Présence d'épines nasale, jugale et supra-orbitales chez un hippocampe hérissé. Celles qui forment les branches de la petite couronne sont particulière à chaque individu comme les empreintes digitales chez l’humain.
«Les caractéristiques morphologiques utilisées pour distinguer les hippocampes comprennent le nombre de rayures sur les nageoires dorsale, pectorale et anale; la présence ou l’absence d’épines; la longueur du museau; la forme de la couronne et, à l’occasion, les motifs des couleurs. Néanmoins, l’identification des espèces uniquement sur la base de caractéristiques morphologiques est difficile dans la mesure où les espèces peuvent présenter un dimorphisme sexuel; des espèces distinctes dans le domaine de la reproduction ou géographiquement isolées peuvent avoir la même apparence. L’identification des espèces doit peut-être s’appuyer sur un ensemble de données génétiques et environnementales, sur les aires de répartition géographique, ainsi que sur des informations relatives à l’habitat».
Les couleurs varient selon les espèces, le nombre de celles-ci tournant autour de 220[réf.souhaitée].
Leur taille varie de 22 mm à 36 cm (record détenu par Hippocampus ingens).
Leur durée de vie varie de 2 à 4 ans[sourceinsuffisante].
Écologie et comportement
Locomotion
Avec leur corps cuirassé par une série d’anneaux osseux, les hippocampes se déplacent verticalement grâce à leur nageoire dorsale, qui bat à 20 Hz, donc de manière assez lente. Ils vivent le plus souvent attachés par leur queue préhensile à une algue ou une feuille de posidonie.
Alimentation
Dans le cadre de la stratégie optimale de recherche de la nourriture, la petitesse des proies que les hippocampes absorbent, l'absence de dents véritables dans leur petite bouche, et la simplicité de leur tube digestif (notamment l'estomac remplacé par un léger renflement du canal intestinal) sont les principaux facteurs qui expliquent que la recherche de nourriture occupe la grande part de leur temps.
Généralement camouflés, ils sont dotés d'une queue préhensile leur permettant de se tenir à l'affût pour chasser de petits crustacés (copépodes, amphipodes), vers nématodes et polychètes. La nage lente des hippocampes (en lien avec leur forme assez peu hydrodynamique et leurs nageoires réduites) explique que ce mode de locomotion est plus rarement utilisé pour capturer leurs proies. Ils s'approchent furtivement de leur proie et à très courte distance (parfois à moins d'un millimètre pour certaines espèces), et positionnent leur tête par rapport à cette proie de telle sorte que cette dernière soit alignée avec une zone à l'extrémité supérieure de leur museau où l'eau est cinq fois moins perturbée qu'ailleurs au niveau de la tête. Ils utilisent leur museau allongé comme un puissant aspirateur, ou plutôt, compte tenu de sa forme tubulaire, comme une paille. Ils repèrent leurs proies visuellement, grâce à des yeux bien développés et mobiles indépendants l’un de l’autre (vision à 360°), et les aspirent en déplaçant brutalement un os dans leur bouche, ce qui provoque une dépression suffisante en moins d'un millième de seconde. Leurs capacités visuelles et la zone de furtivité de leur tête font des hippocampes des prédateurs au taux de succès de capture des proies très élevé (90% en eau calme),.
Ils utilisent également cette technique de camouflage pour se fondre dans le paysage sous-marin et ainsi échapper à leurs prédateurs. Leur petite taille et leur faible vitesse de nage ne leur procurent que peu de moyens de défense.
Reproduction
Leur parade sexuelle est souvent terminée par la femelle qui enlace alors le mâle pour introduire ses ovocytes dans son partenaire. En effet, lors de l’accouplement, la femelle se sert de son ovipositeur pour déposer ses ovocytes dans la poche incubatrice située à l’avant du mâle. Celui-ci s'appuie sur le sol et ondule pour permettre aux ovocytes de bien rouler au fond de sa poche. C'est dans cette poche du mâle que la fécondation a lieu. Les partenaires sont souvent de même taille. En l'espace de 10 secondes, le mâle reçoit une ponte de 100 à 200 ovocytes qu'il va incuber pendant 4 semaines. Les zygotes se développent dans la poche du mâle jusqu'à la mise-bas. La parturition peut durer 4 jours, elle est très spectaculaire, le mâle se contractant pour "accoucher". Après leur naissance, souvent les bébés se regroupent et s'accrochent par la queue à une algue.
