| Hans Aumeier | ||
| Naissance | Amberg, Allemagne |
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| Décès | (à 41 ans) Cracovie, Pologne |
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| Origine | Allemagne | |
| Allégeance | ||
| Arme | ||
| Unité | Totenkopfverbände | |
| Grade | Sturmbannführer | |
| Années de service | – | |
| Commandement | Camp de concentration de Flossenbürg Camp de concentration Auschwitz-I |
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| Conflits | Seconde Guerre mondiale | |
| Famille | Marié | |
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Hans Aumeier, né le et exécuté par pendaison le , était un officier de la Schutzstaffel (SS) allemand et criminel de guerre nazi. Membre du parti nazi et de la SS dès , il occupe des fonctions importantes de commandement dans plusieurs camps de concentration, dont Auschwitz I, Vaivara et le complexe concentrationnaire de Kaufering.
Formé à la « Dachauer Schule » (en français : « l’école de Dachau ») de Theodor Eicke en , Aumeier gravit rapidement les échelons des Totenkopfverbände. Nommé Schutzhaftlagerführer (en français : responsable de camp de détention préventive) à Auschwitz I en , puis commandant de à , il se distingue par sa brutalité systématique : introduction de la torture, exécutions sommaires, sélections et fusillades de masse.
Renvoyé d'Auschwitz pour corruption et vol d'or prélevé sur les victimes gazées, il commande ensuite le camp de concentration de Vaivara en Estonie, où il supervise des sélections, avant de diriger le complexe concentrationnaire de Kaufering puis le camp d'internement de Grini en Norvège.
Arrêté par les Britanniques en , extradé vers la Pologne, il est jugé lors des procès d'Auschwitz à Cracovie. Condamné à mort par le Tribunal national suprême de Pologne, il est pendu à la prison de Montelupich le .
Hans Aumeier naît le à Amberg, petite ville de Haute-Bavière, dans une famille ouvrière. Son père travaille dans une manufacture d'armes locale.
Après seulement quelques années de scolarité (quatre années d'école primaire (en allemand : Volksschule), suivies de quatre années de secondaire inachevées), il quitte l'école en sans qualification. Il entre alors en apprentissage comme tourneur et ajusteur dans l'usine de fusils familiale, reproduisant le parcours paternel,.
En , Aumeier quitte Amberg pour Munich, où il trouve un emploi dans une plus grande usine d'armement.

Deux ans plus tard, en , Hans Aumeier tente vainement de s'engager dans la Reichswehr,.
Cet échec le contraint à retourner dans le secteur industriel privé. Il occupe successivement des postes similaires à Berlin et Cologne, mais ne parvient pas à stabiliser sa situation professionnelle.
La crise économique de qui frappe violemment la république de Weimar,, aggrave la précarité d'Aumeier qui enchaîne les emplois précaires, traversant des périodes de chômage récurrentes qui structurent cette première phase de sa vie adulte.
« Le facteur qui contribua le plus au succès du Parti nazi fut l'effondrement économique de l'Allemagne durant la Grande Dépression, à partir de 1929. »

En , Hans Aumier adhère au Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP, Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei) sous le no 164755,. Cette date correspond à la période de croissance du parti, qui capitalise sur le mécontentement social et économique (dû à la crise économique mondiale) et, il rejoint la Sturmabteilung (SA) dans la foulée (en ). Il devient alors chauffeur au siège du parti.
Peu après, il rejoint la Schutzstaffel (SS) se voyant attribuer le numéro d'inscription 2 700 et est est admis au sein de l'organisation en . Ce numéro très bas témoigne de son ancienneté dans l'organisation, à une époque où les SS ne constituent encore qu'une garde rapprochée de quelques centaines d'hommes au service d'Heinrich Himmler.
Hans Aumeier ne correspond pourtant guère aux standards physiques et culturels que les SS privilégieront par la suite : de petite taille, peu instruit, il présente selon les témoignages une démarche négligée, une voix gutturale et des manières grossières. Néanmoins, son ancienneté et sa loyauté lui valent d'être intégré au garage du siège SS de Munich, où il travaille comme chauffeur au service direct de l'état-major du Reichsführer-SS,.
Ses services lui permettent une ascension rapide : il est nommé Oberscharführer en , puis Hauptscharführer en .

