Hadda

Page d’aide sur l’homonymie

Pour les articles homonymes, voir Hada.


Hadda
Image illustrative de l’article Hadda
Bouddha fragmentaire, stuc peint. Hadda, IIIe - VIe siècle. Musée de Kaboul octobre 2008.
Localisation
Pays Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan
Coordonnées 34° 21′ 58″ nord, 70° 28′ 09″ est
Géolocalisation sur la carte : Afghanistan
(Voir situation sur carte : Afghanistan)
Hadda
Hadda

Hadda est un site archéologique gréco-bouddhiste situé dans l’ancienne région du Gandhara, 10 km au sud de Jalalabad, dans l’est de l’actuel Afghanistan.

Contexte

Un grand nombre de sculptures gréco-bouddhistes (environ 23 000) en argile ou en stuc furent excavées à Hadda dans les années 1930 et les années 1970. Elles combinent des éléments du bouddhisme et de l’hellénisme, dans un style métisse où se retrouvent des éléments bien plus hellénisants que dans l'art « gréco-bouddhique » des environs de Peshawar.

Bien que le style lui-même soit typique de l’hellénistique du IIe ou du Ier siècle av. J.-C., les sculptures de Hadda sont habituellement datées, IIIe - IVe siècle. Ce décalage peut s’expliquer par la conservation des styles hellénistiques tardifs pendant quelques siècles dans cette région du monde, ou peuvent indiquer que les dates réelles sont les plus anciennes.

Vu l’antiquité de ces sculptures et un raffinement technique indiquant que les artistes étaient totalement au courant de tous les aspects de la sculpture grecque, il a été suggéré que des communautés grecques étaient directement impliquées dans ces réalisations, et que "la région pourrait être le berceau de la sculpture bouddhiste naissante dans le style indo-grec" (Boardman).

Le style d’un grand nombre d’œuvres de Hadda est hautement hellénistique, et peut être comparé, par exemple, aux sculptures que l’on trouve au Temple d'Apollon Epicourios de Bassae, en Grèce.

Œuvres d’art

Les auteurs scientifiques commencent à parler d'un style propre à Hadda, qui serait clairement distinct de celui du Gandhara proprement dit, car nettement plus « hellenisé » et stylistiquement (à Tapa-Kalan) proche de la phase tardive de Taxila. Cette fidélité aux archétypes méditerranéens reste inexpliquée.

Un groupe sculptural en stuc polychrome excavé sur le site du monastère de Tapa Shotor à Hadda représente un Bouddha entouré, dans un style parfaitement hellénistique : Le Bouddha avec Héraclès/Vajrapani (détail de gauche) et Tyché/Hariti (détail de droite) peut être "une sculpture bouddhiste naissante en style indo-grec" (Boardman). Héraclès a encore sa peau de lion sur l’épaule gauche, bien que sa massue ait été remplacée par le vajra (foudre) de Vajrapani. Tyché tient une corne d'abondance classique. La seule adaptation de l’iconographie grecque est qu’Héraclès tient le vajra (foudre) de Vajrapani et non sa massue habituelle.

D’autres assistants du Bouddha qui ont été découverts présentent des styles hellénistiques maniéristes, comme le "Génie aux Fleurs", aujourd’hui au Musée Guimet de Paris. (Voir image: ).

Galerie

À droite du grand Buddha de la niche V2 figurait un Vajrapani-Héraclès, reproduit dans Z. Tarzi, 1976. Il était accompagné d'une représentation de Tyché, tenant une grande corne d'abondance.

Écrits bouddhistes

On pense que les plus anciens manuscrits bouddhistes survivants -en fait, les plus anciens manuscrits indiens survivants en général- ont été retrouvés autour de Hadda. Datant probablement des alentours du Ier siècle, ils ont été rédigés en langue gandhari et écrits en caractères alphabet kharosthi sur de l’écorce. Ils ont été découverts dans un pot en argile portant une inscription dans la même langue. Ces inscriptions font partie du canon, perdu depuis longtemps, de la secte Sarvastivadin qui domina le Gandhara et contribua activement à l’extension du bouddhisme en Asie centrale et orientale. Ces manuscrits sont aujourd’hui en possession de la British Library.

Destruction

Hadda a été entièrement détruit ainsi que les autres sites de la région, d'abord par les villageois locaux excités par leurs mollahs après 1978. Ensuite après 1996 avec la présence des talibans et avec l'établissement d'un camp d'entrainement d'Al-Qaïda installé à « Farm Hadda »,,.

Notes et références

Notes

  1. ↑ Présentation développée dans l'article : Gandharan Buddhist texts (en).

Références

  1. ↑ Ouvrage collectif par les conservateurs du musée Guimet 2012, p. 58-62 et Gilles Béghin 2009, p. 216
  2. ↑ Gilles Béghin 2009, p. 215
  3. ↑ Voir l’image:
  4. ↑ Gilles Béghin 2009, p. 216
  5. ↑ Zemaryalaï Tarzi, 1976, p. 388-390: Brahma : « [...] le corps d'un jeune dieu dont le visage d'une grâce toute féminine porte un riche édifice de boucles luxuriantes formant chignon. Sa main gauche tient par le goulot un petit vase à eau tandis que la main droite, aux doigts à demi pliés, est ramenée vers la poitrine. »
  6. ↑ Zemaryalaï Tarzi, 1976, p. 402-404.
  7. ↑ Zemaryalaï Tarzi, 1976, p. 395-397.
  8. ↑ Bernard Dupaigne 2007, p. 40.
  9. ↑ À propos de l'Héraklès-Vajrapani : René Grousset, Sur les traces du Bouddha, Paris, Langues et Mondes L'Asiathèque, réédition de 2007 (précédente réédition sans ces documents : 1991), 382 p. (ISBN 978-2-915255-56-0) : Avec certaines photographies du site de Tapa Shotor précisant qu'il est détruit.
  10. ↑ Cambon 2002, p. 82-83 : Photographies de Catherine Jarrige avec de nombreux détails du site de Tapa-é-shotor juste après restauration, avec l'indication de sa destruction totale aujourd'hui.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :