
Un golliwog (prononcé en anglais : /ˈɡɒliwɒɡ/), aussi appelé golliwogg ou golly, est une poupée de chiffon ou d'étoffe représentant une personne noire aux cheveux crépus, généralement de sexe masculin.
Les poupées sont ainsi désignées d'après Golliwogg, le nom propre d'une poupée apparue en 1895 dans le livre pour enfants The Adventures of Two Dutch Dolls [« Les Aventures de deux poupées néerlandaises (en) »] de Bertha et Florence Kate Upton (en). Il y est d'abord décrit comme « une vision horrible, le gnome le plus noir », mais s'avéra rapidement être un personnage amical, auquel on attribue plus tard un « visage bienveillant ». Inspiré des personnages des minstrel shows, le golliwog est par la suite commercialisé sous forme de poupées et de produits dérivés (céramiques, parfums féminins, bijoux...) et connaît une forte popularité en Angleterre, en Australie, en Afrique du Sud et dans certaines régions d'Europe, dans la première moitié du XXe siècle et pendant l'après-guerre. L'une des raisons de sa popularité et de sa diffusion rapide est qu'Upton n'a jamais déposé de droits d'auteur sur le personnage, qui est ainsi tombé dans le domaine public. Par conséquent, n'importe qui pouvait utiliser le nom et l'image du golliwog pour ses produits.

Il a également été utilisé à des fins publicitaires, notamment par le fabricant de confiture James Robertson & Sons (en), après que John Robertson eut apparemment vu des enfants jouer avec des poupées golliwog aux États-Unis, donnant jour à la mascotte Golly.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, les golliwogs commencent à faire l'objet d'une controverse : on les accuse en effet de véhiculer un stéréotype raciste. La polémique autour de ces jouets donne lieu à un certain nombre de faits divers, dont notamment en 2009 une remarque de Carol Thatcher — comparant Jo-Wilfried Tsonga à un golliwog — qui lui a valu d'être écartée d'une émission de la BBC.
Le nom du personnage serait en outre à l'origine du mot wog (prononcé en anglais : /wɒɡ/), terme péjoratif utilisé pour désigner les Noirs et d'autres groupes ethniques. Cela désespérait Upton : « Je suis effrayée quand je lis l'étymologie terrifiante que certains esprits profonds et obscurs peuvent percevoir dans son nom »,. Le sociologue américain David Pilgrim désigne cette représentation comme « la moins connue des grandes caricatures anti-Noirs aux États-Unis ».
Le personnage a par ailleurs inspiré le titre de la pièce pour piano Golliwog's Cakewalk de Claude Debussy, dans sa suite Children's Corner.
Il est repris par d'autres auteurs de livres pour enfants, dont Enid Blyton.
Le quinzième épisode La Mort en marche (The Girl Who Was Death, 1967), de la série anglaise Le Prisonnier, présente une scène où une pièce, dans laquelle se trouve le héros racontant une histoire à trois enfants, est pleine de jouets dont une poupée golliwog.
Le personnage apparaît dans deux épisodes de la série de comics britanniques La Ligue des gentlemen extraordinaires, Le Dossier Noir (2007) et Volume 4 : La Tempête (en) (2019), d'Alan Moore et Kevin O'Neill . Ils lui attribuent un passé extraterrestre légèrement réinventé. Face aux critiques dénonçant le caractère raciste de ce personnage, Moore a rétorqué que le Golliwog original d'Upton « était une figure digne et respectable. Son courage et sa force de caractère, ainsi que son intelligence, ont été brillamment mis en évidence dans ses aventures picaresques ».