À la suite de l'ouverture du camp de concentration de Dachau en , Hans Aumeier est affecté au SS-Wachsturmbann I « Oberbayern » (qui deviendra en le SS-Totenkopf-Standarte 1 « Oberbayern », au sein de la Totenkopfverband).
Il y suit la « formation » dispensée par Theodor Eicke, communément désignée sous le nom de « Dachauer Schule » (en français : « l’école de Dachau »), . Cette « formation », qui participe à la mise en place du modèle Dachau en systématisant la terreur et la discipline concentrationnaire, constitue un moment décisif dans la carrière et la socialisation des cadres SS,. En , il est promu Untersturmführer.
Deux ans plus tard, , il est transféré au SS-Wachsturmbann IV « Ostfriesland » stationné au camp de concentration d'Esterwegen, où il participe à la surveillance des détenus.
Six mois plus tard, en , il rejoint le 2e SS-Totenkopfstandarte « Elbe » au camp de concentration de Lichtenburg, en qualité de Kompanieführer (en français : commandant de compagnie). Hans Aumeier est ensuite affecté au 3e régiment SS-Totenkopf « Thüringen » au camp de concentration de Buchenwald, où il exerce les mêmes fonctions.
« [....] C’est une calamité. Aumeier est un génie du mal. Il renforce les punitions corporelles, multiplie parmi nous les mouchards et donne carte blanche aux « proéminents », chefs de block, kapos, pour se conduire en bourreaux. »
— Carl Schrade, Le vétéran
Enfin, début , il est nommé Schutzhaftlagerführer adjoint au camp de concentration de Flossenbürg, aux activités de garde et de surveillance, devenant l'adjoint direct du commandant du camp. Il est promu Hauptsturmführer en septembre 1938,.
Durant cette période, il sollicite à plusieurs reprises un transfert vers une unité combattante au front, mais ses requêtes sont rejetées. Il demeure ainsi affecté à l'administration concentrationnaire au sein des Totenkopfverbände, où il va exercer l'essentiel de sa carrière.
« Afin de punir d’une manière nuancée, outre la fastidieuse bastonnade, Aumeier institue le travail dominical : le coupable passera un certain nombre de dimanches a gravir les escaliers si nombreux du camp en véhiculant sans but précis des pierres de plus en plus lourdes, jusqu’à ce qu’il tombe d’épuisement. Kapos, sous-kapos, sous-fifres s'en donneront à coeur joie de frapper à tour de bras les hommes les plus faibles. »

À Flossenbürg, Hans Aumeier occupe un poste central dans l’encadrement du camp en tant que Schutzhaftlagerführer, ce qui le place au cœur de la surveillance des détenus et de l’application du régime disciplinaire SS,.
Son action s’inscrit dans la continuité de la socialisation concentrationnaire acquise à Dachau, où s’élabore une culture de la brutalité institutionnelle transposable d’un camp à l’autre (déshumanisation, hiérarchie interne, endoctrinement des gardiens).
Sans constituer une rupture, son passage au camp de concentration de Flossenbürg confirme ainsi son intégration durable dans l’appareil répressif nazi et sa maîtrise des mécanismes de coercition concentrationnaire.
Cette « expérience » peut expliquer qu’il soit ensuite retenu pour des responsabilités à Auschwitz I, où son profil de cadre SS expérimenté correspond aux besoins d’un camp en rapide expansion.
« Un bon prisonnier, c'est un prisonnier mort »
— Hans Aumeier

Lorsque Hans Aumeier est affecté au camp de concentration d'Auschwitz (en tant que commandant du camp principal d’Auschwitz I, sous les ordres de Rudolf Höß), en , le site connaît une transformation structurelle.
Initialement conçu comme un camp de concentration destiné principalement aux prisonniers politiques polonais, Auschwitz I devient alors le centre administratif d’un ensemble concentrationnaire en pleine extension.
À quelques kilomètres du camp principal s’ouvre le vaste chantier d’Auschwitz II (Brzezinka, en allemand : Birkenau), destiné à devenir le principal lieu d'extermination du complexe, tandis que la construction d’Auschwitz III (Monowitz-Buna, en polonais : Monowice) et d’un réseau croissant de camps annexes accompagne l'intégration du camp dans l’économie de guerre du Reich,.
Dans ce contexte d'expansion rapide, la SS renforce son appareil de contrôle et de répression afin de gérer une population concentrationnaire toujours plus nombreuse et hétérogène.