La reproduction est particulière puisque c’est le mâle qui effectue la gestation de 5 à 1 800 œufs pondus dans sa poche ventrale par la femelle (investissement paternel dans l’incubation des œufs). La gestation dure de 2 à 3 semaines et une autre recommence presque immédiatement avec des ovocytes provenant de la même femelle. Les petits mesurent alors 8 à 16 mm de long selon les espèces.
Le règne animal fournit de nombreux exemples de mâles qui «portent» leur progéniture; par exemple, les pycnogonides dont les mâles portent les œufs sur leurs pattes, les Belostomatinae (Hémiptères) dont les mâles portent les œufs sur leur dos, ainsi que les crapauds accoucheurs. Mais l'hippocampe et le syngnathe (qui fait partie de la même famille des syngnathidiens) sont les «rares vertébrés dont les mâles sont certains d'être les pères génétiques de leurs enfants» car les ovocytes de la femelle sont fécondés dans la poche ventrale du mâle et seront portés par lui jusqu'à la mise-bas, «Père et mère à la fois: deux vies en une».
(en) Schéma représentant l'anatomie d'un hippocampe mâle en gestation.
«L’aire considérée comme le centre pour l’apparition du genre est très probablement l’Indopacifique (l’océan Indien) et plus spécifiquement le sud-ouest de l’Asie, zone où la diversité, quant au nombre d’espèces en général et pour les hippocampes en particulier, est la plus importante du monde (Hughes et al. 2002, cité par Lourie et al. 2005; Lourie et Vincent 2004, cité par Lourie et al. 2005).
Dans l’actualité, les hippocampes ont une distribution mondiale exclusivement marine entre les 54º LN – 50º LS. En général, ils se trouvent à moins de 30 m de profondeur, mais ils peuvent être observés à des profondeurs plus importantes (entre 40 et 100 m). Ils se trouvent communément associés aux écosystèmes de récifs de coraux, prairies de macroalgues ou plantes aquatiques, mangroves et estuaires (Vincent, 1998; Lourie et al. 2004; Foster et Vincent, 2004; Pinnegar et al. 2008)».
Fossiles
Les premiers fossiles d’hippocampes connus datent de la fin de l’Éocène, soit il y a environ 40 millions d’années[sourceinsuffisante].
Hippocampes destinés à la pharmacopée chinoise. Cette pratique a poussé plusieurs espèces au bord de l'extinction.
Les hippocampes sont utilisés en herbologie traditionnelle chinoise et vendus séchés aux touristes, ce qui entraîne à la fois une diminution drastique des populations et de la taille des spécimens restant (plus de 20 millions d'hippocampes sont pêchés chaque année).
Étude et protection
Plusieurs programmes de science participative concernent les hippocampes, notamment en France:
En Aquitaine, sur le bassin d'Arcachon en particulier: l'Observatoire participatif de la biodiversité marine est un programme de sciences développé par l'association Ocean'Obs avec le soutien de partenaires (FFESSM, AAMP, etc.). Il vise à suivre avec l'aide de citoyens plongeurs (les sentinelles de la mer ) les hippocampes et les herbiers de zostères afin d’alimenter en connaissances les gestionnaires d’espaces naturels marins (Parc naturel marin, Réserves naturelles nationales, Zones Natura 2000, Parcs naturels régionaux, etc). Il déploie progressivement ses actions à l'ensemble de la façade atlantique métropolitaine: le lac d'Hossegor, le bassin d'Arcachon, l'estuaire de la Gironde et les Pertuis charentais, etc.
Dans le bassin de Thau, le CPIE Bassin de Thau coordonne un observatoire des hippocampes nommé Hippo-Thau. Hippo-Thau a réalisé, en 2015, une exposition sur les hippocampes: leur biologie, leurs familles, les découvertes scientifiques, les menaces pesant sur eux et les solutions mises en place pour les préserver,.
Un hippocampe ailé est le symbole historique de la compagnie aérienne Air France, bien qu'il fût mis en second plan sur l'habillage extérieur des avions lors de la fusion avec KLM au début des années 2000. A la fin des années 2010, la compagnie le réintroduit comme clin d’œil à l'extrémité des ailes ou sur le moteur, sur certains nouveaux modèles.
