optique de donner une touche d'humanité à des sonorités perçues comme artificielles. Les effets de glissando sont normalement présents dans les synthétiseurs et dans les claviers électroniques modernes et sont souvent actionnables par l'intermédiaire de commandes dites pitch bending constituées par des boutons ou des leviers situés sur l'un des côtés du clavier. Dans ce cas, le choix de l'introduction de cet effet (parmi les nombreux autres dont ces instruments sont normalement dotés) ne dépend plus des caractéristiques physiques de l'émission du son (qui est entièrement synthétisé) mais d'un choix délibéré du producteur.
On indique le glissando en faisant suivre la note initiale par une ligne, parfois ondulée, dans la direction voulue, souvent accompagnée de l'abréviation gliss.. Dans la notation pour la voix, à l'origine, est utilisée une liaison semblable à une liaison de phrase mais limitée à deux notes adjacentes de hauteurs différentes.
Le glissando est utilisé dans la musique vocale à des fins d'expressivité, pour imiter les inflexions que la voix émet naturellement (pleurs, lamentations, rire, etc.). Il prend souvent une valeur parodique par l'emphase comique et distanciée donnée à des expressions codifiées différemment.
Dans la musique instrumentale il est particulièrement utilisé au cours des XIXe siècle et XXe siècle comme alternative à la notation fortement quantifiée des instruments de l'orchestre européen. Son usage parodique est souvent clairement lié à l'imitation de la musique populaire (du Bolero de Ravel à la banda de Goran Bregović ou à la musique klezmer) ou de la musique vocale (toutes les variantes du jazz et du blues).
Au piano ou sur les instruments à clavier en général (tel que l'orgue électrique par exemple), il est fréquemment utilisé dans des styles comme le rock 'n' roll ou le boogie-woogie (le chanteur Jerry Lee Lewis, par exemple, l'utilise parfois abusivement), ou encore le funk. Le glissando est ici employé pour donner de l'énergie, du dynamisme au morceau.
Définitions
Sur le piano
Sur le violon
Sur l'alto
Sur le violoncelle
Sur la contrebasse
Sur le cor
Sur le trombone
Sur le cor
Sur la harpe