« Aumeier instaura un régime à l'encontre des prisonniers qui était bien pire que celui de Fritzsch, bien que ce dernier ne manquât pas de cruauté non plus. Alors que Fritsch ne battait jamais lui-même les prisonniers, Aumeier le faisait et se promenait avec un fouet. »
— Stefan Maliszewski
Nommé Schutzhaftlagerführer d'Auschwitz I, Hans Aumeier devient l'un des principaux responsables de la discipline concentrationnaire après le commandant Rudolf Höß. À ce poste, qu'il occupe jusqu'en , il exerce un contrôle direct sur les détenus et supervise l'application des mesures répressives quotidiennes.
Parmi les mesures qui lui sont directement attribuées figure la généralisation des Stehzellen (en français : cellules pour rester debout) installées dans le bloc 11 (Block 11), bâtiment disciplinaire du camp principal. Dans ces réduits d'environ un mètre carré, plusieurs détenus sont enfermés simultanément durant la nuit sans possibilité de s'allonger ni même de s'asseoir, avant d'être contraints de reprendre le travail forcé au matin.
Hans Aumeier supervise également les exécutions menées dans la cour du Block 11, devant le « mur noir », où des milliers de prisonniers sont fusillés après condamnation sommaire ou décision des autorités de la SS. Son nom apparaît notamment dans les procédures relatives à plusieurs exécutions collectives, dont celle de 144 femmes le et celle de 168 détenus le suivant.
« Une révolte [...] [éclate] à la faveur d’un instant de confusion [...]. Revenus de leur surprise, les SS ouvrent le feu et, secondés par les kapos, tuent 13 détenus [...]. Au cours de l’enquête qui suit, 20 sont mis à` mort par Hans Aumeier et Franz Hössler, et les 320 derniers sont finalement envoyés en chambre à gaz. »
— Fondation pour la mémoire de la déportation, Mémoire Vivante
Son implication s'étend également aux sélections des détenus destinés à être envoyés aux chambres à gaz et aux opérations punitives conduites dans le camp principal. Ainsi en , après la répression de la révolte de la compagnie disciplinaire (en allemand : Strafkompanie), il participe à l'exécution des survivants aux côtés d'autres cadres SS du complexe concentrationnaire.
Les témoignages recueillis après-guerre le décrivent comme l'un des officiers les plus redoutés d'Auschwitz I, mêlant arbitraire disciplinaire, brutalité physique et participation active aux mises à mort. Sa fonction le place de fait au cœur du dispositif répressif qui accompagne simultanément l'expansion du complexe concentrationnaire et la montée en puissance des politiques d'extermination mises en œuvre à Auschwitz.
Malgré sa position élevée dans la hiérarchie du camp, Aumeier est finalement relevé de ses fonctions à Auschwitz en . Rudolf Höß obtient son transfert après qu'une enquête interne de la SS a établi son implication dans des faits de corruption et de détournement de biens appartenant aux victimes assassinées, notamment de l'or récupéré après les opérations de mise à mort,.
À la suite de son éviction d'Auschwitz en pour corruption et détournement de biens, Hans Aumeier est réaffecté dans les territoires occupés du Reichskommissariat Ostland. Selon ses déclarations d'après-guerre, il reçoit l'ordre de se présenter auprès du Höherer SS- und Polizeiführer Ostland, l’Obergruppenführer Friedrich Jeckeln, l'un des principaux responsables de la politique de répression et d'extermination menée dans les territoires baltes.
Il est rattaché à la brigade de construction SS du 5e corps de Panzers SS. Cette unité est chargée de construire des fortifications dans la région d'Oranienbaum—Leningrad et est placée sous le commandement de l'Organisation Todt.
Aumeier commande une unité de construction juive de quelque 7 000 hommes avec pour ordre de construire le camp de concentration de Vaivara en Estonie. Il en est nommé commandant jusqu'en ,. Sous Aumeier, la direction du camp a procédé à des sélections dont ont été victimes des hommes, des femmes et des enfants.
Après l'évacuation du camp, il est transféré, le , au groupe de combat (en allemand : Kampfgruppe) Jeckeln, qui opère dans les environs de Riga. Il y fait sa seule expérience de combat sur le front, sur laquelle on ne dispose d'aucun détail.