Le méconnu logo historique d'Air France, passé en second plan dans les années 2000, puis remis en avant à la fin des années 2010 par la compagnie
Notes et références
↑(en) Sara A. Lourie, A Guide to the Identification of Seahorses, Project Seahorse and TRAFFIC North America, , p.3
↑CITES, [Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. Conservation des hippocampes et autres membres de la famille des Syngnathidae], 2002, p.12
12(en) C.G. Manning, S.J. Foster & A.C.J. Vincent, «A review of the diets and feeding behaviours of a family of biologically diverse marine fishes (Family Syngnathidae). Rev Fish Biol Fisheries», Reviews in Fish Biology and Fisheries, vol.29, , p.197–221 (DOI10.1007/s11160-019-09549-z)
↑(en) A.J. Kendrick, G.A. Hyndes, «Variations in the dietary compositions of morphologically diverse syngnathid fishes», Environ Biol Fish, vol.72, , p.415–427 (DOI10.1007/s10641-004-2597-y).
12(en) Brad J Gemmell, Jian Sheng, Edward Buskey, «Morphology of seahorse head hydrodynamically aids in capture of evasive prey», Nature Communications, vol.2840, no2013, , p.2840 (DOI10.1038/ncomms3840)
↑(en) Kevin Tipton & Susan S. Bell, «Foraging patterns of two syngnathid fishes: importance of harpacticoid copepods», Marine Ecology Progress Series, vol.47, no1, , p.31-43 (DOI10.3354/meps047031)
↑«D’après nos estimations, les hippocampes parviennent à attraper leurs proies dans plus de 90% des attaques, tandis qu’un poisson à l’aspect plus classique tel que l’épinoche n’y arrivera que dans 40 à 50% des cas», indique le biologiste Brad Gemmell. Cf Pascaline Minet, «L’attaque furtive de l’hippocampe», sur letemps.ch, .
↑Le film L'hippocampe, ou 'Cheval marin' de Jean Painlevé doit une part importante de son succès à la scène d'accouchement du mâle. Cette même scène provoqua aussi la censure du film aux États-Unis.
↑(en) Shin-ya Ohba, «Ecology of giant water bugs (Hemiptera: Heteroptera: Belostomatidae): Ecology of giant water bugs», Entomological Science, vol.22, no1, , p.6–20 (DOI10.1111/ens.12334, lire en ligne, consulté le )
12Jean-Pierre Quignard, Thau Oasis de vie, Écosystèmes, patrimoines et paysages sous-marins, Mèze, éditions Biotope, coll.«Collection Parthénope», , 224p., p.85
↑(en) Terence Patrick Hughes, David R Bellwood, Sean Richard Connolly, «Biodiversity hotspots, centres of endemicity, and the conservation of coral reefs», Ecology Letters, vol.5, no6, , p.775–584 (DOI10.1046/j.1461-0248.2002.00383.x).
↑(en) Sara A. Lourie, David M. Green, Amanda Vincent, «Dispersal, habitat differences, and comparative phylogeography of Southeast Asian seahorses (Syngnathidae: Hippocampus)», Molecular ecology, vol.14, no4, , p.1073-1094 (DOI10.1111/j.1365-294X.2005.02464.x).
↑(en) Sara A. Lourie, A Guide to the Identification of Seahorses, Project Seahorse and TRAFFIC North America, , p.21
↑(en) Amanda Vincent, «- Seahorses under siege», Australia Nature, vol.25, no12, , p.56-63.
↑(en) Sara A. Lourie, A Guide to the Identification of Seahorses, Project Seahorse and TRAFFIC North America, , p.5
↑(en) J. K. Pinnegar, V. Stelzenm Üller, J. Van Der KooiJ, G. H. Engelhard, N. Garrick-Maidment, D. A. Righton, «Occurrence of the short-snouted seahorse Hippocampus hippocampus in the central North Sea», Cybium: International Journal of Ichthyology 32(4):343-346, vol.32, no4, , p.343-346 (DOI10.26028/cybium/2009-324-009)
↑Marina Quine, «Les Hippocampes de l’imaginaire à la réalité: biologie et statut de conservation d’un genre particulier», Les amis du Muséum National d’Histoire Naturelle, no262, , p.18 (lire en ligne)
↑(en) J. T. Boehm, Eric Bovee, Stephen E. Harris et Kathryn Eddins, «The United States dried seahorse trade: A comparison of traditional Chinese medicine and ecommerce-curio markets using molecular identification», PLOS ONE, vol.18, no10, , e0291874 (ISSN1932-6203, PMID37788253, PMCID10547177, DOI10.1371/journal.pone.0291874, lire en ligne, consulté le )
(en-US) Richard Ellis, Tiger Bone & Rhino Horn: The Destruction of Wildlife for Traditional Chinese Medicine, Washington, Island Press, , xiii + 294 (ISBN978-1-55963-532-5)