Monarchie
constitutionnelle à
régime parlementaire
| Premier ministre du Québec | Jean Charest |
|---|---|
| Élection | 2003, 2007 et 2008 |
| Législature | 37e, 38e et 39e |
| Formation | |
| Fin | |
| Durée | 9 ans, 4 mois et 21 jours |
| Parti politique | Parti libéral du Québec |
|---|---|
| Ministres | 24 |
| Femmes | 8 |
| Hommes | 16 |
| Assemblée nationale (2003) |
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|---|---|
| Assemblée nationale (2007) |
|
| Assemblée nationale (2008) |
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| Chef de l'opposition |
Bernard Landry (2003–2005) Louise Harel (2005–2006) André Boisclair (2006–2007) Mario Dumont (2007–2008) Pauline Marois (2008–2012) |
Le gouvernement Charest est le gouvernement québécois formé par le premier ministre Jean Charest, au pouvoir de 2003 à 2012. Il est formé à la suite des élections générales du 14 avril 2003 où le Parti libéral du Québec obtient la majorité des sièges à l'Assemblée nationale du Québec. À la suite de cette élection, le chef du Parti libéral, Jean Charest, est devenu premier ministre. Le mandat du gouvernement est renouvelé lors des élections générales de 2007 et celles de 2008. Toutefois, entre les élections de 2007 et de 2008, le Parti libéral forme un gouvernement minoritaire puisqu'il ne bénéficie pas de la majorité des sièges à l'Assemblée nationale, une situation qui ne s'était pas produite depuis le gouvernement Joly de Lotbinière en 1878. Le gouvernement Charest est battu lors des élections générales québécoises de 2012.
Le gouvernement de Jean Charest traverse plusieurs phases durant sa période au pouvoir. Au début de son mandat, de 2003 à 2005, le gouvernement tente de mettre en place plusieurs politiques publiques visant la rationalisation de l'État et un plus grand recours au secteur privé. Les projets de partenariat public-privé en sont un exemple. À la suite des élections de 2007, le gouvernement de Jean Charest met sur pied la commission Bouchard-Taylor afin de répondre aux inquiétudes des Québécois sur diverses questions identitaires. Les années suivantes sont marquées par plusieurs projets de loi visant à réagir à la crise économique de 2008. Le gouvernement met sur pied le Plan Nord visant à accroître le développement économique dans le Nord québécois. Durant cette même période, le gouvernement est aussi aux prises avec plusieurs scandales de corruption relativement aux financements des partis politiques au Québec.
Durant sa campagne électorale de 2003, le Parti libéral du Québec avait promis une meilleure gestion des finances publiques et une baisse des impôts des contribuables. Il avait promis également un traitement équitable pour les villes fusionnées de force par les gouvernements Bouchard et Landry.
À la première session, le gouvernement Charest annonce des coupes dans tous les ministères sauf dans ceux de la Santé et de l'Éducation. Un référendum est promis afin de donner aux citoyens des municipalités fusionnées par le gouvernement en 2001 la possibilité de se prononcer une fois pour toutes sur l'annexion de leur ville. Cet exercice mécontente néanmoins plusieurs opposants car une participation de 35 % des personnes habiles à voter est requise afin de valider la défusion, même si le « Oui » atteint le 50 % + 1 voix. Dans les mois qui suivent, les coupes dans l'aide sociale ainsi que dans les prêts et bourses, l'annonce de la sous-traitance dans la fonction publique et la remise à plus tard de la baisse des impôts font baisser singulièrement la cote de popularité du gouvernement. Des manifestations de protestation ont lieu à la fin de 2004, ainsi que pendant toute l'année 2005 ; le taux d'insatisfaction à l'été 2005, atteint le record de 77 %. En 2006, l'annonce de la privatisation partielle du mont Orford ne contribue pas à rehausser sa popularité.
Les relations du gouvernement Charest avec Ottawa sont courtoises mais fermes. Comme celui de Landry avant lui, il tente de négocier un rééquilibre fiscal avec le fédéral. En matière environnementale, il se prononce pour le protocole de Kyoto et déplore que le gouvernement Harper ait décidé de le mettre de côté.
En 2006, le gouvernement Charest tente de profiter du contexte économique favorable (le taux de chômage descend à 7,7 % en , le plus bas depuis trente ans) pour rehausser sa cote auprès de la population. Il crée également le Fonds des générations, chargé de diminuer le poids de la dette publique.
Toutefois, le gouvernement du Parti libéral s'est aussi illustré avec une explosion record de l'endettement public de l'ordre de 60 milliards de dollars additionnels, dans un contexte de crise économique mondiale dévastateur, (La Presse), qui amènera Philippe Couillard, en 2014, à instaurer des mesures d'austérité pour revenir en 2016 à l'équilibre budgétaire, le Parti québécois n'ayant pas eu le temps de le faire dans son mandat de 2012 à 2014.
2011-2012 : la colère de la population
Après neuf ans de pouvoir, l'image du Parti libéral est ternie notamment par des allégations de corruption, de collusion et de copinage (source) dans l'octroi des contrats de travaux publics. Après avoir refusé pendant des années de mettre sur pied une commission d'enquête, le premier ministre Charest cède à la pression populaire en 2011 et accepte de créer la commission Charbonneau qui s'avérera dévastatrice pour l'entourage du Parti libéral mais presque sans conséquence sur les autres partis. Déjà, en , une pétition de 248 000 noms exigeant la démission de Jean Charest avait été déposée à l'Assemblée nationale du Québec.
En , la hausse des droits de scolarité décrétée par le gouvernement Charest déclenche une contestation générale populaire qui embrasera plusieurs villes du Québec. La grève générale des étudiants, bientôt rejoints par de larges segments de la société civile, durera six mois et servira de prétexte au déclenchement des 40e élections générales québécoises.
Le , une violente manifestation éclate lors du Conseil général du Parti libéral qui avait été déplacé par prudence de Montréal à Victoriaville. Des citoyens sont arrêtés ou blessés par la riposte des policiers appelés à la protection des représentants du parti au pouvoir. Selon l'interprétation de Radio-Canada, la voiture de police qui a foncé sur la foule cherchait à secourir un policier après qu'il eut été « frappé par des manifestants ». Toutefois, selon des témoignages, c'est l'inverse qui se serait produit.
Le , au moins 250 000 citoyens en colère descendent dans la rue (vidéo) pour exiger la fin du gouvernement du Parti libéral.
Le , Jean Charest déclenche de manière anticipée les élections générales, notamment en raison du climat social fragile. Lui et son parti sont finalement défaits le après l'élection à l'arraché du Parti québécois, par seulement 15 000 voix d'avance pour toute la province.