Hôtel Drouot

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Pour les articles homonymes, voir Drouot (homonymie).

Hôtel Drouot
Hôtel des ventes
Le nouvel Hôtel Drouot, dessiné par Jean-Jacques Fernier et André Biro en 2022.
Présentation
Destination initiale
Hôtel des ventes
Destination actuelle
Hôtel des ventes
Style
Architecte
Jean-Jacques Fernier et André Biro
Construction
Ouverture
Propriétaire
Remplace
Site web
Localisation
Pays
Arrondissement
Commune
Coordonnées
Localisation sur la carte de Paris
voir sur la carte de Paris

L'Hôtel Drouot est le principal hôtel des ventes de Paris.

Fondé en 1852 à l'initiative de la Compagnie des commissaires-priseurs de Paris, l'Hôtel Drouot, principal hotel des Ventes de Paris, est situé au 9 rue Drouot dans le 9e arrondissement de Paris, sur l’emplacement autrefois occupé par la salle Le Peletier, ancien opéra de Paris.

Cœur historique des ventes aux enchères françaises, et l'un des lieux emblématiques du marché de l'art international, l'hotêl voit passer la dispersion de certaines des plus prestigieuses collections françaises. Son histoire est étroitement liée à celle du marché de l'art, des commissaires-priseurs et des grandes ventes qui ont marqué les XIXe et XXe siècles.

Situation et accès

Rue Drouot, en 2011.

Propriété de Drouot S.A., il est situé 9, rue Drouot. Avec ses 15 salles de vente aux enchères, l'Hôtel Drouot est une plaque tournante du marché de l'art français et international.

L'Hôtel Drouot est desservi par la ligne 7 à la station Le Peletier et par les lignes 8 et 9 à la station Richelieu - Drouot et par les lignes 32, 39, 74 et 85 du réseau de bus RATP.

Historique

Depuis l’avènement des commissaires-priseurs, les ventes avaient lieu, lorsque l’espace y était suffisant, au domicile du vendeur ou, pour les ventes plus importantes, dans des locaux loués spécialement à cet effet. Ce sera notamment le cas de la vente de la collection de gravures et estampes de Jean de Jullienne qui se tiendra dans le grand salon carré du Louvre.

En 1801, est créée la chambre des commissaires-priseurs de Paris qui réorganise la profession. En 1807, face à la difficulté de trouver des lieux pour les ventes et pour permettre aux acheteurs de participer à toutes les ventes sans avoir à se déplacer aux quatre coins de Paris, la chambre décide l'acquisition d'un espace consacré aux ventes aux enchères publiques. Ce sera, à l'unanimité, l'hôtel des Fermes situé 55, rue de Grenelle Saint Honoré (actuelle rue Jean-Jacques-Rousseau). Mais face à la rapide exiguïté du lieu, la Compagnie des commissaires-priseurs décide d’investir l’hôtel Bullion situé à côté du précédent, rue Platrière (actuelle rue Jean-Jacques-Rousseau), ouvrant ainsi, en 1817, 6 salles de vente avec des bureaux et des magasins de stockage.

Façade de l'Hôtel des ventes de 1852, dans les années 1900.

Paris devient, à cette époque, la capitale mondiale du marché de l'art et, une fois encore, l’Hôtel des ventes se trouve mal adapté et trop petit. La Compagnie parisienne, voulant rester dans le quartier de la Bourse, acquiert, en 1850, le terrain de l’ancien manoir de Pinon de Quincy (actuelle rue Drouot) pour la somme de 438 000 francs et lance un concours d’architecture pour la réalisation du bâtiment. Le , l’Hôtel des ventes de Drouot, construit sur les plans de Lejeune et Levasseur, est inauguré. Il compte alors 14 salles réparties sur deux étages, ainsi que l’un des premiers monte-charge hydrauliques de Paris, installé en 1869 par Félix Edoux. Commence alors l’une des périodes les plus fastes de l’Hôtel des ventes avec la dispersion de nombreuses collections néerlandaises, belges, autrichiennes et anglaises ainsi que la vente des joyaux de la Couronne (1887), celle du mobilier de l’hôtel particulier d’Émile Zola (1898) ou celle de la collection de Jacques Doucet (1912).

Affiche interdisant l'accès à l'Hôtel Drouot aux Juifs.
Les biens juifs spoliés étaient vendus à l'Hôtel Drouot par les autorités sous l'Occupation allemande. Dans les années 2020, l'Hôtel Drouot s'est impliqué dans de nombreux travaux de recherche pour rétablir la provenance des biens spoliés,. Ici une page de catalogue intitulée Biens israélites.

