Haymar, Hainmar ou Haimar ((la) Ainmarus, Hainmarus), est un religieux franc, duc-évêque d'Auxerre, du VIIIe siècle, dont les dates varient selon les auteurs.
Les origines d'Haymar ou Hainmar, parfois Haimar ((la) Ainmarus ou Hainmarus), ne sont pas précisément connues. Il pourrait être d'origine noble,, probablement germanique.
Les Gestes des évêques d'Auxerre (Gesta pontificum Autissiodorensium ou Historia episcoporum Autissiodorensis), dite Gesta, l'ont mentionnés comme « désigné sous le nom d'évêque » (Ainmarus vocatus episcopus),. Cette qualitifation signifirait que, tout comme son prédécesseur, il n’aurait jamais été consacré évêque. Cette source le considèrait par ailleurs plutôt comme un chef militaire que comme un évêque,.
Les dates de son épiscopat varient selon les auteurs. L'ordre donné par la Gallia Christiana plaçait Hainmar après Savaric, et avant les évêques Théodran, Quintilien, Cillien, Clément, Aidulfe et Maurin,. Louis Duchesne (1910) respecte cet ordre en le donnant comme successeur de Savaric, après la mort de ce dernier, en 717/718. Une autre tradition, présentée par l'abbé Lebeuf (1743),, donne la succession suivante Savaric, Quintilien, Cillien, Clément, Aidulfe puis Haymar/Hainmar entre 748–763.
L'historien Jean Heuclin (1998) rappelle le contexte où, sous le règne des derniers Mérovingiens, les Pépinides laissent émerger des pouvoirs régionaux s'accaparer des biens et pouvoirs de l'Église,. Ainsi, sous le règne de Charles Martel, le « duc Ainmarus et un clerc, Chillianus occupèrent conjointement le siège d'Auxerre ».
Haymar fait le don la terre de Merry avec ses dépendances à la cathédrale, ainsi que Milly et de Vérilly à son hospice,. À Saint-Germain, il donne Annay et Pônessant, hameau de la commune de Saint-Martin-sur-Ouanne,.
Il accompagne à plusieurs reprises, Pépin le Bref, contre le duc d'Aquitaine, Eudes, et les Sarrasins,,,.
Selon les Gesta, Haymar est accusé, par des barons jaloux qui se plaignent au roi, d’avoir favorisé la fuite d'Eudes d'Aquitaine,,. Il est arrêté et emprisonné à Bastogne. Il réussit à s'enfuir avec la complicité d'un neveu,. Il est toutefois repris à Liffold, dans les environs de Toul,, vers 736. Selon la tradition, au vu de la situation, s'en remettant à Dieu, il s’agenouille, étend les bras en forme de croix et se fait transpercer de coups de lance,.
Pour Bruno Dumézil (2013), le Palais profite de cette occasion pour éliminer le prélat et ainsi mettre fin aux prémices d'une principauté épiscopale bourguignonne.
À la suite de sa mort, l'Église d'Auxerre est placée entre les mains de deux clercs : Clément, aveugle, et Aidulfus, chantre et paralytique, remplacé rapidement par Maurinus,. Le temporel est partagé entre six leudes bavarois, auteurs d'excès,.
Les habitants d'Auxerre semblent avoir voulu lui rendre hommage. Il est qualifié par des auteurs de « martyr »,.
Son obit, d'après les Gesta, est fixé au ,.