| Type | |
|---|---|
| Partie de |
Sleutelwerken (d) |
| Fondation | |
| Commémore | |
| Architecte |
Karin Daan |
| Matériau | |
| Ouverture | |
| Site web |
(nl) www.homomonument.nl |
| Commune |
|---|
| Coordonnées |
|---|
L’Homomonument est un monument mémorial dans le centre d'Amsterdam. Il commémore toutes les personnes homosexuelles victimes de persécutions en raison de leur orientation sexuelle.
Inauguré le , il prend la forme de trois grands triangles en granit rose, insérés dans le sol de manière à former un triangle plus grand. Il est placé sur la rive du canal de Keizersgracht, à proximité de la Westerkerk.
À l'origine, il commémore tous les homosexuels, hommes et femmes, persécutés pendant la Seconde Guerre mondiale en raison de leur orientation sexuelle et vise à les soutenir dans leur lutte pour la reconnaissance et contre l'oppression et la discrimination. Au fil des ans, son rôle a évolué pour devenir un lieu de célébration, de commémoration, de rassemblement et de protestation.
En 1961 des membres du COC Nederland, organisation de défense des homosexuels, discutent de la possibilité d'ériger un monument mémoriel gay, mais aucune mesure concrète n'est prise à ce moment là. Les souvenirs de la Seconde Guerre mondiale sont alors, dans les années 1960 et 1970, très présents dans la société néerlandaise par les livres de Loe de Jong, mais le sort subi par les personnes homosexuelles dans ce conflit n'est guère mentionné.
En janvier 1961, dans un article de la revue Vriendschap, l’écrivain Jef Last suggère d’ériger un monument en souvenir de l’homo inconnu.
L'idée d'un mémorial permanent aux victimes gays et lesbiennes de la persécution refait surface en 1970, lorsque deux membres de l'« Amsterdamse Jongeren Aktiegroepen Homoseksualiteit » (Groupes d'action de la jeunesse d'Amsterdam pour l'homosexualité, AJAH) sont arrêtés le après avoir tenté de déposer une gerbe de lavande au Monument national sur la place du Dam dans le centre d'Amsterdam en souvenir des persécutions subies par les homosexuels pendant la Seconde Guerre mondiale.
La gerbe est détruite, ce qui provoque une manifestation de membres des groupes d'action le lendemain, portant des triangles roses sur leurs vêtements[réf. souhaitée].
En 1979, suite à l'inauguration du Monument aux Roms sur la Museumplein, Bob van Schijndel (nl), un membre du groupe LGBTQI+ du Parti socialiste pacifiste, propose la création d'un mémorial similaire en hommage aux homosexuels persécutés pendant la guerre : « Hier soir, j'ai eu l'idée suivante. Nous devons demander au conseil municipal, par une lettre ouverte, d'ériger un monument aux victimes homosexuelles sur la Leidseplein ou dans le Vondelpark, à l'instar du monument dédié aux Roms assassinés dans les camps de concentration. Il s'agit de perpétuer le souvenir des 200 000 homosexuels assassinés, à une époque où ils sont encore victimes de régimes fascistes en Amérique du Sud et de condamnations émanant de milieux conservateurs et confessionnels aux Pays-Bas. »
Cet appel reçoit un large soutien du public et la Stichting Homomonument (Fondation Homomonument) est créée quelques mois plus tard. Il s'avère par la suite que le nombre de victimes homosexuelles du régime nazi est inférieur aux estimations de l'époque, faute de recherches scientifiques. Actuellement, le nombre de victimes homosexuelles assassinées en Allemagne est de 10 000 personnes. Aucun homosexuel néerlandais n'a été déporté ni tué ou assassiné en raison de son homosexualité.
Après l'appel de Bob van Schijndel, le conseil municipal, à l'été 1979, désigne le Westermarkt comme emplacement pour la construction du monument. Un concours est lancé en 1980 pour la conception du monument. Le jury choisit finalement le projet de Karin Daan (nl), inspiré du triangle rose. La réalisation du monument est estimée à 400 000 florins, et une importante campagne de financement est lancée.
Cependant, l'initiative n'enthousiasme pas la communauté gay : tous n'en comprennent pas l'intérêt, ou ont d'autres priorités et les divers événements de collectes de fonds au sein de la communauté LGBT ne rencontrent guère de succès et ne permettent pas de recueillir les fonds suffisants.
Finalement, après de la Chambre des députés, contraignant le gouvernement à débloquer des fonds, diverses autorités publiques interviennent pour plus de 50 % du coût.
Le Parlement néerlandais fait don de 50 000 euros, et la ville d'Amsterdam et la province de Hollande du Nord contribuent également [réf. souhaitée].
L'inauguration du monument par le ministre Elco Brinkman (nl) a lieu le , exactement cent mois après que Bob van Schijndel ait formulé son appel. A cette époque, l'épidémie de sida est à son apogée et le monument prend une dimension particulière, avec des fleurs déposées presque quotidiennement.
Le Homomonument est le premier monument dédié à la communauté LGBTQ+ dans une ville du monde.
Une plaque signalétique avec une brève explication du monument en néerlandais, anglais et français a été dévoilée le 21 juin 1988 par le travail d'Hedy d'Ancona[pas clair]. Actuellement l'information est en douze langues différentes.


Le monument est construit près du canal, derrière la Westerkerk, sur le Keizersgracht à Amsterdam. Il est composé de trois triangles équilatéraux de 10 mètres de côté chacun. Ils forment ensemble un grand triangle relié de chaque côté par une fine rangée de briques de granit rose. Ce grand triangle équilatéral mesure 36 mètres de côté.
Il est placé de façon à ce que ses trois sommets pointent respectivement vers le mémorial de la place du Dam, vers le siège du COC et, le dernier triangle, vers la Maison d'Anne Frank. Le monumennt fait partie intégrante de la ville. Ils font partie intégrante de la ville. Karin Daan a même demandé le maintien de la station de taxis, en partie sur le monument, ainsi que de l'urinoir situé à proximité.
Les triangles représentent la commémoration du passé, la célébration du présent et de la liberté d'être soi même et la vigilance qu'il faut conserver à l'avenir :
Une inscription sur la clôture du canal, indique « Le Homomonument commémore toutes les femmes et tous les hommes opprimés et persécutés en raison de leur homosexualité. Soutient le Mouvement international lesbien et gay dans leur lutte contre le mépris, la discrimination et l'oppression. Montre que nous ne sommes pas seuls. Appelle à une vigilance permanente. ».
Le triangle rose est une référence à celui que devaient porter les hommes emprisonnés dans les camps de concentration de l'Allemagne nazie en raison de leur orientation homosexuelle, l'équivalent de l'étoile jaune imposée aux personnes juives. À la fin des années 1960, le triangle rose est adopté comme un insigne symbolique par le mouvement pour l'égalité des droits pour les personnes homosexuelles.
Le Homomonument sert de point de ralliement pour toutes sortes de manifestations liées à la communauté LGBT.
Par exemple :
Les dalles de granit rose d'origine sont trop minces et s'effritent. Une restauration complète du monument a lieu en 2003. Le coût de 800 000 euros a été supporté en totalité par la municipalité d'Amsterdam.