Sous l'Occupation, entre 1941 et 1942, plus d'un million d'objets spoliés aux Juifs par l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg y sont vendus (Hildebrand Gurlitt compte parmi les acheteurs).

En 1951, pour le centenaire de l’Hôtel des ventes et le 150e anniversaire de la Compagnie des commissaires-priseurs, une cérémonie est organisée en présence du président de la République, Vincent Auriol. Pour l’occasion, le Mobilier national présente plusieurs pièces de ses collections, notamment la tapisserie figurant Louis XIV en visite à la manufacture royale des Gobelins.

Victime de son succès, l’Hôtel des ventes doit rapidement être repensé. Ainsi, entre 1976 et 1980, Drouot prend ses quartiers dans l’ancienne gare d’Orsay, actuel musée du même nom, pour permettre la rénovation et la modernisation des bâtiments de la rue Drouot - ceux que nous connaissons aujourd’hui. Le maire du 7e arrondissement proposa d'ailleurs à la Compagnie des Commissaires-priseurs de Paris de rester dans les lieux, profitant ainsi de 20 salles de vente de plain-pied, mais la proposition fut rejetée à une voix. L'actuel bâtiment, inauguré le par Jacques Chirac, dessiné par Jean-Jacques Fernier et André Biro, est une « réinterprétation surréaliste de l'architecture haussmannienne » et reprend une partie des châssis métalliques de l'ancien bâtiment.

En 2009, Drouot lance sa plateforme de ventes aux enchères en live. Ouverte à tous les commissaires-priseurs, elle permet aux internautes d'enchérir d'où qu'ils soient, sans avoir à se déplacer.

En 2011, l'Hôtel des ventes lance son service de ventes aux enchères exclusivement en ligne, qui permet aux études de mettre en ligne des ventes entièrement dématérialisées. Les frais acheteurs sont fixes, et les mêmes pour tous.

En , l'Hôtel des ventes ouvre, en partenariat à la branche Prestige de Cremonini un restaurant dans ses murs : L'Adjugé. La chef Amandine Chaignot a créé la carte, le sommelier Jérôme Moreau s'est lui occupé de la carte des vins. Erwan Boulloud, designer, s'est chargé de l'aménagement de l'adjugé, écrin contemporain au sein de Drouot. L'activité de restauration ayant cessé en 2020, le Groupe Drouot cherche une nouvelle vocation pour ce lieu au cœur de l'Hôtel des ventes.

Le , les actionnaires du Groupe Drouot, réunis en Assemblée générale, approuvent l’entrée au capital de Vesper Investissement et du Groupe Chevrillon à hauteur de 30 %,

Disposition des locaux

Une salle d'exposition en juillet 2026.

Situé 9, rue Drouot à Paris, c’est le plus grand hôtel des ventes du monde (10 000 m2, 200 000 objets vendus par an). Les ventes y ont lieu tous les jours (du lundi au samedi), principalement de 14h à 18h.

Les enchères

La publicité des enchères

C’est une tradition qui remonte au XIXe siècle avec le développement de la presse écrite. C’est ainsi qu’apparaît La Gazette de l'Hôtel Drouot, l’hebdomadaire traitant des ventes aux enchères françaises. Le Moniteur des ventes est aussi né à cette époque. Si pendant longtemps, c’est la façade de l’Hôtel des ventes qui a servi à l’affichage publicitaire, ce sont aujourd’hui des écrans qui annoncent aux visiteurs les ventes et expositions en cours.

L’usage des catalogues de ventes est lui plus ancien. Il sert non seulement à indiquer l’ordre de la vacation et ce qu’elle contient, mais il a aussi un rôle juridique puisqu’il établit l’origine et l’authenticité des biens proposés à la vente. Ces catalogues sont généralement disponibles quinze jours avant les ventes, pendant les expositions et la vente. Leur prix varie entre 2 et 50 euros (parfois plus) et ils sont disponibles à l’entrée de l’Hôtel des ventes. Ils sont consultables gratuitement sur le site internet Drouot.com en amont des ventes.

Le déroulement des enchères

Une vente aux enchères à l'Hôtel Drouot par Albert Bettannier, 1921.

