Happy slapping

Le happy slapping ou vidéolynchage ou vidéoagression est une pratique consistant à filmer l'agression physique d'une personne. Le terme s'applique à des gestes d'intensité variable, de la simple vexation aux violences les plus graves, y compris les violences sexuelles. Le terme anglais, qui signifie littéralement « donner joyeusement des baffes » est un jeu de mots sur l'expression « slap-happy », qui dénote une attitude joyeuse et débonnaire.

Depuis la fin de 2006, ce phénomène a pris de l'ampleur en France et met en scène une personne ou un groupe de personnes fondant sur une cible ne soupçonnant pas l’imminence d’un assaut (généralement une personne seule), pendant qu’un complice filme l’attaque à l’aide de moyens vidéos divers, tels les téléphones mobiles équipés de caméras ou les smartphones. Cependant, selon le rapport thématique 2007 du défenseur des enfants, il ne s’agit pas toujours d’une agression surprise. L’agression est souvent préparée, mise en scène entre les jeunes, la victime désignée est prévenue qu’elle sera frappée.

Historique

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Le mouvement serait apparu dans le sud de Londres, avant de se répandre à travers l’Europe et le nord des États-Unis.

Bien que le concept de filmer un délit ou un crime ne soit pas récent, la banalisation et la disponibilité en général de caméras vidéos motivent la planification des attaques, ce qui les rend facilement diffusables.

Le terme happy slapping est surtout utilisé dans la presse britannique, qui l'utilise de manière exagérée. Selon une revue de la littérature en date de 2011, il n'existe aucune étude empirique démontrant l'existence d'une tendance concrète reliant les différents incidents dénoncés dans les médias.

Simple provocation ou acte criminel ?

Le vidéolynchage peut se révéler plus violent encore qu’une gifle, et peut inclure des coups en rafale, voire des attaques sexuelles. Les assauts sont parfois accompagnés d’autres délits ou crimes, tels que, respectivement, le vol à la tire ou le viol. D’autres variations bien plus perverses encore du vidéolynchage ont été signalées, dont une au moins a abouti au décès de la victime :

Aspect juridique

En France

En cas d'atteintes à l'intégrité corporelle de la victime, l'auteur des actes voit son comportement réprimé par la loi (articles 222-1 à 222-14-1et 222-23 à 222-31). Cependant, jusqu'en 2007, le statut du « caméraman » n'était pas clairement défini.

La loi française du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance répond à ce vide juridique. L'article 222-33-3 du Code pénal précise le statut légal de toute personne enregistrant les images d'atteintes portées à l'intégrité physique de la victime :

Le troisième alinéa de cet article dispose qu'il n'est pas applicable « lorsque l'enregistrement ou la diffusion résulte de l'exercice normal d'une profession ayant pour objet d'informer le public ou est réalisé afin de servir de preuve en justice », excluant ainsi de toute poursuite les journalistes couvrant d'éventuels évènements violents, ainsi que la vidéosurveillance servant dans un cadre judiciaire.

Notes et références

  1. ↑ « vidéolynchage », Grand Dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française (consulté le ).
  2. ↑ Commission d’enrichissement de la langue française, « vidéoagression », sur FranceTerme, ministère de la Culture (consulté le ).
  3. 1 2 Voir le rapport thématique 2007 de la défenseure des enfants ; Adolescents en souffrance: plaidoyer pour une véritable prise en charge - Page 40
  4. ↑ (de) Judith Hilgers, « Forschungsstand und empirische Befunde zum Thema ‚Happy slapping’ », dans Inszenierte und dokumentierte Gewalt Jugendlicher, VS Verlag für Sozialwissenschaften, , 21–43 p. (ISBN 978-3-531-17400-6, DOI 10.1007/978-3-531-92768-8_2, lire en ligne)
  5. ↑ (en) Youths jailed for barman killing , BBC
  6. ↑ (en) Feral pack who thrived on violence, BBC
  7. ↑ (en) Four Found Guilty Over Barman Killing, Skynews
  8. ↑ La décision du 27 juin 2007
  9. ↑ articles 222-1 à 222-14-1
  10. ↑ 222-23 à 222-31 du Code pénal
  11. ↑ Loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance
  12. ↑ un article 222-33-3
  13. ↑ Stéphane Detraz, « L'enregistrement d'images de violence: un cas de présomption légale de complicité », Droit pénal no 11, novembre 2007, étude 23

Voir aussi