En , Aumeier est envoyé au rapport auprès du Gruppenführer Richard Glücks à Oranienburg, au camp de concentration d'Oranienbourg-Sachsenhausen. Il est ensuite nommé responsable du complexe concentrationnaire de Kaufering, une série des camps annexes au camp de concentration de Dachau.
Hospitalisé en raison d'une ancienne blessure à l'œil, Aumeier ne peut rejoindre son ancienne unité et sa famille à Dachau. À sa sortie de l'hôpital, en , il est muté en Norvège, comme responsable d'un nouveau camp de concentration à Mysen. Les témoignages concernant son comportement en Norvège contrastent fortement avec ceux relatifs à ses affectations antérieures (en collaborant avec la Croix-Rouge et en libérant les prisonniers, le ).
Arrêté par les autorités britanniques en Norvège le , Hans Aumeier est placé en détention dans le cadre des enquêtes menées contre les responsables du système concentrationnaire nazi,.

Au cours des premiers interrogatoires conduits par les services alliés, il est interrogé sur son activité à Auschwitz, à Vaivara et dans les autres camps où il a exercé des fonctions de commandement.
Durant ceux-ci, Aumeier minimise son rôle au sein de l'appareil concentrationnaire. Il affirme notamment n'avoir eu aucune connaissance des chambres à gaz et soutient qu'aucun détenu n'aurait été gazé durant son affectation à Auschwitz I. Cependant, ces déclarations contredisent les fonctions qu'il occupait au sein du camp ainsi que de nombreux témoignages recueillis auprès de survivants et d'anciens membres du personnel SS.
Extradé vers la Pologne en , il compare devant le Tribunal national suprême à Cracovie lors du premier procès d'Auschwitz, qui se déroule de à . Vingt-trois membres de la garnison du camp sont jugés pour leur participation au système concentrationnaire et à l'extermination mise en œuvre dans le complexe concentrationnaire et d'extermination d'Auschwitz.
Au cours de son procès, Aumeier adopte une ligne de défense fondée sur le déni et la minimisation de ses responsabilités. Il soutient que ni lui ni les hommes placés sous son commandement n'ont participé à des homicides et affirme être poursuivi comme représentant symbolique de l'ancien régime nazi. Les témoignages de survivants, les documents administratifs du camp ainsi que les déclarations d'autres accusés contredisent cette version des faits.
Les débats mettent en évidence son rôle de Schutzhaftlagerführer d'Auschwitz I, fonction qui fait de lui le principal responsable de la discipline, du régime pénitentiaire et des exécutions dans le camp principal. Les juges retiennent sa participation à des exécutions de détenus, sa responsabilité dans les sévices infligés aux prisonniers ainsi que son implication dans le fonctionnement général du système concentrationnaire nazi.
« Je ne sais rien des chambres à gaz et pendant mon séjour nda[à Auschwitz], aucun prisonnier n’a été gazé »
— Hans Aumeier
Les recherches postérieures montrent que ses dénégations relatives aux chambres à gaz sont mensongères. Aumeier finit par reconnaître avoir eu connaissance de leur existence, même s'il continua à minimiser sa responsabilité personnelle dans les crimes commis à Auschwitz.
Le , le Tribunal national suprême de Pologne le reconnaît coupable de crimes commis de guerre contre les détenus d'Auschwitz et le condamne à la peine capitale. La sentence est exécutée le 28 janvier 1948 dans l'enceinte de la prison de Montelupich à Cracovie, en même temps que plusieurs autres anciens membres de la garnison du camp le .
Les historiens ne considèrent pas Hans Aumeier comme l'un des principaux concepteurs du système concentrationnaire nazi, mais plutôt comme l'un de ses cadres intermédiaires représentatif.
Dans l’étude consacrée aux commandants des camps de concentration, Tom Segev le présente comme un des officiers SS dont l'ascension repose moins sur des compétences particulières que sur la fidélité à l'institution concentrationnaire et l’aptitude à exercer la violence dans le cadre des politiques répressives.
L'historienne Karin Orth (en) classe Aumeier parmi les membres des Totenkopfverbände ayant fait carrière au sein de l'administration concentrationnaire. Selon elle, le fonctionnement des camps repose sur ce type de responsables intermédiaires, chargés d'appliquer les directives de la hiérarchie tout en disposant d'une marge d'action dans la gestion quotidienne des détenus.
Le parcours d'Aumeier démontre la professionnalisation progressive du personnel concentrationnaire au cours des années et .
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