Il existe deux types de ventes :

Les ventes qui se tiennent à Drouot font l’objet d’une exposition qui a lieu la veille, de 11 h à 18 h (sauf rares exceptions), et le matin même, de 11 h à 12 h. Les ventes du 1er étage disposent, depuis , de deux journées d'exposition préalables à la vente. Les vacations débutent ensuite à 14 h et se finissent, au plus tard, à 18 h. L’estimation des lots varie entre quelques euros et plusieurs milliers d’euros. Lors de l’adjudication d’un lot, l’acheteur doit verser entre 24 % et 30 % de frais en plus, auxquels s’ajoutent la TVA (19,6 % ou 5,5 % pour les livres).

Les enchères peuvent être portées par un tiers mandaté, il peut s’agir du commissaire-priseur (ou de l’un de ses représentants), de l’expert ou du crieur. Ces ordres d’achat peuvent prendre trois formes :

Les métiers de Drouot

Le commissaire-priseur

Ils sont une centaine à travailler à Drouot, regroupés dans 59 sociétés de ventes volontaires (liste).

Le , le Conseil des ventes, organisme disciplinaire, condamne la société Europ Auction et deux de ses commissaires priseurs à une interdiction d'exercer allant jusqu'à 9 mois pour une série de manquements et d'infractions (enchères fictives, publication de faux résultats, non-paiement des vendeurs...) révélateurs des difficultés de la profession à assurer la transparence de ses activités.

Le clerc de commissaire-priseur

Le clerc assiste le commissaire-priseur, il procède aux inventaires et estimations, il organise les ventes et est souvent le lien avec la clientèle. Il existe deux catégories de clercs :

Le crieur

C'est, comme son nom l'indique, celui qui annonce les enchères et donne un rythme à la vente. C'est aussi le lien entre le commissaire-priseur et la salle : il remet les bulletins et prend les preuves de paiement et l'identité des acheteurs. Il est aussi habilité à prendre des ordres d'achat pour autrui.

Les manutentionnaires et l'affaire des cols rouges

La manutention au sein de l'Hôtel des ventes était, depuis sa création, à la charge de l'Union des commissionnaires de l'Hôtel des ventes (UCHV).

Le , l'UCHV est mise en examen en tant que personne morale pour association de malfaiteurs, complicité de vol et recel de vol en bande organisée, assorties d'un contrôle judiciaire à compter du . Cela fait suite à une première vague d'interpellations au mois de pour une affaire remontant à 2004. Les 110 manutentionnaires sont interdits d'exercice à partir du . Le soupçon de détournement d'œuvres au cours des ventes ainsi qu'au sein des demeures de particuliers lors des successions donne lieu début à 21 interpellations dans un premier temps.

L'UCHV a été dissoute le . En réponse à l'appel d'offre lancé par Drouot Holding, c'est la société André Chenue qui a été retenue pour assurer la manutention des objets dans l'Hôtel des ventes. Depuis , ce marché a été ouvert et d'autres entreprises telles qu'Art Services Transport ont obtenu « l'agrément transporteurs », décerné par Drouot. Les manutentionnaires sont identifiables à leur tablier noir et cravate rouge.

