| Membre du Conseil de la République Cameroun français | |
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Henri Paul Marie Chamaulte |
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Henri Paul Marie Chamaulte, né le à Évreux (Eure) et mort le à Dizangué, est un planteur d'hévéas et directeur d'exploitations français, actif dans les colonies, d'abord en Asie, puis en Afrique centrale, principalement au Cameroun. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il est élu au Conseil de la République, dans la première section du Cameroun, en 1955.
Fils d'officier, Henri Chamaulte s'engage, durant la Première Guerre mondiale, au 6e régiment de dragons, et participe aux combats, tant à Amiens qu'au Chemin des Dames.
Il a bâti une réputation de force, de vigueur, d'autorité, de dynamisme et de vive intelligence. Il est chasseur, collecteur de poissons et de coléoptères.
Il part, en 1919, en Malaisie britannique, pour y travailler dans une compagnie d'exploitation d'hévéas. Ses qualités d'organisateur y sont appréciées.
Après l'Indochine, il prend, en 1924, la direction d'une exploitation d'hévéas à Dizangué.
Hostile à l'armistice de 1940, il rallie la France libre, et accueille le capitaine Leclerc au Cameroun. Il soutient l'effort de guerre allié en poursuivant son œuvre de planteur. La création en Oubangui d'une vaste plantation portera plus tard son nom.
Il est inspecteur général et administrateur de la SAFA en 1925. Directeur de plantation qu'il développera, il sera président du syndicat des Planteurs de caoutchouc, vice-président de l'Union des syndicats patronaux et artisanaux du Cameroun, et administrateur de la société d'énergie électrique du Cameroun.
Au Cameroun occidental, réuni avec le reste du Cameroun en 1961, les anciennes plantations allemandes ont été nationalisées en 1946, formant la Cameroon Development Corporation. Les hévéas étaient en assez mauvais état, à cause de leur surexploitation pendant la guerre, mais la CDC a pris la décision d’aller de l’avant avec cette denrée. La surface plantée en hévéas a plus que doublé entre 1955 et 1975. Pour la Socfin, groupe privé, la période a été plus houleuse au Cameroun, quoique sans conséquences dramatiques à long terme.
L’importance du caoutchouc de Dizangué était rehaussée par la guerre d’Indochine aux yeux de la France, et en 1954 la SAFA produisait 3 100 tonnes. Mais les nationalistes camerounais, très militants dans la région, voyaient la Société agricole et forestière agricole (SAFA), la plus grande entreprise agricole du Cameroun sous mandat français, comme une enclave colonialiste et capitaliste.
Malgré l’abolition du travail forcé après la guerre, les rapports sociaux sur la plantation sont très tendus au début des années 1950, et les grèves sont constantes.
Une fois l’insurrection de l’UPC matée, la Socfin a pu consolider ses affaires sous un gouvernement de Ahmadou Ahidjo stable et conservateur après 1960.
En 1975, quelque 20 000 hectares étaient plantés en hévéas à Dizangué. D'une superficie de 95 ha en 1914, elle passe à 2 042 ha en 1929 après l’arrivée d'Henri Chamaulte en 1922, elle couvre aujourd'hui 15 528 ha.
La situation difficile au Cameroun a encouragé la Socfin à étendre ses activités à l’Oubangui-Chari, actuelle RCA.
En 1946, la SAFA a acquis une concession de 3 000 hectares dans la forêt de la Lobaye, près de Mbaïki. Elle a appelé sa nouvelle plantation Henri Chamaulte, en l'honneur du dirigeant de Dizangué.
Il la transforme en une exploitation coloniale modèle; en porte la superficie à près de 7 000 hectares et en fait un État dans l'État caractérisé par un système concentrationnaire.
En 1947, il est élu conseiller de l'Assemblée territoriale du Cameroun ; réélu en 1952, il abandonne son mandat en 1956.
Il fut président de commission à l'assemblée territoriale et à la fin de sa vie de 1955 à 1957 sénateur du Cameroun au Parlement français. Il sera remplacé au poste de sénateur du Cameroun en par Pierre Ngayewang.
Membre du groupe des Républicains indépendants, il siège à la Commission du suffrage universel, et à celle de la France d'outre-mer. Dès son élection, il est chargé par cette dernière Commission du rapport sur une convention phytosanitaire pour l'Afrique au sud du Sahara.
Il intervient l'année suivante dans la discussion du projet de loi-cadre relatif aux territoires d'outre-mer, mais sa carrière parlementaire est interrompue par la maladie. Il rentre au Cameroun au printemps de 1957.
Il est auteur de l'article « L'Hévéaculture au Cameroun », publié en 1942.
Il est décoré de la Croix de guerre.
À la Libération, il est médaillé de la Résistance, et de la croix d'officier de la Légion d'honneur.
Il meurt le au Cameroun et est enterré à Dizangué.