À voir aussi

Grandes ventes


Records de vente à l'Hôtel Drouot

Drouot au cinéma

Drouot dans la chanson

Anecdotes

En savoir plus

Bibliographie

Notes et références

  1. ↑ Paul Guillaumin, DROUOT hier et aujourd'hui, Les éditions de l'amateur, p. 19
  2. ↑ Paul Guillaumin, DROUOT hier et aujourd'hui, p. 60
  3. ↑ Paul Guillaumin, DROUOT hier et aujourd'hui, p. 63
  4. ↑ Paul Gillaumin, DROUOT hier et aujourd'hui, p. 65
  5. ↑ « Partenaires de la Mission de recherche et de restitution des biens culturels spoliés entre 1933 et 1945 »
  6. ↑ « Coup d'accélérateur sur l'étude des œuvres spoliées »
  7. ↑ Bernard Génies et Jean-Gabriel Fredet, « Le casse de Hitler - À la recherche des chefs-d'œuvre volés aux Juifs », Le Nouvel Observateur n°2575, semaine du 13 mars 2014, p. 64-77.
  8. ↑ Paul Guillaumin, DROUOT hier et aujourd'hui, p. 74
  9. ↑ Françoise Deflassieux, « Le nouvel Hôtel Drouot », La Gazette,‎
  10. ↑ Paul Guillaumin, DROUOT hier et aujourd'hui, p. 79
  11. ↑ « L’ADJUGÉ : QUAND LE MARCHÉ DE L’ART RENCONTRE L’ART DE VIVRE », sur www.drouot.com (consulté le )
  12. ↑ « Drouot ouvre 30 % de son capital à deux fonds d’investissement »
  13. ↑ « Coup de théâtre à Drouot : le fonds Vesper Invest s’invite au capital »
  14. ↑ Paul Guillaumin, DROUOT hier et aujourd'hui, p. 41
  15. ↑ Jugement du conseil des ventes [PDF] et lefigaro.fr/culture
  16. ↑ Histoire de la société, chenue.com.
  17. ↑ AFP, 14 septembre 2010.
  18. ↑ Agrément transporteurs - Art Services Transport Exemple d'agréments transporteurs - Art Services Transport
  19. ↑ Catalogue de la vente (lire en ligne), p. 1
  20. ↑ Catalogue de la vente (Archives Drouot, exemplaire du commissaire priseur Charles Pillet avec annotations), , couverture
  21. ↑ Catalogue des tableaux et aquarelles (lire en ligne), couverture
  22. ↑ Eudel, Paul, 1837-1911., L'Hôtel Drouot [et la curiosité] en 1881 [jusqu'en 1888], Charpentier, 1882-1891 (OCLC 181782446, lire en ligne).
  23. ↑ Catalogue de la vente (lire en ligne)
  24. ↑ Catalogue de la vente (lire en ligne)
  25. ↑ Archives Drouot
  26. ↑ Catalogue de la vente (lire en ligne)
  27. ↑ Catalogue de vente - Exemplaire annoté du commissaire priseur (lire en ligne)
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  30. ↑ Catalogue de la vente - Exemplaire annoté du commissaire-priseur (lire en ligne)
  31. ↑ Catalogue de la vente (lire en ligne)
  32. ↑ « Collection André Derain », sur andrebreton.fr (consulté le )
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  36. ↑ « Les comptes persans d'une princesse déchue », sur lesechos.fr
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  44. ↑ « Une épreuve du « Baiser » de Rodin vendue 2,2 millions d’euros »
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  47. ↑ « Les collections du château de Villepreux vendues près de 4 millions d’euros à Drouot »
  48. ↑ « La collection Madeleine Meunier vendue près de 5 millions d’euros à Drouot »
  49. ↑ « La majolique italienne en bonne forme »
  50. ↑ « Le chiffre du jour : 55 ventes cataloguées provenant d’Aristophil »
  51. ↑ « Le rideau tombe sur l’aventure Aristophil »
  52. ↑ « Fond Aristophil, retour sur une dispersion fleuve »
  53. ↑ « Les trésors de Colette Creuzevault, galeriste oubliée, dispersés à Drouot »
  54. ↑ « Succession Denise René : un pan d’histoire à Drouot »
  55. ↑ « 4 millions d’euros pour la collection Depardieu »
  56. ↑ « Tapisserie : Les musées préemptent dans la collection de la galerie Chevalier à Drouot »
  57. ↑ Cette aiguière en laque est reproduite dans Arts de la Chine de R. Soame Jenyns et William Watson, 286 pages.
  58. ↑ « Hôtel Royal Monceau : plein succès pour la vente aux enchères », sur La Tribune
  59. ↑ « Prix record à Drouot pour un penseur de Rodin », sur Le Journal des Arts
  60. ↑ « Subarna cumple 1 año de colaboración con Drouot Digital », sur subarna.net
  61. ↑ « Un album chinois vendu 7,8 millions d'euros à Drouot »
  62. ↑ « Un nouveau record pour une estampe japonaise à Drouot », sur drouot.com
  63. ↑ Béatrice de Rochebouët, « 21 millions d'euros, record mondial pour un cachet chinois à Drouot », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  64. ↑ Chirine Hammouch, « La collection Madeleine Meunier vendue près de 5 millions d’euros à Drouot », Connaissance des Arts,‎ (lire en ligne)
  65. ↑ « Une couverture d'un album d'Astérix vendue au prix record d'1,4 million d'euros à Drouot »
  66. ↑ « Picasso, Modigliani, Klein : les enchères flambent à Paris », sur Le Quotidien de l'Art, (consulté le )
  67. ↑ Nicolas Denis, « Picasso : 32 millions d’euros à Drouot pour un portrait de Dora Maar par Picasso », sur The Art Newspaper, (consulté le )

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